Cuisine, discussions, voyages, jeux, ennui, cabanes… ces apprentissages invisibles que beaucoup de parents sous-estiment
Temps de lecture : 28 min
Par Pauline Mercier, enseignante et mère de deux enfants.
L’été dernier, mon fils a appris à calculer de la monnaie… en achetant des abricots sur un marché.
Pas dans un cahier.
Pas devant une fiche.
Au milieu :
- du bruit,
- des sacs de plage,
- d’un vendeur un peu impatient,
- et d’une pièce de deux euros qu’il faisait tomber toutes les trente secondes.
Et honnêtement, c’est ce jour-là que quelque chose m’a frappée.
Pendant les vacances, les enfants apprennent énormément.
Simplement :
pas toujours de la façon qu’on imagine.
Pendant longtemps, je voyais l’été comme une sorte de pause scolaire.
Un moment où “on arrête un peu de travailler”.
Aujourd’hui, je regarde les choses très différemment.
Parce que je vois à quel point les vacances développent parfois :
- l’autonomie,
- le langage,
- la curiosité,
- la confiance,
- l’observation,
- la créativité,
- et même certaines compétences scolaires…
sans que les enfants aient l’impression :
de “faire l’école”.
Beaucoup de familles cherchent aujourd’hui des activités éducatives intelligentes pour apprendre autrement pendant les vacances afin de garder le plaisir d’apprendre sans transformer l’été en prolongation scolaire.
Les enfants apprennent beaucoup mieux lorsqu’ils vivent réellement les choses
C’est probablement ce qui me fascine le plus en tant que parent.
À l’école, certaines notions semblent parfois :
abstraites.
Puis soudain, pendant les vacances, elles prennent vie.
Je me souviens d’un soir où ma fille essayait de doubler une recette de gâteau.
Elle devait :
- multiplier,
- mesurer,
- comparer,
- ajuster.
Et elle le faisait avec une concentration incroyable.
Pas parce qu’elle “travaillait”.
Parce qu’elle voulait réussir son gâteau.
Et honnêtement, ce type d’apprentissage reste souvent beaucoup plus longtemps dans leur tête.
Les vacances donnent enfin du sens à beaucoup de notions
Pendant l’année, tout va vite.
Les enfants apprennent parfois :
pour réussir un exercice,
un contrôle,
ou finir une fiche.
Pendant les vacances, ils découvrent souvent :
à quoi servent réellement certaines connaissances.
Lire un panneau.
Compter de l’argent.
Comprendre une carte.
Chercher un horaire de train.
Lire une recette.
Je me souviens d’un voyage où mon fils passait son temps à essayer de reconnaître :
les drapeaux,
les monnaies,
les mots étrangers.
Personne ne lui demandait :
d’apprendre.
Et pourtant, il retenait tout.
Beaucoup d’apprentissages invisibles passent complètement inaperçus
Et honnêtement, je crois qu’on les sous-estime énormément.
Parce qu’ils ne ressemblent pas :
à du “travail scolaire”.
Quand un enfant :
- construit une cabane,
- invente une histoire,
- organise un jeu,
- prépare un pique-nique,
il développe pourtant énormément de choses : - logique,
- langage,
- créativité,
- coopération,
- gestion des émotions,
- autonomie.
Je l’ai particulièrement remarqué pendant les longues journées d’été où les enfants finissent par inventer leurs propres univers.
Au début, ça ressemble souvent à :
du bazar.
Puis on réalise qu’ils sont en train :
de réfléchir,
de créer,
de résoudre des problèmes,
et parfois même de développer beaucoup plus de compétences qu’avec une activité ultra encadrée.
Les écrans prennent parfois toute la place de ces apprentissages spontanés
Je ne vais pas prétendre qu’on vit des vacances sans écrans.
Ce serait faux.
Mais ce que je remarque avec le temps, c’est que lorsque les journées deviennent très numériques, les enfants ont beaucoup moins :
- de temps pour inventer,
- de temps pour observer,
- de temps pour expérimenter.
Le cerveau reçoit tout déjà prêt.
Alors qu’un enfant qui :
- cuisine,
- construit,
- lit,
- explore,
doit au contraire :
chercher,
tester,
imaginer.
Petit à petit, nous avons commencé à protéger davantage certains moments :
sans écran,
sans rythme trop rapide.
Et nous utilisons plus souvent des supports éducatifs et jeux pédagogiques pour apprendre autrement pendant l’été afin de garder ce lien avec les apprentissages sans pression scolaire permanente.
Les enfants apprennent énormément lorsqu’ils s’ennuient un peu
Ça aussi, je ne l’avais pas compris avant d’avoir des enfants.
Pendant longtemps, dès qu’un enfant disait :
“Je m’ennuie…”
…je cherchais immédiatement :
une activité.
Aujourd’hui, j’interviens beaucoup moins vite.
Parce que je vois ce qui finit souvent par apparaître après :
- les plaintes,
- les allers-retours dans le salon,
- les longues minutes à tourner en rond.
Une idée.
Puis une autre.
Je me souviens d’un après-midi où mes enfants ont commencé à fabriquer :
un “musée des coquillages” totalement improbable.
Ils ont :
- trié,
- écrit,
- dessiné,
- fabriqué des panneaux,
- inventé des explications scientifiques complètement absurdes.
Ils ont passé presque trois heures dessus.
Et honnêtement, ils ont probablement appris :
énormément de choses ce jour-là.
Les vacances permettent aussi à certains enfants de reprendre confiance
Je crois sincèrement que c’est un aspect dont on parle très peu.
Pendant l’année, certains enfants vivent constamment :
- la comparaison,
- les notes,
- les difficultés scolaires,
- le rythme.
L’été leur offre parfois :
un autre terrain.
Je pense souvent à ma nièce, qui déteste écrire à l’école.
Pendant les vacances, elle a commencé un carnet de voyage.
Personne ne lui demandait :
de faire une rédaction.
Et pourtant, elle écrivait tous les soirs :
des pages entières.
Parce qu’il y avait :
une envie,
un sens,
une liberté.
Et honnêtement, ça change tout.
Les meilleures situations d’apprentissage sont souvent les plus simples
Avec le temps, je remarque quelque chose d’assez drôle.
Les moments où les enfants apprennent le plus ne ressemblent presque jamais :
à des moments “très éducatifs”.
Ce sont souvent :
- une discussion à table,
- une recette ratée,
- un jeu inventé,
- une promenade,
- une carte routière,
- un livre lu sous une couverture.
Je me souviens d’une soirée d’été où nous avions simplement observé les étoiles dans le jardin.
Les enfants ont posé :
mille questions.
Sur :
- les planètes,
- l’espace,
- le temps,
- les constellations.
On a fini par chercher ensemble certaines réponses.
Et franchement, cette curiosité-là vaut probablement beaucoup plus qu’une heure de forcing autour d’un exercice.
Peut-être que les vacances servent aussi à réconcilier certains enfants avec l’idée d’apprendre
Aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention :
à la manière dont les apprentissages s’intègrent dans nos journées.
Je cherche moins :
à “faire travailler”.
Et davantage :
à nourrir la curiosité.
Certaines journées restent encore :
très désorganisées,
pleines de bruit,
et totalement improductives en apparence.
Bien sûr.
Mais souvent, au milieu de ces journées-là, quelque chose se passe quand même :
un enfant découvre,
comprend,
observe,
ou essaie quelque chose pour la première fois.
Et finalement, c’est peut-être ça aussi les vacances :
un moment où apprendre redevient doucement :
quelque chose de vivant.