Et si les longues heures passées à construire des cabanes, inventer des histoires ou jouer “pour rien” développaient bien plus qu’on ne l’imagine ?
Temps de lecture : 28 min
Par Julie Marescot, mère de deux enfants.
L’été dernier, mes enfants ont passé presque trois jours entiers à transformer notre salon en “hôtel pour dragons”.
Je précise quand même que :
- les dragons étaient invisibles,
- les clients extrêmement exigeants,
- et que le check-in se faisait avec des morceaux de papier découpés dans de vieilles boîtes de céréales.
Pendant ce temps-là, le salon ressemblait à :
une catastrophe naturelle.
Il y avait :
- des couvertures partout,
- des coussins au milieu du passage,
- des listes accrochées sur les meubles,
- des dessins collés avec du scotch,
- et des petits papiers “réservé” sur absolument toutes les chaises de la maison.
Honnêtement, au bout de deux jours, j’avais très envie :
de récupérer mon canapé.
Et pourtant, quelque chose me fascinait.
Parce que sans s’en rendre compte, mes enfants étaient en train de :
- lire,
- écrire,
- compter,
- négocier,
- organiser,
- inventer,
- résoudre des problèmes,
- gérer des conflits,
- coopérer.
Bref :
ils apprenaient énormément.
Simplement, ça ne ressemblait pas du tout :
à l’école.
Aujourd’hui, beaucoup de familles cherchent des activités éducatives et jeux intelligents pour apprendre autrement pendant les vacances afin de garder le plaisir de découvrir sans pression scolaire permanente.
On sous-estime énormément ce que les enfants apprennent lorsqu’ils jouent librement
Je crois que c’est probablement l’une des plus grandes erreurs des adultes modernes.
Parce que quand un enfant joue, on a parfois l’impression :
qu’il “ne fait rien”.
Alors qu’en réalité, son cerveau travaille énormément.
Je le vois très clairement avec mes enfants.
Quand ils inventent un jeu, ils doivent :
- créer des règles,
- les adapter,
- gérer les frustrations,
- organiser les rôles,
- résoudre des conflits,
- imaginer des scénarios.
Et honnêtement, certaines discussions autour d’un jeu de pirates improvisé ressemblent presque :
à des réunions diplomatiques internationales.
Les meilleurs apprentissages arrivent souvent quand personne ne parle “d’apprentissage”
C’est probablement ce qui me frappe le plus pendant les vacances.
Dès qu’une activité ressemble trop :
à un exercice,
beaucoup d’enfants se ferment immédiatement.
En revanche, lorsqu’ils jouent :
- ils persévèrent,
- recommencent,
- testent,
- observent,
sans même penser :
qu’ils sont en train d’apprendre.
Je me souviens d’un après-midi où mon fils essayait de construire une rampe pour faire descendre des billes dans le jardin.
Pendant presque une heure, il a :
- mesuré,
- ajusté,
- testé des angles,
- modifié les distances.
Il faisait littéralement :
de la physique.
Mais dans sa tête, il fabriquait juste :
“le parcours le plus rapide du monde”.
Et franchement, il n’aurait probablement jamais accepté de faire autant d’essais dans un exercice classique.
Les vacances permettent enfin aux enfants de suivre leurs propres idées
Pendant l’année scolaire, tout va vite.
Les horaires.
Les programmes.
Les consignes.
Pendant les vacances, les enfants peuvent enfin :
creuser quelque chose qui les passionne vraiment.
Je pense souvent à ma fille, qui a passé une semaine entière à fabriquer :
des menus,
des tickets,
des panneaux,
et des cartes pour son fameux “restaurant pour licornes”.
Elle écrivait volontairement.
Calculait des prix.
Décorait.
Inventait des recettes improbables.
Et surtout :
elle était concentrée pendant des heures.
Sans qu’aucun adulte n’ait besoin de dire :
“Allez, maintenant on travaille un peu.”
Les écrans laissent parfois beaucoup moins de place à cette créativité spontanée
Je ne vais pas prétendre qu’on vit sans écrans.
