Aider son enfant à se préparer à la vie active – IEF (Instruction En Famille) :

« Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie » (Confucius).

On est tous d’accord là-dessus. Mais quelqu’un aurait-il le mode d’emploi ?

Chômage, disparités sociales, emplois précaires, etc. On ne peut pas dire que les étudiants soient dans les meilleures dispositions pour envisager l’avenir sereinement. Alors que dire d’un enfant issu de l’IEF ? On se pose tous la question à un moment ou à un autre. Certains envisagent la rescolarisation. D’autres persistent dans leur choix de scolarisation à domicile. Est-ce qu’ils pourront exercer le métier qu’ils désirent s’ils ne réintègrent pas l’école ? Les portes des études supérieures leur seront-elles fermées ? J’ai appris énormément de choses en écrivant cet article et je pense que vous allez être surpris.

Poursuivre ses études dans un établissement scolaire

Vos écoliers prennent des cours à distance avec le CNED ou une école privée sous contrat ? Aucune inquiétude à avoir. Ils bénéficient des mêmes droits qu’un enfant lambda. Il vous suffira de vous rendre sur l’application AFNET.
Si vous avez choisis d’instruire vos enfants en dehors du CNED règlementé, vous pouvez à tout moment basculer dans un parcours traditionnel. En primaire, on tient compte de l’âge. Par contre, au collège et au lycée, l’accès est conditionné par un test de vérification des connaissances. Voilà pourquoi de nombreux parents décident de rescolariser leur progéniture dès la 3ème. Ainsi, ils évitent les complications liées à une entrée en seconde et échappent aux épreuves supplémentaires du Brevet en candidat libre.

Faire des études supérieures quand on est issu de l’IEF

Rassurez-vous ! Il est tout à fait possible d’aller jusqu’au doctorat sans jamais avoir mis un pied dans une école. La passation du BAC et du BREVET se fait sans conditions. Ça se complique au niveau des classes préparatoires aux grandes écoles. En effet, celles-ci se basent sur l’étude du dossier scolaire. À moins qu’ils aient suivi des cours par correspondance, ils n’en disposeront pas. Vous pourrez toujours essayer d’y aller au culot et plaider votre cause. On est bien loin des universités américaines et de leurs filières réservées aux étudiants provenant du homeschooling. Dans les pays anglo-saxons et nordiques, ces profils sont très recherchés (flexibilité cognitive, esprit d’initiative, autonomie, etc.).

Étudier sans avoir le bac, utopie ?

L’obtention du Baccalauréat n’est pas une condition sine qua none pour pouvoir accéder aux études supérieures. Vous avez le choix entre :

  • Une formation en alternance avec le CFA, l’AFPA ou le CNAM (CQP, CCP). Elle a l’avantage de conduire rapidement ses apprentis sur la voie professionnelle.
  • Une capacité de droit en 2 ans à l’université. Elle donne accès à un BTS notarial ou un DUT carrières juridiques et sociales ou gestion des entreprises et administration.
  • BPJEPS : Brevet Professionnel de la Jeunesse et de l’Education Populaire et des Sports. C’est un diplôme délivré par le ministère des Sports qui débouche sur le métier d’éducateur sportif.
  • Le DAEU, “A” ou “B” (“A”, à dominante littéraire et “B”, pour scientifique) : diplôme d’accès aux études universitaires en présentielle ou à distance. Comme son nom l’indique, il permet aux non-détenteurs du Bac d’intégrer une université et certaines fonctions publiques.
  • Tous les cours sur internet, ces fameux MOOC dont on entend de plus en plus parler.

Les carrières accessibles sans le bac

Dans l’imagerie populaire, un “bon” métier ne peut être que la résultante d’un long parcours jonché de certificats. À bas les préjugés ! De nombreux secteurs embauchent sans diplôme et démontrent que l’ascenseur social n’est pas encore en panne :

  • Secteurs de l’informatique, de l’artisanat, du bâtiment et du tourisme.
  • Assistante maternelle.
  • Pompier.
  • Militaire.
  • Chauffeur-livreur.
  • Hôtesse de l’air, stewart.
  • Vendeur.

À la recherche du bonheur

En tant que parents, on est tous inquiets pour l’avenir de nos enfants. On les encourage à terminer leurs études dans le but d’occuper un poste “important”, le fameux CDI, la sécurité de l’emploi. Mais est-ce qu’un jour, on s’est demandé : « sont-ils vraiment heureux dans ce qu’ils font ? ». Après tout, ce sont eux qui devront se lever tous les matins pour aller au charbon. Combien de burn-outs, de dépressions et de suicides, il faudra encore déplorer pour que l’on comprenne que l’épanouissement n’est pas proportionnel au contenu du compte bancaire. Certains réussissent à se réorienter sur le tard, mais pour d’autres, la voie est toute tracée, ils s’y sont résignés.
Tout ça pour vous dire que l’orientation de la prunelle de vos yeux se construit dès la naissance avec les différentes expériences dont elle s’est imprégnée. Sa décision doit maturer tranquillement en s’inscrivant dans le temps. Ne pressez pas votre enfant. Observez-le à distance et essayez de débusquer ses intérêts, ses facilités, ses valeurs. Multipliez les interactions avec différents acteurs de la société dans divers domaines. Par exemple, une fois par mois, il pourrait aller à la rencontre d’un métier d’une de vos connaissances. Une fois sur place, il pourrait avoir une conception objective de la profession sans préjugés ou jugements de valeur. Apprenez-lui qu’il n’existe pas de sous-métiers. Participez aux salons des métiers, inscrivez-le à des clubs, proposez-lui de s’engager bénévolement ou partez en voyage. Tout est bon pour ouvrir son esprit au monde.
En somme, aidez-le à trouver sa propre identité pour qu’il puisse s’auto-orienter. Il va falloir marcher sur des œufs, les ados prennent les questions pressantes pour de l’intrusion pure et dure. Conservez-la confiance qui vous lie et initiez vous à l’art de la maïeutique.

 

 

Kelly Cheppih, maman IEF et rédactrice Web, pour Pass éducation