Pourquoi les enfants deviennent-ils parfois “ingérables” lorsqu’ils sont simplement… épuisés pendant les vacances ?

Cette confusion que beaucoup de parents vivent l’été : un enfant fatigué qui semble pourtant encore plus agité, opposant ou nerveux

Temps de lecture : 26 min
Par Marion Sorel, mère de deux enfants.


Pendant longtemps, je croyais qu’un enfant fatigué ressemblait forcément à :
un enfant calme.

Quelqu’un qui baille.
Qui ralentit.
Qui finit par s’endormir tranquillement.

Puis j’ai eu des enfants.

Et surtout :
des vacances avec des enfants.

Je me souviens d’un soir très précis où mon fils courait dans le couloir de l’appartement de location à presque 22h, en criant, alors qu’il avait :

  • passé la journée au soleil,
  • nagé pendant des heures,
  • presque pas dormi la veille,
  • et qu’il avait déjà pleuré deux fois depuis le dîner.

Honnêtement, je n’en pouvais plus.

Je me rappelle avoir pensé :

“Mais comment peut-il encore avoir autant d’énergie ?”

En réalité, il n’en avait probablement plus du tout.

Et c’est justement ça que j’ai mis des années à comprendre :
certains enfants deviennent beaucoup plus difficiles précisément au moment où ils sont complètement épuisés.

Aujourd’hui, beaucoup de familles cherchent des activités calmes et supports éducatifs pour apaiser les enfants fatigués pendant les vacances afin d’éviter cette montée de tension qui transforme parfois les fins de journée en chaos émotionnel.


Beaucoup d’enfants ne “ralentissent” pas lorsqu’ils sont fatigués

Et franchement, ça reste contre-intuitif.

Parce qu’en tant qu’adulte, quand on est épuisé :
on devient lent.

Chez certains enfants, c’est presque l’inverse.

Ils deviennent :

  • surexcités,
  • nerveux,
  • opposants,
  • extrêmement sensibles,
  • ou incapables de gérer la moindre frustration.

Je le vois surtout en fin de vacances ou après plusieurs journées très remplies.

Le moindre détail déclenche :

  • une crise,
  • une dispute,
  • ou des pleurs énormes.

Une cuillère de la mauvaise couleur peut devenir :
un drame national.

Et pendant longtemps, je pensais qu’il fallait :
plus de cadre,
plus de fermeté,
ou “qu’ils se calment”.

Maintenant, j’essaie surtout de regarder :
leur niveau réel de fatigue.


Les vacances épuisent énormément les enfants… même quand ils s’amusent

C’est probablement ça qu’on oublie souvent.

Une journée “géniale” pour un enfant reste parfois :
très intense.

Le bruit.
Le soleil.
Les trajets.
Les écrans dans la voiture.
Les émotions.
Le changement de rythme.

Le cerveau des enfants encaisse énormément :
sans forcément réussir à ralentir ensuite.

Je me souviens d’un retour de plage où les enfants semblaient littéralement :
électriques.

Ils se disputaient pour :

  • une serviette,
  • une place sur le canapé,
  • puis une histoire de glace.

À un moment, ma fille s’est mise à pleurer parce que son frère “respirait trop fort”.

Sur le moment, ça semblait absurde.

Mais honnêtement, toute la journée avait probablement déjà rempli leur cerveau bien au-delà :
de ce qu’ils arrivaient à gérer.


Les écrans aggravent souvent cette fatigue nerveuse

Je ne vais pas prétendre qu’on a supprimé les écrans pendant les vacances.

Ce serait complètement faux.

Il y a encore :

  • les longs trajets,
  • les fins de journée compliquées,
  • les moments où les parents ont juste besoin :
    de dix minutes de silence.

Mais ce que j’ai remarqué avec le temps, c’est que certaines vidéos semblaient laisser les enfants dans un état étrange :
fatigués…
mais incapables de redescendre.

Surtout après :
YouTube ou les vidéos très rapides.

Ils devenaient :

  • plus irritables,
  • plus bruyants,
  • et beaucoup moins capables :
    de gérer calmement les transitions.

Alors progressivement, on a commencé à protéger certains moments :

  • les repas,
  • les retours de sortie,
  • les fins de soirée.

Et on a intégré davantage de jeux éducatifs et activités douces pour calmer les enfants pendant les vacances afin de casser un peu cette stimulation permanente.

Franchement, ça n’a pas tout changé du jour au lendemain.

Mais l’ambiance est devenue :
moins électrique.


Certains enfants semblent absorber toute la fatigue du monde

Je l’ai particulièrement remarqué avec ma fille.

Plus les journées sont :

  • bruyantes,
  • sociales,
  • désorganisées,
    plus elle finit par devenir :
    émotionnellement fragile.

Le soir, elle supporte moins :

  • le bruit,
  • les remarques,
  • les imprévus,
  • ou même parfois :
    le simple fait qu’on lui parle trop vite.

Pendant longtemps, je pensais qu’elle “faisait des caprices”.

Aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression qu’elle arrive simplement :
au bout de ses ressources.

Et honnêtement, ça change complètement la façon de réagir.


Les parents aussi deviennent beaucoup plus fragiles quand les enfants sont épuisés

Parce qu’au bout d’un moment, toute la maison fonctionne :
sur les nerfs.

Je me souviens d’un soir où :

  • quelqu’un pleurait dans la salle de bain,
  • l’autre criait parce qu’il ne retrouvait plus son pyjama,
  • et moi je cherchais juste :
    un endroit silencieux pendant trente secondes.

Ce n’était pas une mauvaise famille.

C’était juste :
une famille fatiguée.

Et je crois qu’on sous-estime énormément ce phénomène pendant les vacances.


Les journées les plus apaisées sont rarement les plus remplies

Ça, honnêtement, je ne l’aurais jamais cru avant d’avoir des enfants.

Je pensais que les vacances réussies étaient celles où :
“on profite au maximum”.

Aujourd’hui, je remarque surtout autre chose.

Les meilleures journées sont souvent :
les plus lentes.

Pas forcément les plus spectaculaires.

Je me souviens d’un après-midi où finalement :
on n’a presque rien fait.

Les enfants ont construit une cabane avec des draps.
On a mangé tard.
Quelqu’un lisait sur le canapé.
Il y avait du bazar partout.

Mais personne ne criait.

Et franchement, cette sensation-là vaut beaucoup plus qu’un planning parfait.


Les enfants ont parfois simplement besoin qu’on ralentisse avant eux

Aujourd’hui, j’essaie moins :
de “gérer les comportements”.

J’essaie davantage :
de regarder le niveau global de stimulation dans la maison.

Parce que très souvent, derrière un enfant :
agité,
opposant,
ou “ingérable”,
il y a surtout :

  • un cerveau saturé,
  • trop peu de pauses,
  • trop de bruit,
  • trop d’émotions accumulées.

Certaines vacances restent encore :
désordonnées,
fatigantes,
et pleines de cris.

Bien sûr.

Mais quand le rythme ralentit vraiment, quelque chose change aussi dans l’ambiance familiale.

Les enfants recommencent peu à peu :
à jouer plus longtemps,
à rire davantage,
et parfois même à s’endormir sans bataille.

Et honnêtement, ces soirs-là, toute la maison semble enfin :
souffler un peu.