IEF (Instruction En Famille) : Définitions et explications des termes les plus courants

Abbréviations/acronymes

CPC : Cours Par Correspondance

DASEN : Directeur Académique des Services de l’Éducation Nationale 

DSDEN : Direction des Services Départementaux de l’Éducation Nationale

EN : Éducation Nationale

IA : Inspection Académique

IEF : Instruction En Famille

 

Définitions 

  • Le socle commun des connaissances

Ainsi que l’indique le site de l’Éducation Nationale, « le socle commun de connaissances, de compétences et de culture présente ce que tout élève doit savoir et maîtriser à la fin de la scolarité obligatoire ». Cela regroupe toutes les connaissances et compétences jugées nécessaires par les institutions officielles pour « former de bons adultes », prêts à mener leur vie en toute autonomie. Le socle commun regroupe 5 domaines :

  • Les langages pour penser et communiquer : regroupant à la fois la langue française, les langues étrangères et régionales, le langage scientifique, le langage mathématique, le langage artistique et le langage corporel ;
  • Les méthodes et outils pour apprendre : utilisation des outils numériques, de la documentation, de l’information, conduite de projets individuels et collectifs, et organisation des apprentissages ;
  • La formation de la personne et du citoyen : transmission des valeurs présentes dans la Constitution ;
  • Les systèmes naturels et techniques : approche scientifique et technique, éveil et entretien de la curiosité et du sens de l’observation, développement de la capacité à résoudre des problèmes ;
  • Les représentations du monde et de l’activité humaine : connaissance, compréhension et interprétation des sociétés, des productions culturelles, du monde contemporain.

 Si, selon la loi, tout ceci doit être acquis par les enfants arrivant en âge de terminer leur scolarité, qu’ils aient suivi le cursus classique ou qu’ils soient en instruction en famille, on soulignera qu’il y a néanmoins des attendus de fin de cycle, consultables ici (attention à ce jour -29 octobre 2019- le site n’a pas encore publié les mises à jour consécutives à la nouvelle loi).

 En pratique, pour les enfants en IEF, les bonnes acquisitions des exigences du socle commun sont vérifiées lors des contrôles annuels par les inspecteurs de l’Inspection Académique. Selon la loi, c’est surtout la progression de l’enfant qui doit être vérifiée. Sur le terrain, il apparaît que les inspecteurs contrôlent précisément l’avancée des connaissances de l’enfant en rapport avec les attendus de chaque fin de cycle. Même si cela ne correspond pas forcément au cadre légal qui fixe les objectifs à la fin du temps obligatoire de scolarité (16-18 ans), l’argument du bien-être de l’enfant est souvent avancé : plus il avancera de manière fluide et progressive en respectant les acquis de fin de cycle, voire de fin d’année, plus la tâche lui sera facile (…L’appréciation de ceci est laissée à chaque famille IEF).

  • Le formel

Le dictionnaire définit le formel comme quelque chose qui « respecte les formes ». En effet, faire du formel en IEF, c’est coller aux programmes de l’Éducation Nationale, en utilisant des manuels pédagogiques ou même des manuels scolaires classiques. C’est aussi, le plus souvent, adopter un rythme qui se rapproche de celui appliqué dans les écoles. En somme c’est, véritablement, « faire l’école à la maison », aussi connu sous le nom de « homeschooling ».

  • L’informel

C’est tout le contraire du formel :

  • c’est ne pas suivre les programmes de l’EN,
  • c’est ne pas utiliser de manuel scolaire classique, mais plutôt les méthodes que l’on a choisies (cela peut être une pédagogie alternative connue ou bien une pédagogie faite maison, précisément adaptée à votre famille), 
  • c’est travailler quand on en a envie et non selon un rythme prédéfini. Vous trouverez plus d’infos ici.
  • Le co-schooling 

C’est être scolarisé dans le réseau classique, mais faire aussi des apprentissages à la maison, parce que l’envie et/ou le besoin s’en font sentir. Les parents proposent à leur enfant un environnement propice aux apprentissages, avec par exemple des livres, du matériel, de quoi manipuler, faire des expériences, etc, afin qu’apprendre ne s’arrête pas aux portes de l’école, et ne soit l’exclusivité des enseignants. Retrouvez notre article : Qu’est-ce que le co shcooling ?

  • Les CPC

Il s’agit des cours par correspondance auxquels les parents peuvent choisir de souscrire lorsqu’ils ont déscolarisé leur enfant. 

