Aller au contenu

Aider l'élève à exprimer ses besoins et à participer aux décisions

À l'école, un enfant ne dit pas toujours ce qui l'aide, ce qui le gêne ou ce qu'il préfère. Son point de vue peut pourtant aider les adultes à ajuster un accompagnement. Des questions simples et des supports adaptés à son âge et à ses moyens de communication permettent de le recueillir, sans lui faire porter les décisions.

En bref

Pour aider un enfant à exprimer ses besoins à l'école, posez-lui des questions concrètes sur des moments précis, en utilisant ses moyens de communication : parole, images, gestes ou outil de communication alternative. Son avis éclaire les adultes, qui restent responsables des décisions. Il est ensuite utile de vérifier avec lui, et par des observations, si l'aide lui convient.

Recueillir son avis sans lui faire porter la décision

Participer ne veut pas dire décider seul. Un enfant peut dire ce qui l'aide, ce qui le fatigue ou ce qu'il préfère. Le choix final reste celui des adultes et des instances compétentes. Le lui expliquer peut le soulager : il donne son avis, il n'a pas à porter le résultat.

L'article 12 de la Convention relative aux droits de l'enfant garantit à l'enfant « qui est capable de discernement » le droit d'exprimer librement son opinion sur toute question l'intéressant. Cette opinion est prise en considération selon son âge et son degré de maturité. C'est un principe général : on ne peut pas en déduire que l'enfant doit être présent à une réunion scolaire.

Les textes scolaires offrent d'autres points d'appui. Pour le projet d'accueil individualisé (PAI), la circulaire du 10 février 2021 écrit : « L'enfant ou l'adolescent est pleinement associé. » Pour le projet personnalisé de scolarisation (PPS), le ministère de l'Éducation nationale parle de tenir compte « de ses souhaits ou de ceux de ses parents ». L'article L114-1-1 du code de l'action sociale et des familles évoque un projet de vie formulé par la personne elle-même ou, à défaut, avec ou pour elle par son représentant légal.

Aucun guide officiel identifié ne donne de méthode pour recueillir l'avis d'un élève mineur, en dehors des rubriques du GEVA-Sco, le document qui recueille les besoins de scolarisation pour la maison départementale des personnes handicapées (MDPH). Les pistes pour l'aider à s'exprimer relèvent donc du conseil pratique, pas d'une obligation.

Les situations où son point de vue est utile

La question ne concerne pas seulement les élèves en situation de handicap : elle touche plus largement à l'inclusion scolaire de chaque élève. Tout enfant qui rencontre une difficulté durable peut avoir un avis sur ce qui l'aide. Il est utile de l'interroger à plusieurs moments :

  • à la rentrée, ou quand un nouvel adulte l'accompagne ;
  • quand une aide commence, change ou s'arrête ;
  • avant une réunion avec l'école ;
  • quand un temps hors de la classe pose problème : cantine, récréation, sortie, accueil périscolaire ;
  • à l'approche d'un changement de classe, de cycle ou d'école ;
  • quand vous remarquez une fatigue inhabituelle, un refus d'aller à l'école ou un silence qui s'installe.

Ces signes ne suffisent pas à en identifier la cause : cela relève du médecin et, selon la difficulté, d'un bilan. Pour comprendre un trouble précis, appuyez-vous sur les repères consacrés aux difficultés et troubles.

Vous recherchez un ou une orthophoniste pour vous ou votre enfant ?

Décrivez votre besoin et indiquez votre commune. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur. Ce formulaire sert uniquement à rechercher un ou une orthophoniste : il ne permet pas de demander une AESH, un aménagement ou un dossier MDPH.

Décrire mon besoin et rechercher votre orthophoniste

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Comment aider un enfant à exprimer ses besoins à l'école ?

Un enfant répond souvent plus facilement à une question sur un moment précis qu'à une question générale comme « De quoi as-tu besoin ? ». Il est utile de partir de sa journée réelle et de choisir un moment calme, sans en faire un interrogatoire.

Des questions concrètes

  • « À quel moment de la journée est-ce le plus facile ? Le plus difficile ? »
  • « Quand on t'explique un exercice, qu'est-ce qui t'aide à comprendre ? »
  • « Qu'est-ce que tu voudrais garder ? Qu'est-ce que tu voudrais changer ? »
  • « Préfères-tu qu'un adulte reste à côté de toi, ou pouvoir demander de l'aide quand tu en as besoin ? »
  • « Que veux-tu que l'on dise à ton enseignant ? Que préfères-tu garder pour toi ? »

Reformulez ensuite ce que vous avez compris et vérifiez auprès de lui. Évitez de proposer la réponse que vous attendez. Acceptez aussi qu'il n'ait pas de réponse : la question pourra revenir plus tard.

