Cette impression étrange qu’ils pensent déjà à “la suite” alors qu’ils vivent pourtant de belles journées
Temps de lecture : 26 min
Par Lucie Vernet, mère de deux enfants.
L’autre jour, on venait à peine d’arriver à la plage.
Les serviettes étaient encore à moitié pliées.
Les enfants couraient déjà vers l’eau.
Le soleil commençait juste à descendre un peu.
Franchement, c’était exactement le genre de moment que j’imagine quand je pense :
“vacances”.
Et pourtant, moins de vingt minutes plus tard, mon fils m’a demandé :
“Après on fait quoi ?”
Pas parce qu’il allait mal.
Pas parce qu’il ne s’amusait pas.
Mais cette question m’a frappée.
Comme si le moment présent ne suffisait déjà plus complètement.
Et plus les années passent, plus j’ai l’impression que beaucoup d’enfants vivent leurs journées un peu comme ça :
toujours tournés vers :
la prochaine activité,
le prochain écran,
la prochaine stimulation.
Comme si profiter simplement :
de ce qui est là,
devenait de plus en plus difficile.
Aujourd’hui, beaucoup de familles cherchent des activités éducatives pour ralentir le rythme des vacances et aider les enfants à se reconnecter au moment présent afin de retrouver des journées moins agitées et émotionnellement plus apaisées.
Beaucoup d’enfants semblent vivre dans une attente permanente
Je le remarque surtout pendant les journées pourtant très agréables.
On est en promenade…
et quelqu’un demande déjà :
ce qu’on fera après.
On mange une glace…
et un autre veut savoir :
si on pourra regarder un film ce soir.
Comme si le cerveau passait constamment :
d’une chose à la suivante.
Je me souviens d’un pique-nique où mes enfants avaient :
- des jeux,
- des cousins,
- de l’espace,
- absolument aucune contrainte.
Et malgré ça, au bout d’un moment, ils tournaient déjà autour de nous :
en cherchant autre chose.
Pas forcément mieux.
Juste :
autre chose.
Les écrans ont énormément modifié le rapport au temps
Je crois sincèrement que ça joue un rôle énorme.
Parce qu’un écran enchaîne tout très vite :
- les images,
- les émotions,
- les nouveautés,
- les réactions.
Le cerveau s’habitue progressivement :
à recevoir constamment quelque chose de nouveau.
Et ensuite, les moments réels — même agréables — paraissent parfois :
trop lents.
Je le vois surtout après plusieurs jours très numériques.
Les enfants deviennent :
- impatients,
- vite lassés,
- incapables de rester longtemps dans une activité,
- ou constamment en train de demander :
“et maintenant ?”
Comme si leur attention avait du mal :
à se poser vraiment quelque part.
Alors petit à petit, nous avons commencé à protéger davantage certains moments :
sans écran,
sans programme compliqué,
sans stimulation permanente.
Et nous utilisons plus souvent des jeux éducatifs et supports d’activités pour créer des temps calmes pendant les vacances en famille afin de ralentir un peu ce besoin constant de nouveauté.
Les vacances modernes ressemblent parfois à une course invisible
Et honnêtement, les adultes participent aussi beaucoup à ça.
On veut :
- profiter,
- voir plein de choses,
- créer des souvenirs,
- occuper les enfants,
- “rentabiliser” les vacances.
Alors les journées deviennent parfois :
très remplies.
Je me souviens d’une semaine où nous avions prévu :
- parc,
- plage,
- restaurant,
- excursion,
- marché,
- soirée.
Sur le papier, c’était génial.
Dans la réalité, tout le monde semblait surtout :
fatigué.
Et bizarrement, plus les journées étaient remplies, plus les enfants devenaient :
agités,
impatients,
et émotionnellement dispersés.
Certains enfants semblent incapables de supporter les temps “lents”
Je l’ai particulièrement remarqué avec ma fille.
Quand une activité ralentit un peu :
- elle commence à tourner en rond,
- cherche quelque chose à manger,
- réclame un écran,
- ou demande immédiatement :
ce qu’on fera ensuite.
Pendant longtemps, je pensais qu’elle s’ennuyait simplement.
Aujourd’hui, j’ai plutôt l’impression qu’elle a du mal :
à rester dans un moment calme sans stimulation forte.
Et honnêtement, je crois qu’elle n’est pas la seule.
Les meilleurs moments arrivent souvent quand personne ne cherche à “faire quelque chose”
Ça, c’est probablement la plus grande surprise des dernières années pour moi.
Les souvenirs les plus doux ne sont presque jamais :
les journées les plus remplies.
Ce sont souvent :
- les longues fins d’après-midi,
- les moments où on traîne dehors,
- les jeux inventés sans but,
- ou ces soirées où personne ne regarde vraiment l’heure.
Je me souviens d’une soirée très simple où :
- les enfants jouaient avec un tuyau d’arrosage,
- quelqu’un préparait des sandwichs,
- les voisins discutaient dehors,
- et personne ne demandait :
“on fait quoi maintenant ?”
Il n’y avait rien d’extraordinaire.
Mais toute la maison semblait :
calme.
Vraiment calme.
Les enfants ont parfois besoin d’apprendre à rester dans un moment sans chercher immédiatement le suivant
Et honnêtement, je crois que c’est devenu difficile pour beaucoup de monde.
Pas seulement les enfants.
Moi aussi, parfois, j’attrape mon téléphone dès qu’il y a :
- un silence,
- une attente,
- un moment vide.
Alors forcément, eux grandissent dans ce rythme-là.
Aujourd’hui, j’essaie moins :
de remplir les journées.
Et davantage :
de ralentir certaines transitions.
Un goûter qui dure.
Un jeu qui traîne.
Une promenade sans objectif précis.
Parfois les enfants râlent au début.
Parfois ils disent qu’ils s’ennuient.
Puis quelque chose finit souvent par changer.
Le rythme descend un peu.
Les voix aussi.
Et soudain, sans qu’on sache exactement quand, la journée recommence enfin :
à ressembler à des vacances.



