IEF (Instruction En Famille) ou CPC (Cours Par Correspondance) – Comment faire son choix ?

Lorsque vous faites le choix de la déscolarisation du, ou de la non-scolarisation dans le système classique, vous pouvez opter 

  • pour l’Instruction en Famille (IEF), où vous choisissez de mener vous-même les apprentissages, 
  • pour le unschooling, où vous laissez votre enfant mener les apprentissages, 
  • ou alors, vous pouvez décider de vous laisser guider par un CPC.

Un « CPC » est un Cours Par Correspondance. Les CPC ne se substituent pas à l’enseignement en école classique : ils ne dispensent pas du contrôle pédagogique par l’inspection ni de la déclaration annuels d’IEF à l’Inspection Académique. Considérés légalement comme des organismes d’enseignement à distance, ils font eux-mêmes l’objet d’un contrôle par l’IA, au même titre que les établissements scolaires dispensant un enseignement classique. Il existe un débat, pour ne pas dire un conflit, entre les appellations IEF et CPC. Certains revendiquent la différence, puisque les familles n’ont pas les mêmes droits selon qu’elles sont en IEF ou suivent un CPC. Pour d’autres, les CPC sont une des multiples possibilités de l’IEF. Pour d’autres encore, ça n’a rien à voir puisque souvent les CPC offrent à leurs souscripteurs des avantages qui les privilégient par rapport aux non-souscripteurs de CPC.

 

Quels sont les principaux avantages des CPC ?

  • Ils permettent souvent de bénéficier de l’ARS, allocation de rentrée scolaire versée par la CAF. Néanmoins, faites bien vos calculs, car dans la plupart des cas le coût du CPC est bien supérieur au montant versé par l’ARS – ce n’est donc pas forcément rentable.
  • Vous n’avez plus à vous soucier de toutes les démarches administratives : c’est normalement le secrétariat du CPC qui s’en charge pour vous. Ils doivent prévenir mairie et IA dans les délais, et vous aider à préparer le contrôle pédagogique. En pratique, renseignez-vous bien avant de signer un contrat d’achat de CPC, car certains n’assument plus ces tâches administratives.
  • Enfin, vous n’avez pas à vous soucier de préparer des cours, trouver des manuels, faire peut-être des erreurs ou vous fourvoyer dans ce que vous apprenez à vos enfants, ou encore suivre le programme : il suffit de travailler en suivant ce que vous envoie le CPC, qui lui est par la loi tenu de permettre à l’enfant de remplir les exigences du socle commun en fin de scolarité. Suivre une progression souvent assez classique et qui colle au programme de l’Éducation Nationale, ainsi que bénéficier d’exercices et leçons conçus par des professionnels de l’enseignement, est rassurant pour certains parents, qui ont besoin d’une certaine sécurité.

Quels sont les principaux inconvénients des CPC ?

  • De par leur contenu qui comme on l’a déjà vu, colle souvent au programme de l’EN, ils demandent une masse de travail assez importante à l’enfant, qui a aussi souvent des devoirs à rendre : on retrouve finalement ici 2 des gros soucis actuels de l’école classique, qui laisse peu de liberté aux enfants, et leur en demande trop, sans se soucier de leur rythme naturel. En effet même si les enfants restent libres de travailler selon leurs propres horaires, le rythme de travail étant quand même assez soutenu permet moins de liberté et offre moins de temps à consacrer à autre chose qu’une IEF sans CPC.
  • Très souvent, le contenu des CPC, pour les mêmes raisons, laisse peu de liberté créatrice à l’enfant, et ne répond pas forcément à ses attentes en matière d’apprentissages. Autant en unschooling on laisse l’enfant choisir ce qu’il souhaite étudier, autant en CPC … l’enfant subit le choix de l’EN en terme de thèmes d’instruction et doit tout apprendre, sans pouvoir privilégier ses centres d’intérêt – comme dans une école classique.