Selon son âge

Avec un jeune enfant, appuyez-vous sur une photo de la classe, un dessin ou un choix entre deux images. À l'école élémentaire, une échelle simple (facile, moyen, difficile) permet de situer les moments de la journée. Un collégien ou un lycéen peut écrire quelques lignes et choisir ce qu'il souhaite dire aux adultes. Ces éléments peuvent ensuite nourrir la fiche « Ce qui m'aide à l'école », à construire avec lui.

Sans parole ou avec une communication alternative

Un enfant qui parle peu ou pas du tout a aussi un avis. Il peut l'exprimer par des gestes, des signes, des pictogrammes, le regard, une tablette ou ses réactions à une proposition. Utilisez le moyen qu'il emploie déjà au quotidien et laissez-lui le temps de répondre. Proposez de vrais choix, par exemple entre deux images, sans orienter la réponse. Si l'enfant dispose d'un outil de communication alternative et améliorée, il est utile qu'il l'ait aussi à l'école. Quand une réponse reste incertaine, présentez-la comme une observation des adultes, pas comme ses propres mots.

Comment savoir si une aide convient à l'élève ?

Aucun indicateur unique ne le dit. Il est utile de croiser ce que l'élève en dit, ce que les adultes observent et ce qui évolue avec le temps.

  • Le retour de l'élève. Demandez-lui si l'aide lui sert, si elle arrive au bon moment et si elle le gêne devant les autres. Une aide utile mais mal vécue mérite d'être revue.
  • Les observations. Regardez ce qui change : activités terminées, participation, fatigue, envie d'aller à l'école. Comparez ce que voient l'enseignant, la personne qui l'accompagne et la famille.
  • Les ajustements. Quand c'est possible, changez un seul élément à la fois, sur une période convenue, puis refaites le point avec lui. Une aide devenue inutile peut aussi se discuter.

Certains ajustements se règlent avec l'enseignant. D'autres repassent par le cadre qui a posé l'aide. Le PPS peut être revu à votre demande ou si la situation de votre enfant évolue, et le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) est révisé tous les ans. Pour un accompagnement humain décidé dans le cadre de la MDPH, posez la question à l'enseignant référent.

Où sa parole peut trouver sa place

Chaque cadre a son interlocuteur et ses propres règles. Pour les distinguer, appuyez-vous aussi sur les repères PAP, PPS et MDPH.

CadreQui réunit ou décidePlace de l'élève dans les textes
Équipe de suivi de la scolarisation (ESS)Réunie par l'enseignant référentL'article D351-10 du code de l'éducation cite « l'élève, ou ses parents, ou son représentant légal » : la présence du mineur n'est ni imposée ni exclue
Équipe éducativeRéunie par le directeur d'écoleL'article D321-16 du code de l'éducation cite les parents concernés, sans prévoir ni interdire la présence de l'élève
GEVA-ScoRenseigné par l'équipe éducative, ou par l'enseignant référent en réexamen, pour la MDPHRubrique « Remarques de l'élève et/ou de ses parents »
PPSLa commission de la MDPH (CDAPH), au vu du projet de l'équipe pluridisciplinaireLes articles D351-6 et D351-7 du code de l'éducation citent l'élève majeur ou, s'il est mineur, ses parents ou son représentant légal
PAILe médecin de l'éducation nationale ou de PMI valide et signe ; le directeur ou le chef d'établissement est responsable de l'applicationÉlève associé, selon la circulaire du 10 février 2021
PAPLe directeur ou le chef d'établissement élabore, après avis du médecin de l'éducation nationaleDemande de l'élève majeur ou, s'il est mineur, de ses parents ou de son responsable légal, ou proposition de l'école

Le « et/ou » du GEVA-Sco ne garantit pas une expression distincte de l'élève : il est utile de demander que ses propos soient notés en son nom. L'application du livret de parcours inclusif prévoit, elle, des rubriques distinctes « Remarques de l'élève » et « Remarques de la famille ». Le GEVA-Sco est un recueil d'informations pour la MDPH, pas une décision. En cas de désaccord, vous pouvez le dire lors de la réunion, ou auprès de la MDPH par courrier ou en demandant un rendez-vous avec l'équipe pluridisciplinaire.

La circulaire « Pour une École inclusive » du 5 juin 2019 prévoit aussi un entretien avec la famille, l'enseignant de la classe ou le professeur principal et, lorsque l'élève est accompagné, le ou les accompagnants (AESH), avant les congés d'automne. Vous pouvez y rapporter ce que votre enfant a exprimé.

La présence de l'enfant à une réunion se discute au cas par cas, avec l'enseignant référent ou le directeur d'école. Il peut venir sur une partie de la réunion, ou confier un écrit, un dessin ou un message à un parent. Dans tous les cas, il est utile de préparer la réunion avec l'enfant.