Certaines journées de pluie existent.
Les longs trajets aussi.
Mais ce que je remarque avec le temps, c’est que lorsque les écrans prennent énormément de place, les jeux deviennent souvent :
plus passifs.
Le cerveau reçoit déjà :
- l’histoire,
- les images,
- les règles,
- les personnages.
Alors qu’un enfant qui invente un jeu doit au contraire :
tout créer lui-même.
Je vois une vraie différence après plusieurs journées très numériques.
Les enfants deviennent souvent :
- plus vite lassés,
- moins autonomes,
- ou incapables de rester longtemps dans un univers imaginaire.
Alors petit à petit, nous avons commencé à protéger davantage :
les longues plages de jeu libre.
Et nous utilisons aussi des supports pédagogiques et jeux éducatifs pour stimuler l’imagination des enfants pendant les vacances afin de nourrir leur curiosité sans transformer les journées en école déguisée.
Jouer développe aussi énormément les émotions et les relations sociales
Ça, honnêtement, je ne l’avais jamais autant remarqué avant d’avoir plusieurs enfants.
Parce qu’un jeu libre oblige aussi à :
- attendre,
- écouter,
- négocier,
- gérer la frustration,
- coopérer.
Je me souviens d’une énorme dispute autour d’un “camp secret” construit dans le jardin.
Sur le moment, c’était fatigant.
Puis je les ai observés :
- discuter,
- modifier les règles,
- trouver un compromis,
- recommencer.
Et je me suis dit que ces moments-là développaient probablement beaucoup plus :
la gestion des émotions
que beaucoup de grands discours d’adultes.
Les enfants ont parfois surtout besoin… de temps
Le plus difficile aujourd’hui, je crois, c’est qu’on remplit énormément les journées.
Sorties.
Activités.
Écrans.
Programmes.
Alors que le jeu libre a besoin :
de lenteur.
Je le vois très bien chez nous.
Les premières trente minutes sont souvent :
chaotiques.
Quelqu’un râle.
L’autre dit qu’il s’ennuie.
Ça tourne un peu dans tous les sens.
Puis, progressivement, quelque chose démarre.
Une idée apparaît.
Puis un monde entier.
Et soudain, les enfants deviennent capables :
de jouer trois heures avec :
- des coussins,
- une lampe,
- et un vieux carton.
Franchement, le cerveau des enfants est parfois incroyable quand on lui laisse enfin :
de l’espace.
Certaines des compétences les plus importantes ne s’apprennent pas uniquement dans des exercices
Aujourd’hui, je regarde les vacances autrement.
Bien sûr, les enfants oublient parfois certaines choses pendant l’été.
Mais ils développent aussi énormément :
- leur autonomie,
- leur créativité,
- leur langage,
- leur imagination,
- leur confiance,
- leur capacité à résoudre des problèmes.
Et honnêtement, ces compétences-là comptent probablement autant que beaucoup d’autres.
Je pense souvent à ces longues après-midi d’enfance où nous inventions des mondes entiers avec presque rien.
Personne ne parlait “d’apprentissage”.
Et pourtant, nous étions en train :
de construire énormément de choses intérieurement.
Peut-être que les vacances servent aussi à redonner de la place au jeu “inutile”
Aujourd’hui, j’essaie moins :
de remplir les journées à tout prix.
Je fais davantage confiance :
à ces moments où les enfants semblent juste…
jouer.
Certaines journées restent encore :
bruyantes,
désordonnées,
et franchement épuisantes.
Bien sûr.
Le salon ressemble parfois à un chantier pendant trois jours.
Il y a du scotch collé sur les meubles.
Et je retrouve encore régulièrement des “menus pour dragons” dans les tiroirs de cuisine.
Mais je remarque aussi quelque chose.
Quand les enfants ont suffisamment de temps, de calme et d’espace pour jouer vraiment, ils deviennent souvent :
plus créatifs,
plus concentrés,
et parfois même beaucoup plus apaisés.
Et au fond, ce sont souvent ces moments-là qui ressemblent le plus :
à une enfance qui respire encore un peu.