Déscolarisation : Quelle transition entre l’école et l’IEF (Instruction En Famille) ?

Vous avez choisi de déscolariser votre enfant : une période d’adaptation sera nécessaire.

https://pixabay.com/fr/jeune-fille-des-for%C3%AAts-route-1246690/Vous avez fait ce choix de déscolarisation, désormais, ce sont les apprentissages et l’instruction qui sont au cœur de votre foyer ! Choisir l’IEF (Instruction En Famille), c’est souvent, aussi, pour que votre enfant évolue dans l’amour, dans un cadre plus sécurisant, qu’il se sente en toute confiance. Commencer l’IEF (pour vous, les parents) est également souvent le début d’un travail conséquent de développement personnel, de remise en question… et vous allez voir que c’est le cas aussi pour vos enfants !

 

Chaque famille a des raisons différentes qui l’a amenée à retirer son enfant de l’école. Il se peut que son comportement change, c’est la raison pour laquelle, nous allons tenter de comprendre ce qu’il se passe en eux lors de la transition.
Vous ne reconnaîtrez pas tout de votre enfant dans cet article, cependant certains points sont récurrents que ce soit chez l’enfant adapté ou chez l’enfant réalisé.

Votre enfant, depuis qu’il est scolarisé, [nous parlerons ici des écoles, en général] entend à tout va que l’école est obligatoire, que l’école est nécessaire pour l’avenir, que sans l’école il ne sera rien !, que sans l’école il n’aura pas de copains !, etc. Une fois déscolarisé, les parents expliquent alors à l’enfant qu’ils ont découvert une autre manière de fonctionner. Maintenant qu’il sait qu’il est possible de faire autrement, tout son conditionnement, toutes les paroles et affirmations des adultes entendues depuis toujours sont remises en question en lui. Il se rend compte que, finalement, tout ce qu’ont affirmé les adultes depuis toujours, et même ce qui se passe à la maison finalement, est peut-être également à remettre en question. Son rythme de vie va changer, les contraintes et obligations, aussi.
Est-ce que je dois vraiment me coucher tôt maintenant que je suis déscolarisé ?
Suis-je vraiment obligé de m’habiller ce matin ?
Étudier telle et telle matière, est-ce vraiment nécessaire ?

Dans certains cas extrêmes, l’enfant passe d’«enfant adapté», à «enfant réalisé». Le bouleversement est de taille. Un changement qui a besoin d’être accompagné. Vous ne reconnaîtrez sûrement pas tout de votre enfant de l’ «enfant adapté», ni de l’ «enfant réalisé» mais certains points peuvent correspondent avec ce que votre enfant vit et peuvent vous permettre de réaliser où en est votre enfant dans son développement et dans sa relation avec les adultes référents qui l’entourent.

Un grand changement dans la vie de l’enfant

L’enfant scolarisé «c’est pour ton bien»

https://pixabay.com/fr/enfant-%C3%A9ducation-la-peur-terreur-1439468/Dans la plupart des écoles (pas toutes, et heureusement) l’enfant a le devoir d’obéissance. L’adulte l’oblige, le contrôle et le limite. L’enfant reçoit une éducation morale de la part du corps enseignant. L’enfant y apprend que le savoir est descendant. L’enfant est noté, ses erreurs sont sanctionnées. Il apprend la dualité et le jugement. Chaque enfant doit se contraindre au rythme du groupe, à la norme. L’enfant doit suivre un programme scolaire. L’enfant, après sa journée de travail, doit faire ses devoirs du soir. Certains sujets sont tabous, à l’école. L’information est contrôlée. On demande à l’enfant de fournir un travail de mémorisation-restitution, pour l’adulte. Les émotions de l’enfant se retrouvent réprimées. L’enfant a peur. Il s’adapte.

L’enfant non-scolarisé «deviens ce que tu es»

https://pixabay.com/fr/joy-libert%C3%A9-communiqu%C3%A9-heureux-2483926/Dans la plupart des familles pratiquant l’IEF et qui ont développer leurs rôles d’accompagnants dans les apprentissages de leur enfant dans le but d’être le plus respectueux possible, l’adulte favorise l’expression de l’enfant, sa créativité. L’adulte accompagne et nourrit les besoins de l’enfant. L’adulte transmet des valeurs telles que « Le savoir naît de l’expérience ». Chaque erreur est une opportunité, une expérience de plus pour comprendre un nouveau sujet, un nouveau concept. L’entourage de l’enfant fait de son mieux pour ne pas le juger. L’enfant peut suivre son propre rythme, il est libre de prioriser ses apprentissages. L’enfant a confiance. Il se réalise.

