Comment aider son enfant à mieux écrire ? IEF (Instruction En Famille) :

Lors d’une même après-midi, j’ai rencontré deux mamans qui m’ont fait part du même problème. Elles déplorent toutes les deux la mauvaise écriture de leurs filles. On m’a toujours dit que les demoiselles s’appliquaient plus que les garçons. Je crois qu’un mythe vient de tomber. Ce qui me rassure d’autant plus, puisque j’ai le même souci avec mes fils, un droitier et un gaucher. Serait-ce donc un mal contagieux ? Il y a cinquante ans, nos grands-parents avaient une écriture millimétrée à couper au couteau, très agréable à lire. Entre notre génération et celle de nos ancêtres, les écrans ont fait leur apparition. Nous rédigeons de moins en moins des textes manuscrits et l’agilité dans le geste graphique se détériore. Mais, rassurez-vous, rien n’est perdu. Dites-vous bien que votre progéniture ne le fait pas exprès. Avec quelques exercices, des outils adaptés et la bonne méthode, tout devrait rentrer dans l’ordre. À moins que vous ne lui présagiez une future carrière de médecin, auquel cas, on ne lui en tiendra pas rigueur.

Avoir une jolie écriture, est-ce vraiment si important ?

Après tout, à l’heure du tout-tactile, on est en droit de se poser la question. Malheureusement, oui. Cela peut représenter un véritable handicap pour sa future scolarité. Un élève qui écrit mal risque de voir les choses se dégrader au fil du temps pour se transformer en dysgraphie. Écrire finira par l’épuiser, au point de concentrer toute son attention sur son geste, au détriment de son apprentissage
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Donc, avant toute chose, il est important de cibler l’origine du problème. Une mauvaise écriture peut être la manifestation apparente d’un trouble méconnu :

  • Tous les dysfonctionnement commençant par « dys ».
  • L’autisme
  • La déficience visuelle
  • La précocité
  • L’hyperactivité

On pourra parler de dysgraphie lorsque une éventuelle pathologie aura été écartée. Le diagnostic est posé par un médecin accompagné d’une équipe pluridisciplinaire.

Tout est une question de posture

Pour commencer, il faut s’assurer que l’enfant utilise sa bonne main scriptrice grâce à quelques tests. Ensuite, enseignez-lui de manière ludique, la bonne position des doigts sur le stylo à 1,5 cm de la mine, c’est très important.


Le poignet doit toujours se situer sous la ligne d’écriture. La feuille est légèrement inclinée sur la droite, dans le prolongement de son bras. La station assise fait également l’objet de toutes les attentions. Son dos est bien droit avec la tête à peine penchée à l’avant, les pieds touchent le sol à plat.
Le cas particulier du gaucher :

  • L’inclinaison de la copie suit son bras gauche.
  • Le gaucher pousse son écriture au lieu de la tirer. Il est plus commode pour lui d’éloigner son cahier pour obtenir une marge de manœuvre plus importante.
  • Soyez attentif à ce qu’il n’adopte pas la position caractéristique du poignet fléchi (ou position du cygne). Elle peut entraîner la fameuse « crampe de l’écrivain ».
  • La tenue du crayon doit se faire à 3 cm de la mine pour lui permettre de voir ce qu’il écrit.

En général, on déconseille l’utilisation d’un guide-doigt(ou grip). Il ne remplace pas une bonne rééducation du geste graphique.

Votre progéniture est maintenant dans les meilleures conditions pour produire de beaux écrits.

 

L’écriture se prépare en amont

Un geste graphique maîtrisé n’est pas inné. Il s’acquiert avec le temps, à l’aide d’activités psychomotrices. Les capacités exécutives se développent à travers des jeux faisant appel à la motricité fine. Le tout-petit doit pouvoir se familiariser avec toutes sortes d’outils scripteurs sur des supports variés. Peintures, craies grasses, tampons, crayons, feutres, stylos, etc. Un conseil au passage. Beaucoup de personnes pensent que les gros diamètres sont plus adaptés à une petite main. Détrompez-vous, ils ne sont absolument pas ergonomiques. Donc, évitez de les mettre entre leurs petites mimines.
Vous pourrez ensuite lui proposer de tracer des graphismes de base qui esquissent les premières lettres cursives. Si vous sentez que votre écrivain en herbe a la main légèrement engourdie, proposez-lui une petite séance de gymnastique des doigts. Elle représente un bon échauffement avant qu’il ne se mette à noircir les pages de son cahier.

La question en or : quel est le meilleur stylo pour écrire ?

Vous allez être déçu, car il n’y a pas de réponse toute faite. En effet, tout dépend de la personne. Je vous recommande d’accompagner votre petit écolier en papeterie et laissez-le tester un maximum de stylos. S’il se sent à l’aise avec la prise en main et la glisse de l’encre, vous avez l’heureux élu.
Je ne vais quand même pas vous laissez sur votre faim, voici les outils scripteurs recommandés par Anne-Gaël Tissot et Sylvie Freyermuth.

  • Stylos-plumes : Lamy ABC, Faber-Castell Scribolino, Pilot Kaküno et Pelikan Griffix Plume
  • Stylo à bille : Papermate Inkjoy
  • Crayon de papier : Faber Castell Grip 2001
  • Roller à encre : Schneider Breeze et pelikan Griffix

L’analyse de l’écriture et sa remédiation

Une fois que tout est bien en place, demandez-lui de produire quelques paragraphes sur un petit cahier Seyès, lignage 3mm. Décortiquez attentivement chaque lettre et notez tous les défauts sur lesquels vous allez travailler :

  • Disparités dans la taille des lettres et les espaces entre les mots.
  • Appuis trop fort ou trop léger.
  • Inclinaison des mots.
  • Les lettres tracées dans le mauvais sens.
  • Le crayon qui ne se relève pas devant les arrondis.

Il est temps de passer à la pratique. Si vous prenez l’initiative de noter vous-même les modèles, soyez régulier. N’embellissez pas vos lettres avec des boucles ou des œilletons. N’attachez pas non plus des traits d’attaque aux lettres rondes. Enfin, oubliez le « e » apraxique (avec cassure) et préférez-lui sa version simplifiée (en boucle). Si vous-même, vous avez du mal à écrire convenablement, investissez plutôt dans des livres spécialisés. Sinon, vous risqueriez d’aggraver le problème.
Je vous conseille tous les cahiers de Danielle Dumont ainsi que mes cahiers d’écriture de Laurence Pierson

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En dernier recours, la visite chez un spécialiste

Si vous ne constatez aucune amélioration, n’hésitez pas à faire appel à un graphothérapeute, un coach en écriture, un psychomotricien ou un ergothérapeute. Vous aurez besoin en moyenne de 4 à 5 rendez-vous sur 3/4 mois. Comptez approximativement 50 euros par séance de rééducation. La durée du traitement varie en fonction de la motivation du patient et de l’origine du problème.

 

 

Kelly Cheppih, maman IEF et rédactrice Web, pour Pass éducation