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Inclusion scolaire : participer à la cantine, aux récréations et aux sorties

À l'école, la journée ne se résume pas à la classe. Repas, cour, sorties, accueil périscolaire et voyages peuvent poser des obstacles à un enfant en situation de handicap, et chacun de ces moments a ses propres règles et responsables. Les préparer tôt, avec les bonnes personnes, laisse le temps de chercher des solutions.

En bref

La participation se prépare moment par moment, car chaque temps a ses responsables : l'école pour les sorties et la récréation, la commune ou l'établissement pour la cantine, l'organisateur pour le périscolaire, le directeur académique pour l'AESH à midi. Les règles diffèrent d'un moment à l'autre : parlez-en tôt, transmettez les repères utiles et faites préciser qui fait quoi.

Pourquoi ces moments demandent une préparation à part

En classe, l'enfant retrouve son enseignant, sa place et ses habitudes. Hors de la classe, beaucoup de choses changent : les adultes présents, le bruit, l'espace, le rythme, les règles jamais dites. Un élève à l'aise en classe peut se retrouver en difficulté à midi ou dans la cour.

L'article L111-1 du code de l'éducation pose le principe : le service public de l'éducation « veille à la scolarisation inclusive de tous les enfants, sans aucune distinction ». Mais chaque moment de la journée relève de textes et de responsables différents. Il vaut donc mieux savoir, pour chacun, qui organise et qui décide. Pour le cadre général, partez de ces repères sur l'inclusion scolaire.

Les situations sont variées : enfant dont le handicap est reconnu, avec un projet personnalisé de scolarisation (PPS) ; élève avec un projet d'accueil individualisé (PAI) pour raison de santé ou un plan d'accompagnement personnalisé (PAP) ; enfant sans document particulier. Le cadre change, pas la question de départ : qu'est-ce qui aide votre enfant à participer à ce moment-là ? Pour situer ces documents, consultez les repères sur PAP, PPS et MDPH. Si un trouble particulier est en cause, prenez le temps de comprendre les difficultés et troubles concernés : cela aide à expliquer à l'école ce qui gêne votre enfant.

Cinq moments, cinq façons de s'y préparer

Les sorties scolaires

L'obstacle est souvent logistique : un car non accessible, un lieu de visite mal adapté, une journée longue, un soin à assurer hors de l'école. Demandez tôt la destination, le transport et le programme, puis signalez ce dont votre enfant a besoin.

Dans les écoles, collèges et lycées publics, la référence est la circulaire du 13 juin 2023, en vigueur depuis le 1er septembre 2023. Dans le privé, interrogez l'établissement. Cette circulaire demande que la participation des élèves en situation de handicap soit « anticipée sous tous ses aspects : destination, transport, aide humaine, organisation de soins, hébergement le cas échéant, etc. ». Les frais supplémentaires liés à cette participation ne peuvent en aucun cas être imputés à la famille. Le texte parle d'aide humaine sans détailler le rôle de l'accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) : posez la question au directeur d'école ou au chef d'établissement, qui autorise la sortie, et à l'enseignant référent. Vous pouvez ensuite préparer la participation aux sorties point par point.

La cantine et la pause de midi

Le repas cumule les difficultés possibles : bruit, attente, plateau à porter, temps limité, adultes qui ne sont pas ceux de la classe. Il est utile d'en parler avant les premiers jours, de demander à voir les lieux et de proposer des solutions simples, comme une place fixe à table.

L'article L131-13 du code de l'éducation vise les écoles primaires : l'inscription à la cantine, « lorsque ce service existe », est un droit pour tous les enfants scolarisés, sans discrimination selon leur situation ou celle de leur famille. Ce texte ne crée donc pas le service. Pour l'inscription et les tarifs, renseignez-vous auprès de la mairie ou de l'établissement. Dans le public, la mairie est responsable de la surveillance des élèves de l'école primaire pendant la cantine.

L'aide humaine à midi suit une logique à part. Depuis la rentrée 2024, l'article L917-1 du code de l'éducation prévoit que les AESH sont rémunérés par l'État durant la pause méridienne. Mais selon la foire aux questions d'éduscol de septembre 2025, il n'y a « pas d'attribution automatique », et les décisions de la MDPH ne peuvent concerner que le temps scolaire. L'Éducation nationale expertise le besoin, puis le directeur académique décide. Les procédures varient selon l'académie, et l'accompagnement est majoritairement collectif. Adressez-vous au directeur d'école ou au chef d'établissement, qui renseigne la fiche d'évaluation avec l'appui de l'enseignant référent. Vous pourrez alors organiser l'accueil à la cantine avec l'école et le service de restauration.