Quels choix de CPC s’offrent à vous 

Nous ne citerons que les plus connus et ne donnerons pas d’indication tarifaire, en raison de leur variabilité. Reportez-vous aux sites internet des cours susceptibles de vous intéresser pour avoir plus d’informations. On distingue :

  • les cours agréés par l’Éducation Nationale : ils suivent le programme et les directives du ministère, même s’ils peuvent parfois utiliser d’autres méthodes pédagogiques ;
  • les cours non agréés : ils utilisent d’autres pédagogies, souvent radicalement différentes, et progressent selon leur propre rythme, ou selon le rythme de l’enfant – sans se soucier du programme de l’EN. En revanche, les exigences du socle commun des connaissances et compétences restent l’objectif à atteindre pour la fin de la scolarité.

Le fait que les cours soient agréés ou non par l’Éducation Nationale ne donne pas forcément le droit au certificat de scolarité. Les pages d’accueil des cours vous donneront toutes les informations légales. Si vous ne les trouvez pas, n’hésitez pas à leur demander. 

En fait en pratique, très peu de CPC ouvrent le droit au certificat de scolarité – c’est néanmoins le cas du CNED réglementé (soumis à autorisation de l’IA, comme vous pourrez le voir plus bas). En revanche, selon les cas ils peuvent permettre de prétendre à l’ARS (allocation de rentrée scolaire). Là encore, renseignez-vous en amont avant de prendre une décision – il semble que la liste des CPC pouvant prétendre à l’ARS varie selon les CAF.

Cours régis par la loi du 12 juillet 1971 (abrogée au 22 juin 2000)

– les indications sont celles trouvées sur les sites internet. Il appartient à chacun de vérifier ce qu’il en est dans les faits, et si cela correspond réellement à vos attentes.

  • Cours Pi – personnel très disponible, cours disponibles par Skype. Accompagne beaucoup les familles dans la préparation aux contrôles pédagogiques
  • Cours Académique – utilise des manuels scolaires classiques
  • École KerLann – propose des supports très colorés, écrits en cursif, s’inspirant largement de la pédagogie Montessori, et de Singapour pour les maths.
  • Cours Legendre – s’adapte au rythme de l’enfant.
  • Cours Ste Anne – s’arrête à la 6ème. Utilise une pédagogie classique.

Le CNED réglementé

Pour bénéficier du CNED réglementé et donc des frais, vous devez obtenir l’aval de votre inspecteur d’académie. Il faut pour cela faire une demande écrite, en justifiant votre besoin du CNED réglementé : problème de santé, itinérance des parents, éloignement des lieus d’habitation et de scolarisation, pratique intensive d’une activité sportive ou artistique. Les demandes doivent être faites jusqu’à 8 jours après la rentrée scolaire. Les enfants bénéficiant du CNED réglementé reçoivent des certificats de scolarité.

Vous pouvez aussi vous inscrire au CNED en toute liberté mais les frais ne sont pas les mêmes … et vous ne bénéficierez pas dans ce cas du certificat de scolarité.

Les écoles virtuelles

Quelques écoles virtuelles se développent sur le web, suffisamment pour qu’elles soient mentionnées. Elles ne sont pas un cours par correspondance mais sont de véritables écoles, avec des cours et des horaires à respecter. Les cours sont dispensés par des enseignants, les élèves ont des devoirs à rendre – en somme, il s’agit bien d’une forme d’école classique, mais que l’on peut suivre de la maison – ce qui nous indique que le gouvernement ferait bien de revoir sa définition de « l’école à la maison », et qu’il est plus judicieux de fait de parler d’enfants déscolarisés ou non-scolarisés, lorsque l’on évoque les enfants dont les familles ont fait un choix d’instruction différent que celui prôné par l’EN.

Ces écoles virtuelles se rapprochent néanmoins des CPC au sens où elles ne sont pas encore reconnues comme de véritables établissements scolaires – les enfants qui y sont inscrits sont donc soumis au contrôle et à l’obligation de déclaration annuels auprès de l’IA. Par ailleurs, elles ont aussi un coût certain.

 

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Anne-Catherine Proutière, fondatrice du blog « Pédagogies alternatives en liberté », pour Pass éducation