Comment motiver des élèves en grande difficulté scolaire ?

“Madame, ça sert à rien.”
“J’y arriverai jamais.”
“De toute façon je suis nul.”

Dans certaines classes, ces phrases reviennent :

  • presque tous les jours,
  • parfois dès le début du cours,
  • parfois même avant que l’activité ait commencé.

Pour beaucoup d’enseignants, travailler avec des adolescents en grande difficulté scolaire signifie :

  • faire face au découragement,
  • au refus,
  • à la passivité,
  • ou à des élèves qui semblent avoir complètement perdu :
    • le goût d’apprendre,
    • et la confiance en eux.

Et pourtant, derrière cette apparente démotivation se cache rarement :

  • de la “paresse”,
  • ou un simple manque d’envie.

Très souvent, ces adolescents sont surtout :

  • fatigués d’échouer,
  • fatigués d’avoir peur,
  • fatigués de se sentir constamment :
    • en retard,
    • incompris,
    • ou moins capables que les autres.

La motivation scolaire ne se décrète pas.
Elle se construit :

lorsque les élèves recommencent à croire qu’ils peuvent réussir quelque chose.


Beaucoup d’élèves ont déjà abandonné intérieurement

Avant même d’entrer dans la salle, certains adolescents pensent déjà :

  • qu’ils ne vont pas comprendre,
  • qu’ils vont se tromper,
  • ou qu’ils seront encore en difficulté.

Quand un élève a accumulé :

  • les mauvaises notes,
  • les remarques négatives,
  • les humiliations,
  • ou les comparaisons,
    il finit souvent :
  • par se protéger en abandonnant.

Certains deviennent :

  • silencieux,
  • passifs,
  • ou complètement détachés.

D’autres provoquent,
perturbent,
ou refusent de travailler.

Mais derrière ces comportements se cache souvent :

  • un adolescent convaincu :
    • qu’il n’est plus capable de réussir.

La motivation naît souvent du sentiment de compétence

Un élève motivé n’est pas forcément :

  • un adolescent qui “aime naturellement l’école”.

La motivation apparaît surtout :

  • quand le jeune comprend,
  • progresse,
  • et ressent :
    • qu’il est capable de faire quelque chose.

À l’inverse, lorsqu’un adolescent vit uniquement :

  • de l’échec,
  • de la confusion,
  • et du découragement,
    la motivation disparaît progressivement.

C’est pourquoi :

  • les petites réussites comptent énormément.

Certains élèves ont besoin de concret pour entrer dans les apprentissages

Beaucoup d’adolescents fragiles décrochent :

  • face aux longues explications théoriques,
  • aux exercices très abstraits,
  • ou aux tâches trop scolaires.

Mais lorsqu’ils peuvent :

  • manipuler,
  • créer,
  • expérimenter,
  • bouger,
  • participer,
    les réactions changent souvent complètement.

Un élève très passif pendant un cours classique peut devenir :

  • impliqué,
  • curieux,
  • et concentré,
    dans :
  • un atelier,
  • un projet concret,
  • ou une activité pratique.

Les adolescents ont besoin de comprendre pourquoi ils apprennent

“À quoi ça sert ?”

Cette question revient souvent chez les élèves en difficulté.

Quand un adolescent ne voit :

  • aucun sens aux apprentissages,
    il devient très difficile :
  • de maintenir son attention,
  • ou son engagement.

À l’inverse, lorsqu’un cours est relié :

  • à la vie quotidienne,
  • à un projet,
  • à un métier,
  • ou à une situation concrète,
    beaucoup d’élèves :
  • se reconnectent davantage.

Le sens est souvent :

un moteur puissant de motivation.


Les réussites visibles changent énormément de choses

Dans certaines classes, un élève peut passer des semaines :

  • sans jamais ressentir :
    • de réussite,
    • de fierté,
    • ou de valorisation.

Petit à petit, il finit :

  • par ne plus essayer du tout.

À l’inverse, réussir :

  • une activité,
  • un projet,
  • une présentation,
  • ou même une étape simple,
    peut avoir :
  • un impact énorme sur l’estime de soi.

Les adolescents fragiles ont besoin :

  • de voir :
    • qu’ils progressent,
    • qu’ils savent faire,
    • et qu’ils sont capables d’apprendre.

Le regard de l’enseignant influence énormément la motivation

Un adolescent sent très vite :

  • lorsqu’un adulte :
    • croit encore en lui,
    • ou a déjà renoncé.

