L’autisme face à la communication

Il est dans sa bulle, il a la tête dans les nuages, il a le regard vide, il ne parle pas est-ce qu’il m’entend ? … de nombreuses expressions entendues à propos de la personne autiste pour sous-entendre qu’elle n’est pas une personne communicante.

Qu’est-ce que la communication ?

La communication c’est un processus qui demande aussi bien un destinateur qu’un destinataire afin de transmettre un message et ce dernier varie selon le code des personnes communicantes c’est-à-dire que ça peut être sous forme de code, de langage des signes ou verbal. D’autre part, pour que le message passer entre le destinataire et le destinateur il faut qu’ils se regardent ou bien se téléphonent ou à travers une lettre c’est-à-dire en un mot il faut qu’il y ait un certain contact. Aussi la forme du message c’est-à-dire verbal, langage des signes, pictogrammes… doit être commune entre les personnes qui communiquent ensemble pour qu’il y ait une compréhension.

La spécificité autistique

Quand on parle autisme on évoque toujours le terme « spectre autistique » ceci dit que chaque personne autiste est singulière dans sa différence mais il y a des axes communs qu’on appelle la triade autistique.

Intérêt restreint ou intérêt spécifique : les personnes autistes ont des préoccupations pour des choses ou domaines d’une manière assez particulière vu l’intensité de l’intérêt ou même au niveau du thème en lui-même par exemple un intérêt particulier pour les roues des voitures, les machines à laver…. 

Difficultés des interactions sociales : c’est une difficulté à développer des relations sociales à défaut de certains comportements verbaux et aussi non verbaux comme les mimiques, les émotions qui étoffent les interactions sociales avec des personnes non informée, dans un environnement non inclusif.

La communication : la personne autiste a aussi un trouble de la communication par l’absence de celle-ci qu’elle soit verbale ou non verbale mais aussi son utilisation inadéquate et inadapté comme le cas de l’écholalie.

Le problème majeur des personnes autistes n’est pas forcément la parole en elle-même mais plutôt la communication, en fait on peut oraliser sans communiquer comme dans la situation de l’écholalie, et on peut communiquer sans oraliser et ceci est vrai quand on dispose des éléments de base nécessaires pour toute communication.

 

Les piliers de la communication

Le regard : un élément essentiel de la communication non verbale et aussi au niveau de l’interaction sociale qui sont des domaines affectés chez les personnes autistes ce qui explique leur regard fuyant et aussi l’absence d’un contact visuel ou même de le maintenir. Etant un élément essentiel pour tout type d’apprentissage dès le jeune âge, le regard présente des aspects fonctionnels comme la coordination oculo-manuelle pour des apprentissages académiques, aussi l’attention conjointe, le pointage, l’imitation qui sont des éléments essentiels pour rentrer dans la sphère de la communication.

Des exemples d’activités :

  • Manipuler une lampe torche dans une pièce sombre (il faut évidement s’assurer que la personne autiste ne panique pas dans ce genre de situation).
  • Jouer à des jeux qui demandent à stimuler le regard comme coucou/ caché …

 

L’attention conjointe : c’est la capacité d’attirer et maintenir l’attention d’une personne envers un objet ou autre tout en partageant ceci avec elle et qui a pour conséquence une attention commune envers cet objet ou cette scène ou autre…. 

Ayant des intérêts restreints la personne autiste présente une certaine déficience au niveau du partage du centre d’intérêt ce qui est une composante essentielle dans le développement de l’attention conjointe.

 

Des exemples d’activités :

Avec une guidance physique, aider la personne autiste à regarder ce qu’on regarde ou on pointe dans une pièce au quotidien comme son activité préférée ou son aliment préféré qu’on a mis dans un endroit bien exposé. Même au niveau des imagiers, ou des livres on peut le guider à regarder ce qu’on pointe…

Le pointage :

C’est le premier signe de communication avec le regard que la personne développe naturellement dès son jeune âge sauf que la personne autiste présente une certaine déficience à ce niveau. Cet acte communicatif non verbal permet aux petits d’entrer en communication avec les autres et d’avoir de l’attention conjointe ; Sauf que chez les personnes autistes ce gestuel communicatif est absent d’ailleurs elles ont tendance à nous tenir par la main pour demander une chose ou bien exprimer leur besoin à travers leur propre communication que nous ne percevons pas, ce qui termine trop souvent par des cris et des pleurs.