La place de l'orthophoniste et des autres professionnels

Les premiers interlocuteurs sont souvent à l'école : l'enseignant, le directeur d'école ou le chef d'établissement et, pour un élève qui a un PPS, l'enseignant référent. L'équipe éducative peut associer le psychologue scolaire, les enseignants spécialisés et, éventuellement, le médecin de l'éducation nationale, l'infirmière scolaire ou l'assistante sociale.

Tous les élèves concernés ne suivent pas de séances d'orthophonie. Quand c'est le cas, l'orthophoniste peut aider l'enfant à dire ce qui l'aide ou à utiliser ses supports de communication, si cela entre dans le suivi. Le personnel soignant peut être invité à l'ESS. Le secret professionnel couvre ce que l'orthophoniste apprend sur l'enfant (article L1110-4 du code de la santé publique) : il est utile de convenir ensemble de ce qui peut être dit à l'école. Des repères existent pour coordonner l'école et les professionnels.

Selon la FNO, sa grille d'impact résiduel, document facultatif, est signée et datée par la famille, le jeune et l'orthophoniste.

Si vous cherchez un ou une orthophoniste, le formulaire de demande sert uniquement à cette recherche. Il ne remplace ni une demande d'AESH, ni un dossier MDPH, ni une demande d'aménagement, et une demande déposée n'est pas un rendez-vous.

Conseils pratiques pour les parents

  • Expliquez-lui à quoi sert sa parole : aider les adultes à comprendre, pas trancher à leur place.
  • Notez ses mots tels quels, et distinguez-les de ce que les adultes en comprennent.
  • Ne l'obligez pas à parler devant un groupe : un écrit, un dessin ou un support visuel peuvent suffire.
  • Après une réunion, dites-lui ce qui a été retenu et, si une demande n'aboutit pas, expliquez pourquoi.
  • Gardez une trace courte des aides essayées et de ce qu'il en a dit.

Vous recherchez un ou une orthophoniste pour vous ou votre enfant ?

Indiquez votre commune et décrivez votre besoin. Le motif est déjà proposé, vous pouvez le modifier. Ce formulaire sert uniquement à rechercher un ou une orthophoniste : il ne permet pas de demander une AESH, un aménagement ou un dossier MDPH.

Décrire mon besoin et rechercher votre orthophoniste

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Questions fréquentes

Comment aider un enfant à exprimer ses besoins à l'école s'il ne sait pas quoi dire ?

Proposez-lui de partir d'un moment précis, comme l'entrée en classe ou la cantine, plutôt que de ses besoins en général. Vous pouvez lui offrir deux réponses possibles, un dessin ou une échelle simple. S'il ne trouve rien ce jour-là, la question peut attendre un autre moment.

Mon enfant doit-il assister aux réunions scolaires qui le concernent ?

Pour l'équipe de suivi de la scolarisation, l'article D351-10 du code de l'éducation ne rend pas obligatoire la présence d'un élève mineur et ne l'exclut pas. Pour l'équipe éducative, le texte cite les parents concernés, sans prévoir ni interdire sa présence. Posez la question à l'enseignant référent ou au directeur d'école. L'enfant peut aussi faire passer son avis par un écrit ou un dessin.

Mon enfant ne parle pas : peut-il quand même donner son avis ?

Oui, avec le moyen de communication qu'il utilise déjà : gestes, signes, pictogrammes, regard ou tablette. Il a besoin de vrais choix et de temps pour répondre. Notez alors ce qu'il a exprimé et précisez ce qui reste une interprétation des adultes.

Comment savoir si une aide convient quand l'élève dit que tout va bien ?

Sa réponse compte, mais elle ne suffit pas toujours. Demandez-lui ce qui serait plus difficile sans cette aide, et comparez avec ce qu'observent l'enseignant et la famille. Refaire le point plus tard permet de voir si l'impression se confirme.

Que faire si mon enfant et l'école ne sont pas du même avis ?

Rapportez son point de vue tel quel et demandez qu'il soit pris en compte dans les échanges. L'avis de l'élève éclaire les décisions sans les emporter à lui seul. Si le désaccord concerne le GEVA-Sco, vous pouvez le dire lors de la réunion ou auprès de la MDPH.

Faut-il consulter un ou une orthophoniste pour aider mon enfant à s'exprimer à l'école ?

Pas forcément : une difficulté à dire ses besoins peut d'abord se travailler avec l'école et la famille. Si c'est sa façon de parler ou de comprendre qui vous inquiète, parlez-en à son médecin. Selon la difficulté, un bilan pourra préciser ce qui se passe.

Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.