  • Les pédagogies alternatives

Cette appellation regroupe toutes les pédagogies qui peuvent être proposées à la place du, ou bien en complément au, programme de l’Éducation Nationale. Il peut s’agir d’une pédagogie mondialement connue (Montessori, Steiner, Freinet Reggio, …) ou bien d’une pédagogie moins suivie et moins connue, mais qui n’en sera pas pour autant moins intéressante ou moins efficace. La bonne pédagogie pour chaque enfant est celle qui lui convient le mieux, celle qui s’adapte à ses désirs comme à ses besoins : celle qui lui permet de s’épanouir à son rythme dans les apprentissages. Cela peut aussi être une pédagogie créée spécialement pour lui par les adultes qui l’accompagnent.

  • Le unschooling ou apprentissages autonomes

Contrairement à ce qui est souvent cru, le unschooling n’est pas l’Instruction en famille, c’est une des manières de faire l’instruction en famille. Cela consiste à placer l’enfant au cœur des apprentissages, en l’encourageant à suivre ses envies et ses centres d’intérêt. Le rôle de l’adulte est d’accompagner l’enfant sans juger ni entraver ses goûts, mais au contraire en mettant à sa disposition les moyens d’assouvir ses souhaits. Rien n’est imposé à l’enfant : c’est lui qui dirige les apprentissages. Cela signifie que le unschooling peut parfois utiliser du formel, si tel est le souhait de l’enfant. 

Cette méthode est donc basée sur les « apprentissages autonomes » – vous pouvez vous référer aux écrits de John Holt (pédagogue mondialement reconnu, spécialiste des apprentissages autonomes) et à notre article que vous trouverez ici, si vous souhaitez en découvrir plus à ce sujet.

En unschooling, on arrête immédiatement toute forme d’apprentissage, tout sujet qui ne convient pas ou déplaît à l’enfant. 

Vous trouverez sous ce lien divers témoignages de familles pratiquant le unschooling, ainsi que de plus amples explications ici.

  • Le forestschooling

Il s’agit d’une pédagogie basée sur les apprentissages dans et par la Nature, plus précisément la forêt. Trouvant ses origines dans les pays scandinaves, ce mouvement se développe de plus en plus en France ces dernières années, bien qu’il n’y ait pour le moment pas de législation à cet égard, ni de reconnaissance officielle. Vous pourrez trouver un recensement (cependant non-exhaustif) des activités de Forest School proposées en France sur le site RPPN (Réseau de Pédagogie Par la Nature. Voici le lien vers leur site internet – soit via des associations, soit via des individuels, parfois via des Forest School. Il existe également un groupe Facebook d’Instruction en Forêt.

La pédagogie des forest school ou forest schooling repose sur des apprentissages d’une grande variété qui varieront selon la structure ou les personnes avec lesquelles vous choisirez de vous y mettre. Cela peut aussi se faire en toute autonomie, entre vous et vos enfants – veillez toutefois à bien vous renseigner sur les règlementations d’accès, de chasse, et de cueillette, des lieux où vous vous rendez. Notez que l’abréviation ENS signifie Espace Naturel Sensible. Ces espaces protégés sont des lieux privilégiés pour les apprentissages, notamment parce qu’ils permettent l’observation de faune et de flore. Cependant, chacun de ces lieux possède une règlementation qui lui est propre – ne vous mettez pas en tort en voulant apprendre à vos enfants, renseignez-vous bien avant de partir.

  • Le wildschooling

C’est une version un peu plus sauvage du forestschooling, un peu comme si on transposait le unschooling en forêt ou dans la Nature à l’état sauvage : l’enfant n’est pas guidé dans ses apprentissages par des activités proposées par l’adulte, il va lui-même au-devant de ce qui l’attire dans l’environnement qui l’entoure, il choisit lui-même d’étudier tel ou tel aspect de la Nature, et de la façon dont il a envie de le faire, en toute liberté (mais bien entendu sous la surveillance discrète et disponible d’un adulte). Si vous souhaitez plus d’informations sur le wildschooling, vous pouvez notre article : Le Wildschooling

  • Le roadschooling

C’est une forme d’apprentissage unschooling qui fait rêver : la famille sillonne les routes dans un véhicule adéquat, et apprend au petit bonheur la chance, au gré des envies de chacun, et des hasards des rencontres que propose la Vie. On peut bien sûr pratiquer le formel en roadschooling, mais ça reste rare. Être ainsi sur les routes est une vraie philosophie de vie, difficilement compatible avec les exigences restrictives d’un enseignement formel.

Vous pourrez lire un témoignage de roadschooling ici.

  • Le worldchooling

C’est lorsque la famille en IEF voyage, pour une raison X ou Y. Vous en apprendrez plus sur les différentes possibilités qui s’offrent à vous lorsque vous faites ce choix, avec cet article.

 


Anne-Catherine Proutière
, fondatrice du blog « Pédagogies alternatives en liberté », pour Pass éducation