L’imitation : 

L’imitation constitue les prémices d’une communication car elle englobe aussi bien le regard que l’attention conjointe que le tour de rôle. C’est une compétence qui se manifeste assez tôt dans le développement de l’enfant d’ailleurs elle lui permet de créer certaines interactions avec ceux qui l’entourent. Les enfants imitent bien les mimiques de leurs parents puis les actions d’ailleurs les scènes de l’enfant qui donne à manger à une poupée ou qui la coiffe ou même la bercer pour le dodo sont des imitations des gestes des parents qui rentrent dans la case jeu mais implicitement c’est un facteur très important dans l’acquisition de certaines connaissances et bien sûr du langage. Chez certaines personnes autistes cette compétence est déficitaire or elle est la base de plusieurs apprentissages surtout au niveau de la sociabilité. De l’imitation motrice simple et courte à l’imitation vocale voire jusqu’à verbale tout un travail qui respecte une progression bien définie.

 

Les différents types de communications alternatives

Suite à l’absence des piliers de la communication chez la personne autiste il est obligatoire de le munir d’un outil adapté à sa différence pour lui apprendre à communiquer et à s’exprimer bien évidement. Parmi les outils on trouve les plus connus et plus utilisés sont le PECS (Picture Exchange Communication System) et le Makaton.

Le PECS (Picture Exchange Communication System)

Ce moyen de communication alternatif qui a été développé aux USA par le Dr Andy Bondy Phd et Lori frost qui est une orthophoniste en 1985. Le PECS est un système d’échange d’images entre le destinataire et le destinateur dans l’objectif d’établir une communication fonctionnelle pour la personne autiste. L’apprentissage de ce mode de communication s’effectue sur plusieurs étapes ; la personne autiste apprend au début qu’en échangeant une image elle aura son objet, son aliment ou l’activité désirée. Les autistes qui appliquent cette méthode de communication sont toujours muni d’un classeur qui rassemble toutes les images qui peuvent les utiliser pour communiquer donc ils apprennent aussi à faire une discrimination pour préciser le contenu de leur message. On peut faire une demande juste avec un mot qui est matérialisé par l’image tirée du classeur PECS . La personne autiste apprendra à construire des phrases simples comme « je veux une banane » tout en mettant les éléments de cette phrase qui sont l’image de l’objet ou activité ou aliment désiré avec le pictogramme qui indique l’expression « je veux ». En fait le PECS ne se limite pas à une demande simple mais aussi à apprendre toutes les formes de communication comme les réponses à des questions aussi à faire des commentaires. Toute cette communication via les images est aussi accompagnée par la parole pour favoriser l’émergence du comportement verbal de la personne autiste.

 

Le Makaton :

Le programme de makaton a été lancé par l’orthophoniste Margaret Walker pendant les années 70 en Grande Bretagne. Le Makaton est un programme d’aide à la communication dont on trouve les signes et les pictogrammes associés à la parole constituant le vocabulaire fonctionnel pour la personne autiste. Les pictogrammes permettent une généralisation du concept associé au langage des signes permettant à la personne autiste aussi bien une meilleur façon de communiquer et de s’exprimer qu’à la personne communicante avec elle ; car cet aspect multimodal qui englobe plusieurs mode d’expression (signes, pictos, parole) favorise une meilleur compréhension. Le makaton vise aussi à une structuration syntaxique de la parole via les pictos ou les signes aussi bien à l’oral qu’à l’écrit ce qui lui contribue aussi l’aspect augmentatif. Enfin la personne autiste peut oraliser sans communiquer mais elle peut communiquer sans oraliser si elle dispose de ces apprentissages et de moyens de communications les plus adaptées à sa particularité.

 

 

Hamdi Daas Sinda, fondatrice de familyblog, pour Pass éducation