La récréation

La cour est souvent le moment le moins cadré de la journée. Votre enfant peut y être gêné par le bruit, les bousculades ou des règles de jeu jamais expliquées, ou se retrouver seul. L'article D321-12 du code de l'éducation règle la surveillance, répartie entre les maîtres en conseil des maîtres de l'école. Aucun texte identifié ne traite de la participation de l'élève, ni du rôle de l'AESH à ce moment. Les solutions se discutent donc avec l'école, comme des idées et non comme des règles : expliquer un jeu, prévoir un endroit calme où se retirer, repérer un adulte à qui s'adresser. D'autres pistes peuvent aider votre enfant à trouver sa place à la récréation.

L'accueil périscolaire

Garderie, accueil du soir ou du mercredi : l'équipe n'est plus celle de la classe, et ce qui fonctionne dans la journée ne lui est pas toujours transmis. À l'école primaire, les enseignants surveillent les élèves jusqu'à leur prise en charge, puis la responsabilité passe à l'organisateur. Il est utile de rencontrer le responsable de l'accueil avant le premier jour. Si votre enfant a un PAI, vérifiez auprès du directeur ou du chef d'établissement qu'il a bien été transmis au responsable du périscolaire et à la collectivité concernée.

Ces activités sont facultatives, et leur existence dépend de chaque organisateur. Lorsqu'une collectivité territoriale les organise, le Conseil d'État a jugé, le 20 novembre 2020 (décision n° 422248), qu'elle doit veiller à ce que l'enfant en situation de handicap puisse y avoir effectivement accès, avec le cas échéant ses aides, et qu'il lui revient d'assurer la charge financière de cette aide. L'aide fixée par la commission de la MDPH (CDAPH) porte sur le temps scolaire. Cette décision reste la référence pour les temps périscolaires autres que midi, car la loi de 2024 a transféré à l'État la seule pause méridienne. Vous pouvez ainsi préparer l'accueil périscolaire avec l'équipe concernée.

Le voyage scolaire avec nuitée

Une nuit hors de la maison ajoute des questions : hébergement, rythme, soins du soir et du matin, autonomie. La circulaire du 13 juin 2023 présente le voyage comme une sortie facultative. Dans le premier degré, il est autorisé par l'inspecteur de l'éducation nationale après accord du directeur d'école ; dans le second degré, par le chef d'établissement. Une réunion d'information est organisée pour les parents à chaque voyage, mais il est utile de signaler les besoins de votre enfant avant. Si votre enfant a un PAI, celui-ci précise s'il peut participer aux sorties avec ou sans nuitée. La présence de l'AESH la nuit relève de pratiques académiques, pas d'une règle nationale identifiée : posez la question au directeur d'école ou au chef d'établissement. Mieux vaut ensuite anticiper un voyage avec nuitée dans le détail, avec l'équipe.

Vous recherchez un ou une orthophoniste pour vous ou votre enfant ?

Décrivez votre besoin et indiquez votre commune. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur. Ce formulaire sert uniquement à rechercher un ou une orthophoniste : il ne permet pas de demander une AESH, un aménagement ou un dossier MDPH.

Décrire mon besoin et rechercher votre orthophoniste

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Les démarches et les personnes à qui parler

Le directeur d'école ou le chef d'établissement reste le premier contact. L'enseignant référent est l'interlocuteur privilégié de l'élève en situation de handicap et de sa famille. Il réunit l'équipe de suivi de la scolarisation, à laquelle un responsable du temps périscolaire peut être invité. Selon le département, un pôle inclusif d'accompagnement localisé (PIAL) ou un pôle d'appui à la scolarité (PAS) coordonne l'accompagnement humain. Les responsables légaux peuvent saisir le PAS, sans que cela remplace la MDPH. Vous retrouverez le rôle de chacun parmi les aides à l'école.

Ce tableau résume qui décide ou organise. Ce que les textes ne règlent pas se discute avec ces interlocuteurs et peut varier selon l'école, la commune ou l'académie.

MomentQui décide ou organiseÀ qui poser la question
Sortie sans nuitéeDirecteur d'école, ou chef d'établissement dans le second degréLa même personne ; pour l'aide humaine, l'enseignant référent, le PIAL ou le PAS selon le département
Voyage avec nuitéeInspecteur de l'éducation nationale après accord du directeur d'école ; chef d'établissement dans le second degré, avec accord du conseil d'administration sur la programmation et le financementDirecteur d'école ou chef d'établissement
CantineInscription : droit à l'école primaire lorsque le service existe ; surveillance : mairie dans le publicMairie ou établissement, selon qui gère le service
AESH à midiDirecteur académique, après expertise de l'Éducation nationaleDirecteur d'école ou chef d'établissement
Accueil périscolaireOrganisateur de l'activitéResponsable de l'activité
RécréationSurveillance répartie en conseil des maîtres ; participation : pas de règle identifiéeL'école

La place de l'orthophoniste et des autres professionnels

Tous les élèves concernés ne suivent pas de séances d'orthophonie. Si c'est le cas de votre enfant, l'orthophoniste peut aider à repérer ce qui facilite la communication dans ces moments, par exemple pour se faire comprendre à la cantine ou dans la cour. Les informations de santé sont couvertes par le secret professionnel : parlez ensemble de ce qui peut être transmis à l'école.

