Loin des lectures obligatoires et des évaluations, certains enfants découvrent enfin qu’un livre peut devenir un vrai plaisir
Temps de lecture : 28 min
Par Nathalie Berger, mère de deux enfants.
Pendant longtemps, je pensais que mon fils “n’aimait pas lire”.
C’était devenu presque :
une vérité officielle dans la famille.
Chaque lecture ressemblait à :
une négociation.
Il lisait :
- lentement,
- en soupirant,
- parfois sans vraiment comprendre ce qu’il venait de lire parce qu’il voulait surtout :
finir vite.
Et puis un été, quelque chose a changé complètement.
Pas grâce à une méthode révolutionnaire.
À cause d’une panne de Wi-Fi.
Nous étions dans une vieille maison de vacances où Internet fonctionnait très mal. Les enfants tournaient un peu en rond depuis deux jours et, dans un placard, il y avait une pile de vieux livres jeunesse laissés par les précédents occupants.
Mon fils en a ouvert un “juste pour voir”.
Puis un deuxième.
Le soir, il lisait encore dans son lit avec une petite lampe.
Honnêtement, je crois que je l’ai regardé plusieurs fois discrètement parce que je n’arrivais pas vraiment à y croire.
Ce même enfant qui détestait lire quelques semaines plus tôt venait de passer presque une heure absorbé dans une histoire.
Et surtout :
personne ne lui demandait :
- de répondre à des questions,
- de résumer,
- ou de “travailler sa lecture”.
Il lisait simplement :
par plaisir.
Aujourd’hui, beaucoup de familles cherchent des activités éducatives et supports de lecture pour donner envie de lire pendant les vacances afin de reconnecter les enfants aux livres sans pression scolaire.
Pendant l’année, beaucoup d’enfants associent la lecture à l’effort
Je crois qu’on oublie parfois à quel point certains enfants vivent la lecture :
comme une performance.
Lire devient :
- aller vite,
- ne pas se tromper,
- comprendre immédiatement,
- réussir un exercice.
Alors forcément, certains finissent par penser :
qu’ils “n’aiment pas lire”.
Alors qu’en réalité, ils n’aiment peut-être surtout pas :
la pression autour de la lecture.
Je le vois très clairement avec ma fille.
Quand une lecture ressemble :
à un devoir,
elle se crispe immédiatement.
En revanche, lorsqu’elle découvre un livre dans un contexte complètement libre, tout change.
Elle peut rester :
très longtemps plongée dedans.
Les vacances redonnent du temps aux livres
Et honnêtement, ça change énormément de choses.
Pendant l’année scolaire, tout va vite :
- devoirs,
- horaires,
- fatigue,
- activités.
Le soir, beaucoup d’enfants n’ont plus réellement :
d’espace mental.
L’été, certaines journées ralentissent enfin.
Je pense à ces fins d’après-midi un peu chaudes où :
- les volets sont à moitié fermés,
- quelqu’un lit sur le canapé,
- les ventilateurs tournent doucement,
- et où le temps semble enfin :
moins pressé.
C’est souvent dans ces moments-là que les livres reprennent une autre place.
Pas comme :
une obligation.
Comme :
une activité refuge.
Les enfants lisent davantage lorsqu’ils choisissent eux-mêmes
Ça paraît évident… mais ça change tout.
Je me suis rendu compte que beaucoup de lectures “imposées” coupaient complètement :
l’envie.
Alors que pendant les vacances, les enfants vont parfois choisir :
- des BD,
- des magazines,
- des livres documentaires,
- des histoires complètement absurdes,
- ou même relire quinze fois le même livre.
Et finalement ?
Ça reste :
de la lecture.
Je me souviens de mon fils qui passait des heures à lire :
des livres sur les dinosaures.
Il retenait :
des noms impossibles,
des périodes préhistoriques,
des détails incroyablement précis.
Sans aucune pression.
Simplement parce qu’il était passionné.
Les écrans rendent souvent la lecture plus difficile… au début
Je le remarque énormément après plusieurs journées très numériques.
Quand les enfants passent beaucoup de temps :
- sur YouTube,
- sur des vidéos rapides,
- ou des contenus très stimulants,
la lecture paraît soudainement :
très lente.
Les premières pages deviennent difficiles.
L’attention saute vite.
Le cerveau cherche :
plus de rythme,
plus d’images,
plus de stimulation.
Je le vois très clairement à la maison.
Après quelques jours très chargés en écrans, les enfants ont beaucoup plus de mal :
à entrer dans un livre.
Puis, progressivement, quand le rythme ralentit, quelque chose revient.
L’attention se repose un peu.
L’imaginaire aussi.
Alors petit à petit, nous avons commencé à protéger davantage certains moments :
sans écran,
plus calmes,
plus silencieux.
Et nous utilisons aussi des supports pédagogiques et lectures adaptées pour encourager les enfants à lire pendant l’été afin que les livres retrouvent une place naturelle dans les journées.
Beaucoup d’enfants ont simplement besoin de retrouver le plaisir des histoires
Je crois sincèrement que c’est ça le plus important.
Pas :
“le niveau”.
Pas :
“le nombre de pages”.
Le plaisir.
Je me souviens d’une soirée où nous lisions simplement ensemble dehors après le dîner.
Les enfants étaient encore en pyjama.
Quelqu’un mangeait une glace qui fondait partout.
Le plus petit interrompait l’histoire toutes les trois minutes pour poser des questions.
Et pourtant, ce moment-là avait quelque chose de très doux.
Personne ne cherchait :
à “faire travailler la lecture”.
On partageait juste :
une histoire.
Certains enfants deviennent lecteurs précisément quand on arrête d’essayer d’en faire des lecteurs
Ça paraît paradoxal, mais je le crois vraiment.
Plus on insiste :
- “lis un peu”,
- “avance ton livre”,
- “entraîne-toi”,
plus certains enfants se bloquent.
En revanche, quand les livres redeviennent :
- accessibles,
- libres,
- amusants,
quelque chose change parfois complètement.
Je pense encore à mon fils lisant sous sa couverture avec sa lampe pendant ces vacances-là.
Personne ne lui avait demandé.
Et pourtant, il lisait beaucoup plus que pendant toute l’année scolaire.
Les meilleurs souvenirs de lecture ne ressemblent presque jamais à des moments scolaires
Aujourd’hui, quand mes enfants parlent des livres qu’ils ont aimés, ils parlent rarement :
de l’école.
Ils parlent :
- d’une lecture dans la voiture,
- d’un livre lu en cachette le soir,
- d’une BD découverte dans une maison de vacances,
- d’une histoire racontée sous une couverture pendant un orage.
Et honnêtement, je crois que c’est exactement ça qui compte.
Associer les livres :
à des émotions agréables.
Pas uniquement :
à des efforts.
Peut-être que les vacances permettent surtout de redonner aux livres une place plus vivante
Aujourd’hui, je fais beaucoup moins attention :
à “faire lire”.
Je cherche davantage :
à créer des moments où les livres peuvent exister naturellement dans la maison.
Certaines journées restent encore :
très bruyantes,
très numériques,
et franchement peu littéraires.
Bien sûr.
Mais parfois, au milieu d’un après-midi lent ou d’une soirée calme, un enfant attrape soudain un livre :
sans qu’on lui demande.
Et souvent, ce sont précisément ces lectures-là qui changent le plus durablement leur rapport aux histoires.