 

Bien entendu il existe également des structures alternatives actuellement en France qui favorisent l’accomplissement de nos enfants, mais elles sont, pour la plupart, très coûteuses, et rares, donc peu accessibles aux familles. Il existe également certains professeurs exerçant dans des écoles traditionnelles qui arrivent à sortir du conditionnement sociétal et changent de regard sur l’enfant.

Un long moment avant de se confier à propos de sa scolarisation

https://pixabay.com/fr/personnes-adulte-portrait-un-m%C3%A2le-3203095/Si votre enfant a subi des incompréhensions, de l’injustice ou des violences psychologiques et/ou physiques, il se peut qu’il mette un moment avant de vous en parler, après avoir digéré l’acte vécu en interne pour arriver à se développer suffisamment personnellement avant d’extérioriser son vécu. Dans une relation de confiance avec vous, ses parents, il sait que vous l’aimerez toujours quoi qu’il arrive, qu’il ne se fera pas juger, disputer ou punir pour une situation passée à laquelle il pense avoir mal agit (ou pas assez bien) ou dont il a honte. Certains enfants veulent même être sûrs et certains qu’ils ne retourneront pas à l’école, sans quoi ils vivront dans la peur d’y retourner et n’arriveront donc pas à se développer sereinement dans le milieu que vous lui proposez.

Si toutes les conditions qui concernent l’enfant ne sont pas réunies, cela peut expliquer pourquoi cela prend des mois voire des années avant qu’il ne se confie sur son passé en tant que scolarisé.

Un temps pour s’adapter à sa nouvelle vie sans école

Lorsqu’il était encore scolarisé, vous vous étiez imaginé que vous lui ferez des CPC, directement après sa déscolarisation, et qu’il serait volontaire, mais votre enfant est réticent ?

https://pixabay.com/fr/enfant-tour-blocs-de-construction-1864718/Votre enfant a subi des apprentissages pendant des années. Il a surement peur qu’un adulte veuille encore une fois lui apprendre quelque chose. Votre enfant n’a pas envie de sentir que vous attendez de lui une base de compétences, de connaissances. C’est stressant comme relation. Alors que si votre intention sincère est seulement de passer du temps avec lui, de jouer avec lui, il reprendra confiance en vous, au fur et à mesure du temps.
Tout comme un jeune adulte qui vient d’obtenir son bac et qui sort de nombreuses années de scolarisation, il y a besoin d’un temps de déscolarisation mentale avant de se plonger dans le grand bain de la vie active. Il en est de même pour votre enfant. A l’école on apprend à vivre, en IEF, on vit.
Votre enfant, en fonction du nombre d’années où il a été scolarisé, peut avoir besoin de plusieurs mois avant de trouver l’envie à faire du formel tous les jours, avoir des horaires, prendre du plaisir dans ses apprentissages. On dit « 1 mois de déscolarisation mentale » pour 1 année de scolarisation réelle. C’est approximatif. Chaque enfant est différent. Bien entendu, plus l’enfant a vécu de violences, physiques ou psychologiques, en milieu scolaire, plus la période de transition sera longue. Par exemple un enfant qui a été scolarisé de la petite section jusqu’à la fin du CE1, il a déjà vécu 5 années à l’école, donc il pourrait mettre environ 5 mois (donc de septembre à début février) à se déscolariser mentalement. Il va prendre ses marques, se caler un nouveau rythme, prendre conscience que, vraiment, il n’est plus à l’école.
Laissez-le prendre du temps, vraiment, c’est nécessaire. Choisissez ensemble les matières qu’il préfère voir en premier, les horaires, le temps de concentration, laissez-le être lui-même, faîtes-lui confiance.

Le goût des apprentissages formels peut revenir à force de patience et de temps.

 

Kirstin Guilbert Letouzé, fondatrice de vivreenfamille.org, pour Pass éducation