Entre peur du “retard scolaire”, pression des cahiers de vacances et besoin de repos… beaucoup de parents ne savent plus vraiment où placer le curseur
Temps de lecture : 29 min
Par Claire Rivière, mère de deux enfants et ancienne professeure des écoles.
Chaque été, ça recommence un peu pareil.
Les cahiers de vacances réapparaissent dans les magasins dès le mois de juin.
Les groupes de parents commencent à parler :
- du niveau des enfants,
- de “tout ce qu’ils ont oublié”,
- de la rentrée,
- des lacunes,
- ou de cette fameuse peur :
qu’ils “perdent leurs acquis”.
Et honnêtement, pendant longtemps, ça me stressait énormément.
Je me souviens très bien d’un été où j’avais presque transformé les vacances en mini école parallèle.
Petits exercices le matin.
Lecture obligatoire.
Calcul mental “pour entretenir”.
Écriture régulière.
Sur le papier, tout semblait raisonnable.
Dans la réalité ?
Tout le monde était tendu.
Mes enfants râlaient avant même d’ouvrir le cahier.
Moi, je culpabilisais dès qu’on sautait une journée.
Et très vite, les vacances ont commencé à prendre :
une drôle d’ambiance.
Comme si on n’arrivait jamais vraiment :
à décrocher.
Aujourd’hui, je vois les choses très différemment.
Parce qu’avec le temps, j’ai compris qu’il existe une énorme différence entre :
- apprendre,
et - reproduire l’école pendant l’été.
Beaucoup de familles cherchent aujourd’hui des cahiers de vacances et activités éducatives pour apprendre sans pression pendant l’été afin de garder un lien avec les apprentissages sans transformer les vacances en période de stress scolaire.
Les enfants ont aussi besoin de vraies coupures mentales
Je crois que c’est probablement ce qu’on oublie le plus facilement.
Pendant toute l’année scolaire, les enfants vivent déjà :
- des horaires,
- des évaluations,
- des attentes,
- du bruit,
- de la concentration permanente.
Certains tiennent très bien le rythme.
D’autres arrivent en juillet :
complètement saturés.
Je l’ai particulièrement vu avec mon fils après son CE2.
À peine le mot “exercice” apparaissait quelque part, il se fermait immédiatement.
Pas parce qu’il était paresseux.
Parce qu’il était :
fatigué.
Et honnêtement, beaucoup d’enfants ont probablement besoin pendant l’été :
de retrouver le plaisir d’apprendre…
avant même de recommencer à travailler.
Le problème n’est pas d’apprendre pendant les vacances… mais la manière de le faire
Aujourd’hui, je ne pense plus du tout que les vacances doivent être :
“sans apprentissage”.
Les enfants apprennent énormément l’été.
Simplement :
pas forcément sous forme scolaire.
Ils apprennent quand ils :
- cuisinent,
- voyagent,
- lisent,
- jouent,
- discutent,
- observent,
- organisent quelque chose,
- gèrent un budget de glace sur un marché,
- ou construisent une cabane absurde avec trois coussins et deux serviettes.
Je me souviens d’un après-midi où mes enfants ont voulu préparer seuls un goûter.
Ils ont :
- lu une recette,
- calculé des quantités,
- mesuré,
- corrigé des erreurs,
- négocié entre eux,
- et finalement produit un gâteau assez catastrophique.
Mais honnêtement ?
Ils avaient probablement beaucoup plus réfléchi ce jour-là que pendant certains exercices faits à contrecœur.
Beaucoup de cahiers de vacances reproduisent exactement ce qui fatigue déjà les enfants
Et ça, je crois que c’est une vraie question.
Parce qu’on voit encore énormément de contenus :
- très scolaires,
- très répétitifs,
- très “fiches à remplir”.
Alors évidemment, certains enfants adorent ça.
Mais pour beaucoup d’autres, ça ressemble simplement :
à l’école…
sans les copains.
Je me souviens d’une matinée où j’essayais de faire faire deux pages de révision à ma fille.
Au bout de dix minutes :
- elle soupirait,
- regardait ailleurs,
- demandait l’heure toutes les trente secondes.