D'autres interlocuteurs peuvent être plus utiles selon le moment : le médecin de l'éducation nationale ou de PMI pour un PAI, l'équipe d'un service d'éducation spéciale et de soins à domicile (SESSAD) quand elle intervient déjà dans les lieux de vie de l'enfant, l'enseignant référent pour le PPS. Si vous cherchez un ou une orthophoniste, le formulaire de demande de l'espace Orthophonie sert uniquement à cette recherche : ce n'est ni une demande d'AESH, ni un dossier MDPH, ni une demande d'aménagement. Une demande enregistrée n'est pas un rendez-vous, et aucun rendez-vous n'est garanti.

Conseils pratiques : ce qui se répète d'un moment à l'autre

D'une situation à l'autre, quatre réflexes reviennent. Ce sont des conseils, pas des obligations.

  • Transmettre les repères. Une fiche courte vaut mieux qu'un long dossier : ce qui aide, ce qui gêne, comment réagir si votre enfant est en difficulté. Vous pouvez décrire des besoins concrets sans détailler le dossier médical.
  • Désigner qui fait quoi. Il est utile de savoir quel adulte est présent, qui a reçu l'information et qui vous prévient en cas de problème. Gardez une trace écrite des réponses : une absence ou un changement d'équipe se gère alors plus facilement.
  • Anticiper plutôt que réagir. Une question posée au moment du projet laisse plus de solutions qu'une difficulté découverte la veille. Demandez le calendrier des sorties, reparlez du repas et de la cour à la rentrée, puis faites un point après les premières semaines.
  • Associer votre enfant. Demandez-lui, avec des mots ou des images adaptés à son âge, quels moments se passent bien et lesquels sont plus difficiles. Il est utile de noter aussi ce qu'il propose.

Vous recherchez un ou une orthophoniste pour vous ou votre enfant ?

Indiquez votre commune et décrivez votre besoin. Le motif est déjà proposé, vous pouvez le modifier. Ce formulaire sert uniquement à rechercher un ou une orthophoniste : il ne permet pas de demander une AESH, un aménagement ou un dossier MDPH.

Décrire mon besoin et rechercher votre orthophoniste

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Questions fréquentes

Un enfant en situation de handicap peut-il être inscrit à la cantine ?

À l'école primaire, oui, lorsque le service existe : l'article L131-13 du code de l'éducation en fait un droit pour tous les enfants scolarisés. Ce texte n'oblige pas à créer le service là où il n'existe pas. Pour les modalités et les tarifs, interrogez la mairie ou l'établissement.

L'AESH présent en classe reste-t-il automatiquement à midi ?

Non. La notification de la MDPH porte sur le temps scolaire, et l'accompagnement à midi fait l'objet d'une décision distincte du directeur académique, après expertise de l'Éducation nationale. Chaque académie a ses procédures. Le directeur d'école ou le chef d'établissement peut vous indiquer la marche à suivre.

Qui paie les frais liés au handicap lors d'une sortie scolaire ?

Dans les écoles, collèges et lycées publics, la circulaire du 13 juin 2023 exclut que les frais supplémentaires liés au handicap ou à un besoin médical spécifique soient imputés à la famille. Si une somme vous est demandée, faites préciser à quoi elle correspond auprès du directeur d'école ou du chef d'établissement.

Qui finance l'aide humaine pendant l'accueil périscolaire ?

Selon la décision du Conseil d'État du 20 novembre 2020, cette charge revient à la collectivité territoriale qui organise l'activité. Sur la pause méridienne, le payeur a changé avec la loi de 2024 : c'est l'État. L'organisateur de l'activité reste votre premier interlocuteur pour les autres temps périscolaires.

L'AESH doit-il accompagner mon enfant à la récréation ?

Aucun texte identifié ne précise le rôle de l'AESH à ce moment. Le code de l'éducation règle seulement la surveillance, organisée par les enseignants de l'école. Posez la question au directeur ou à l'enseignant référent pour savoir comment l'école s'organise.

Faut-il attendre une décision de la MDPH pour parler de ces moments à l'école ?

Non. Vous pouvez en parler dès que possible au directeur d'école, au chef d'établissement ou à l'enseignant référent. Selon la circulaire du 1er septembre 2025, le pôle d'appui à la scolarité, là où il existe, peut être saisi par les responsables légaux, et sa réponse de premier niveau ne nécessite pas nécessairement une notification préalable. Il ne remplace pas la MDPH, que les familles saisissent chaque fois qu'elles le souhaitent.

Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.