Que faire lorsqu’on soupçonne un trouble DYS chez son enfant ?

Lorsqu’un enfant est scolarisé, il est courant que les premiers soupçons de troubles DYS proviennent de la maitresse ou du maitre. On peut rapidement s’apercevoir d’une difficulté lorsqu’on voit passer un grand nombre d’enfants sous nos yeux. Généralement c’est durant les années de primaire que les troubles DYS sont repérés durant la scolarité. Ils peuvent également passer inaperçus si l’enfant développe des stratégies d’adaptation qui le fatigueront mais qui masqueront ses difficultés. Parfois encore, on qualifie l’enfant de fainéant, de maladroit ou d’incapable, empêchant ainsi une prise en charge et détruisant au passage l’estime et la confiance en lui de l’enfant.

Or, lorsqu’on pratique l’Instruction En Famille (IEF), on peut parfois avoir plus de difficultés à savoir analyser nos soupçons, on peut parfois douter, voir certains indices de difficultés sans savoir si cela relève d’une prise en charge. Ayant moins de regards extérieurs cela peut faire durer nos soupçons, on doute de notre vision des choses, on peut se trouver peut-être trop subjectif et l’on souhaiterait avoir un regard plus objectif, mais en réalité l’avantage de l’IEF est que l’on est généralement plus alerte et que l’on connait notre enfant de façon particulièrement proche.

 

Les premiers signes, les premiers doutes

On avance dans les apprentissages, on voit notre enfant en acquérir avec une aisance épatante et parfois on peut observer que pour d’autres apprentissages, cela lui semble difficile. Il est évident que dans ces cas, on souhaite laisser le temps à notre enfant, tout simplement s’agit-il sans doute d’un rythme qui lui est propre et que l’inquiétude provient sans doute de la pression environnante et/ou de notre impatience à le voir acquérir ses compétences.

Mais les difficultés peuvent persister malgré les mois, les années qui passent, parfois cela nous saute aux yeux, ou d’autres fois encore c’est notre enfant directement qui verbalise à quel point c’est difficile pour lui. Il arrive également que ce soit l’arrivée d’un petit frère ou d’une petite sœur qui permettre de mettre en évidence les difficultés de l’ainé.e lorsque celui-ci persiste dans des difficultés alors que le plus jeune les acquiert avant lui. Ce fut notre cas. J’ai vu mon deuxième fils, plus jeune de 4 ans, maitriser des gestes que son frère ainé trouvait toujours difficile à effectuer.

Les troubles DYS sont variés, il est parfois compliqué de savoir les distinguer. Mais, votre sens de l’observation, votre lien particulier avec votre enfant vous dira, doucement peut être à l’oreille, puis de plus en plus fort, qu’il y a bien là des difficultés à prendre en charge.

 

A la recherche d’informations

On peut se renseigner, internet étant une source intarissable d’informations :

  • des sites ou des blogs spécialisés sur les troubles DYS permettent de se rapprocher ou de s’éloigner de nos soupçons.
  • les espaces de discussions et d’échanges via les réseaux sociaux permettent d’échanger avec d’autres parents et de trouver une aide, un soutien et d’être orienté vers quoi faire.

Alors, peut être que vous ferez le parallèle entre les difficultés de votre enfant et les informations que vous avez trouvées. Et ces gestes, ces actes difficiles, vous commencerez sans doute à les lister, dans votre tête ou carrément sur le papier pour éclaircir vos idées :

  • Des gestes « maladroits » récurrents : des objets renversés, de l’eau versée à côté, de la nourriture éparpillée autour de l’assiette, etc.
  • Des gestes ou actes difficiles ou lents : l’enfant met presque systématiquement ses vêtements à l’envers, il a du mal à se laver les mains au savon, à se laver les dents, il a des difficultés à scratcher ou lacer ses chaussures, boutonner sa veste, à plier, découper, coller des papiers, une écriture difficile et grosse, une lecture difficile, des calculs simples erronés, des chiffres mélangés, un enfant qui parle peu ou difficilement, etc. Tout cela en dépit de l’âge et des années qui avancent.
  • De la fatigue lors d’activités : une concentration qui lâche vite, une fatigue durant la lecture ou l’écriture, l’enfant veut arrêter rapidement l’activité pour laquelle il avait pourtant de l’entrain au départ.
  • Des verbalisations de l’enfant : il demande de l’aide pour l’habillage, pour la toilette, pour se servir de l’eau, etc. L’enfant peut verbaliser qu’il est fatigué de faire une activité ou peut en arriver à manquer de confiance en lui, en se trouvant nul ou en refusant d’essayer ou de commencer une activité car déjà convaincu de son échec à l’avance, etc.

 

Et ensuite, vers qui se tourner ?

Les troubles DYS sont pris en charge par plusieurs professionnels, selon le ou les troubles identifiés : psychomotricien.ne, ergothérapeute, orthophoniste, podologue, orthoptiste, etc.

Pour cela, la première étape passe souvent par un bilan pluridisciplinaire ou un bilan psychomoteur.

Le premier professionnel vers qui se tourner :

  • vers son médecin généraliste ou pédiatre : il ou elle pourra nous diriger vers un.e orthophoniste si le soupçon se porte vers une dyslexie, ou un.e psychomotricien.ne ou encore vers un neuropédiatre ou un centre pluridisciplinaire.
  • vers des structures publiques :

PMI (Protection Maternelle et Infantile)

CMP (Centre Médico-Psychologique)

Centres des troubles de l’apprentissage (listing : Liste des Centres de Référence pour le diagnostic des troubles du langage et des apprentissages).

Souvent ces structures sont débordées, les délais peuvent être longs. Dans notre cas, j’avais contacté le CMP mais celui-ci était complètement débordé, on m’a alors conseillé de m’adresser directement à un professionnel libéral. Dans notre cas, nous soupçonnions une dyspraxie et une dysorthographie pour notre fils ainé, c’est logiquement vers un.e psychomotricien.ne que nous nous sommes orientés pour un bilan psychomoteur.

  • directement vers des praticiens libéraux : psychomotricien.ne pour établir un bilan psychomoteur, ou orthophoniste, etc.

L’idéal étant de faire le tour des troubles, car souvent, un trouble DYS en cache d’autres.

Dans tous les cas, lorsqu’un doute se forme et que les difficultés de votre enfant lui sont délétères, si lui-même verbalise ses soucis ou si les apprentissages deviennent trop douloureux ou compliqués, l’investigation devient importante. L’enfant doit être moteur et volontaire, il doit être consentant pour entrer dans les démarches. Rapidement les bénéfices peuvent se faire ressentir, rien que par le fait de se sentir aider et pris en charge, cela peut générer un regain de confiance et d’énergie chez l’enfant.

 

 

Sandra Ferreira, fondatrice du blog Des Cendres à l’Or, pour Pass Education