Puis une heure plus tard, cette même enfant passait quarante minutes à écrire spontanément :
un menu de restaurant imaginaire pour sa cabane.
Et honnêtement, ça m’a beaucoup fait réfléchir.
Les enfants retiennent beaucoup mieux lorsqu’ils comprennent le sens de ce qu’ils font
Je crois sincèrement que c’est là que tout change.
Quand un enfant :
- lit pour préparer une chasse au trésor,
- écrit une liste pour un pique-nique,
- compte son argent de poche,
- ou cherche une information pour organiser une sortie,
les apprentissages deviennent :
vivants.
Je le vois particulièrement l’été.
Les enfants posent énormément de questions :
- sur les lieux,
- les animaux,
- les recettes,
- les pays,
- les cartes,
- les panneaux.
Et souvent, ils retiennent beaucoup plus parce qu’ils sont :
réellement curieux.
Alors progressivement, nous avons remplacé certains exercices très scolaires par des supports éducatifs et activités pédagogiques pour apprendre autrement pendant les vacances afin de garder le plaisir d’apprendre sans recréer la pression de l’école.
Certains enfants retrouvent confiance pendant l’été
Je trouve qu’on parle trop peu de ça.
Parce que l’année scolaire peut être très difficile émotionnellement pour certains enfants.
Les notes.
Les comparaisons.
Les difficultés.
La sensation de “ne pas être au niveau”.
Pendant les vacances, beaucoup redécouvrent :
qu’ils savent faire plein de choses.
Je pense souvent à mon neveu, qui déteste les mathématiques à l’école.
Un été, il a passé des journées entières :
à construire des parcours de billes compliqués dans le jardin.
Il mesurait.
Calculait.
Testait des angles.
Sans jamais avoir l’impression :
de faire des maths.
Et surtout, sans peur :
de se tromper.
Les parents se mettent souvent énormément de pression autour des “révisions”
Et honnêtement, je comprends complètement pourquoi.
On entend partout :
- “attention au décrochage”,
- “attention aux acquis”,
- “attention à la rentrée”.
Alors beaucoup de familles finissent par vivre juillet et août avec :
une espèce de culpabilité scolaire flottante.
Je me souviens d’un été où je regardais les cahiers de vacances presque tous les jours…
sans réussir à trouver :
le bon moment,
la bonne méthode,
ou la bonne dose.
Puis un jour, j’ai réalisé quelque chose de très simple :
mes enfants avaient surtout besoin :
de retrouver de l’énergie mentale.
Et honnêtement, ça a changé énormément de choses dans notre façon de vivre l’été.
Les meilleurs apprentissages arrivent souvent dans les moments les moins scolaires
Aujourd’hui, les souvenirs qui me reviennent ne sont presque jamais :
ceux des exercices faits à table.
Ce sont :
- les discussions pendant les trajets,
- les recettes ratées,
- les jeux inventés,
- les lectures du soir,
- les questions improbables sur les étoiles ou les crabes sur la plage.
Je me souviens d’une soirée où nous avons passé presque une heure à essayer de comprendre pourquoi la lune semblait suivre la voiture.
Les enfants étaient fascinés.
Et franchement, cette curiosité-là vaut probablement bien plus que beaucoup de fiches terminées dans les larmes.
Peut-être que le plus important pendant l’été est simplement de ne pas casser l’envie d’apprendre
Aujourd’hui, je fais beaucoup plus attention :
à l’ambiance des apprentissages qu’à leur quantité.
Je préfère :
- un enfant curieux,
- un enfant qui lit parce qu’il en a envie,
- un enfant qui explore,
- un enfant qui pose des questions,
plutôt qu’un enfant écœuré par des révisions forcées au milieu des vacances.
Certaines journées restent encore :
désorganisées,
très peu “productives”,
et pleines de glace fondue sur les cahiers.
Bien sûr.
Mais je remarque aussi quelque chose.
Quand les apprentissages redeviennent :
- légers,
- vivants,
- reliés au réel,
les enfants recommencent souvent à apprendre :
sans même avoir l’impression de travailler.
Et finalement, c’est peut-être là que les vacances deviennent vraiment utiles :
quand elles redonnent doucement envie de découvrir le monde plutôt que simplement :
de remplir des exercices.