Le regard,
les remarques,
la manière :

  • d’encourager,
  • de corriger,
  • ou de parler à un élève,
    peuvent profondément :
  • relancer,
  • ou au contraire :
  • bloquer complètement la motivation.

Certains adolescents se remettent progressivement au travail simplement :

  • parce qu’ils rencontrent enfin :
    • un adulte qui continue :
      • à voir leurs capacités.

Les élèves en difficulté ont souvent peur de l’échec

Quand un jeune a vécu :

  • beaucoup de situations humiliantes,
  • des erreurs moquées,
  • ou des échecs répétés,
    il peut développer :
  • une peur énorme :
    • de se tromper,
    • de participer,
    • ou même :
    • d’essayer.

Certains préfèrent alors :

  • ne rien faire du tout,
    plutôt que :
  • risquer un nouvel échec.

Créer un climat :

  • rassurant,
  • bienveillant,
  • où l’erreur devient possible,
    change énormément :
  • l’engagement des adolescents.

Les projets collectifs fonctionnent souvent très bien

Les adolescents fragiles se mobilisent souvent davantage :

  • lorsqu’ils participent :
    • à un projet concret,
    • une réalisation visible,
    • ou une activité collective.

Préparer :

  • une exposition,
  • une vidéo,
  • un atelier,
  • un objet,
  • ou un projet concret,
    permet souvent :
  • de redonner :
    • du sens,
    • de la fierté,
    • et de l’implication.

Les élèves voient :

  • un objectif réel,
  • et un résultat tangible.

Les adolescents ont besoin de bouger et d’agir

Rester assis longtemps,
écouter passivement,
ou copier pendant de longues périodes
est très difficile :

  • pour certains jeunes.

Les activités dynamiques permettent souvent :

  • de maintenir l’attention,
  • réduire les tensions,
  • et favoriser :
    • l’engagement.

Beaucoup d’élèves apprennent mieux :

  • lorsqu’ils sont actifs dans les apprentissages.

Valoriser les progrès plutôt que les manques

Certains adolescents entendent toute la journée :

  • ce qu’ils font mal,
  • ce qu’ils oublient,
  • ou ce qu’ils ne réussissent pas.

À force, ils finissent :

  • par ne plus voir :
    • leurs progrès,
    • ni leurs qualités.

Valoriser :

  • les efforts,
  • les petites avancées,
  • les initiatives,
  • ou les réussites concrètes,
    permet souvent :
  • de reconstruire progressivement :
    • la confiance,
    • et l’envie d’apprendre.

La relation humaine reste essentielle

Les adolescents apprennent mieux :

  • lorsqu’ils se sentent :
    • respectés,
    • écoutés,
    • et en sécurité.

Pour beaucoup d’élèves fragiles, la relation avec l’enseignant joue :

  • un rôle fondamental.

Un adolescent qui sent :

  • qu’il peut être aidé sans être humilié,
  • qu’il a le droit :
    • de ne pas comprendre immédiatement,
    • ou de se tromper,
      devient souvent :
  • beaucoup plus disponible pour apprendre.

Certains jeunes ont simplement besoin de reprendre confiance

Derrière la démotivation se cache souvent :

  • un adolescent :
    • découragé,
    • blessé,
    • ou persuadé :
      • qu’il ne vaut rien scolairement.

Avant même de travailler :

  • les résultats,
  • ou les compétences,
    il faut parfois :
  • reconstruire :
    • l’estime de soi,
    • le sentiment de compétence,
    • et le plaisir :
      • de réussir quelque chose.

La motivation revient rarement d’un coup

Un adolescent en difficulté ne redevient pas :

  • motivé,
  • autonome,
  • et investi,
    du jour au lendemain.

La motivation se reconstruit :

  • lentement,
  • grâce :
    • aux réussites répétées,
    • aux relations positives,
    • aux projets concrets,
    • et à un environnement rassurant.

Chaque petite victoire compte.


En résumé

Motiver des élèves en grande difficulté scolaire ne consiste pas :

  • à “forcer les adolescents à travailler”.

La motivation apparaît surtout lorsque les jeunes :

  • retrouvent :
    • du sens,
    • des réussites,
    • de la confiance,
    • et des adultes qui croient encore en eux.

Les projets concrets,
les activités pratiques,
les petits objectifs,
et la valorisation des progrès
permettent souvent :

  • de reconnecter progressivement les adolescents :
    • aux apprentissages,
    • et à leurs propres capacités.

Car derrière beaucoup d’élèves “démotivés” se cache souvent :

un adolescent qui a simplement besoin de recommencer à croire qu’il peut réussir quelque chose.