Ce qu'il faut savoir d'abord : ce qui dépend de qui
Aucun article de code ne vise les séances d'orthophonie, et l'organisation se voit avec l'école ou l'établissement. Deux sujets gagnent à rester séparés : le motif de l'absence, puis la sortie de l'élève avec un accompagnateur.
Le motif de l'absence
L'article L131-8 du code de l'éducation donne une liste de motifs réputés légitimes. La « maladie de l'enfant » y figure, mais les soins n'y sont pas nommés, et rien n'y indique si une séance programmée en relève. Les autres motifs sont appréciés par l'autorité de l'État compétente en matière d'éducation.
Pour une absence prévisible, l'article R131-5 du code de l'éducation demande à la famille d'informer à l'avance le directeur de l'école ou le chef d'établissement, et d'en préciser le motif. En cas de doute sérieux, la famille est invitée à présenter une demande d'autorisation d'absence, transmise au directeur académique des services de l'éducation nationale.
La sortie et l'accompagnateur
Dans les écoles maternelles et élémentaires publiques, selon la circulaire de 1997 (n° 97-178 du 18 septembre 1997), le directeur ou la directrice peut autoriser une sortie individuelle pour des soins, à condition qu'un accompagnateur soit présent : un parent ou une personne présentée par la famille. Selon le ministre, dans sa réponse du 12 juillet 2005, cela se fait selon des dispositions établies à l'avance : l'enseignant remet l'élève à l'accompagnateur, qui le raccompagne ensuite dans sa classe.
Ce texte est ancien : il est utile de demander à l'école comment elle l'applique. Il vise les écoles publiques. Au collège, au lycée et dans le privé, l'organisation se voit directement avec l'établissement.
Comment préparer la sortie, et avec qui
Le premier interlocuteur est le directeur ou la directrice d'école, ou le chef d'établissement. Il est utile d'associer l'enseignant, ou le professeur principal dans le second degré, car le retour en classe se joue aussi avec lui. Pour un premier échange, ces éléments aident à avancer :
- le jour et le créneau de la séance, trajet compris ;
- la période envisagée, si vous la connaissez ;
- le nom de la personne qui accompagne, et celui d'une personne de secours ;
- le lieu et le moment où l'élève quitte la classe, puis la retrouve.
Quelques exemples montrent ce que cela peut donner :
- À l'école publique, un grand-parent présenté par la famille vient chercher l'élève auprès de l'enseignant le mardi en fin de matinée, puis le raccompagne dans sa classe.
- Au collège, la famille demande au chef d'établissement comment l'élève sort et revient, et compare le créneau possible avec l'emploi du temps.
- Pour un élève en situation de handicap qui a un projet personnalisé de scolarisation (PPS), la famille s'adresse à l'enseignant référent, y compris pour savoir ce qui est prévu si un accompagnant des élèves en situation de handicap (AESH) intervient sur ce créneau.
Certains documents peuvent mentionner ces soins. Le projet d'accueil individualisé (PAI) peut préciser la fréquence, la durée et le contenu d'interventions paramédicales ; depuis 2015, dyslexie, dysphasie et troubles du langage n'en relèvent plus en tant que tels. Le PPS définit et coordonne notamment les actions médicales et paramédicales (article D351-5 du code de l'éducation). Selon le ministère de l'Éducation nationale, le plan d'accompagnement personnalisé (PAP) peut prévoir une prise en charge extérieure durant les heures scolaires. Pour situer ces documents dans le parcours de l'élève, les repères pour concilier scolarité et soins sont utiles.
L'échange avec l'école porte sur l'organisation, pas sur le trouble lui-même. Pour comprendre une difficulté, tournez-vous plutôt vers les repères sur les difficultés et troubles.
Conseils pratiques pour la sortie et le retour en classe
Il est utile de voir le créneau avec l'orthophoniste avant de revenir vers l'école, car ce créneau dépend aussi de son agenda. Les repères sur le suivi des séances d'orthophonie peuvent nourrir cette discussion. Prévenez l'école dès qu'un rendez-vous est déplacé ou annulé, et expliquez à l'enfant qui viendra le chercher, où et à quel moment.
Le retour en classe se prépare aussi. L'élève reprend en cours d'activité, parfois fatigué. Il est utile de convenir avec l'enseignant d'une façon simple de reprendre : une place à rejoindre sans interrompre, un camarade ou un adulte qui indique où en est la classe, le travail à rattraper. Vous pouvez aussi préparer avec l'enfant une réponse courte si des camarades lui demandent où il était.
Pour les leçons manquées, la circulaire n° 2014-159 demande aux professeurs d'y veiller « dans toute la mesure du possible », ce qui n'est pas une garantie. Il est donc utile de définir ensemble l'essentiel à rattraper, pour organiser la continuité des apprentissages sans surcharger l'élève.
Les questions à aborder en cas de difficulté
- Le créneau tombe-t-il sur un cours difficile à rattraper, et un autre moment est-il possible ?
- Comment le travail manqué est-il transmis, et par qui ?
- Comment l'élève vit-il ces sorties devant les autres ?
- Que faire si l'accompagnateur a un empêchement ou si la séance finit plus tard que prévu ?
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Les points à anticiper, et ce qu'il vaut mieux éviter
Le trajet. Sur ce point, le repère reste celui de la circulaire de 1997 : un accompagnateur, la remise de l'élève et son retour en classe. Si la question de la responsabilité vous préoccupe, posez-la à l'école plutôt que de tenir une réponse pour acquise.
Les absences répétées. Justifiées ou non, elles conduisent le directeur de l'école ou le chef d'établissement à engager un dialogue avec la famille (article R131-6 du code de l'éducation). Mieux vaut en parler en amont, et repérer dans le règlement intérieur les modalités de contrôle de l'assiduité.
Les justificatifs. Service public indique qu'un certificat médical n'est à fournir que pour une maladie contagieuse. Cette indication concerne la justification d'une absence, pas l'organisation d'une sortie régulière : si l'école demande un document pour cela, demandez lequel et à quoi il servira.
Les séances dans l'école. Aucune règle générale consultée ne prévoit l'accès de l'orthophoniste à l'école : mieux vaut ne pas le tenir pour acquis. Le protocole entre l'UNCAM et la FNO, en vigueur depuis le 15 juillet 2019, porte sur le remboursement. Il permet, à titre dérogatoire et sous conditions, la prise en charge de séances en milieu scolaire pour un patient dont le handicap est reconnu à 50 % ou plus. Il ne crée pas de droit d'entrer dans l'école et ne concerne pas tous les enfants suivis. La circulaire du 1er septembre 2025 sur les pôles d'appui à la scolarité (PAS) demande aux équipes de construire les conditions les plus facilitantes pour ces interventions, sans ouvrir de droit d'accès.
Les formulations trop fermes. Évitez de présenter la circulaire de 1997 comme une loi, ou une position syndicale comme une règle. Partir de l'organisation concrète est souvent plus simple qu'un rappel de texte.
Vers qui se tourner en cas de difficulté
Commencez par le directeur ou la directrice d'école, ou le chef d'établissement, en demandant ce qui fait obstacle : le créneau, l'accompagnateur, le motif de l'absence ou le retour en classe. La réponse indique souvent à qui s'adresser ensuite.
À l'école, vous pouvez demander une réunion de l'équipe éducative, que le directeur ou la directrice réunit. Pour un élève avec un PPS, l'enseignant référent réunit l'équipe de suivi de la scolarisation, à laquelle des soignants peuvent être invités. Les repères pour coordonner l'école et les professionnels aident à préparer ces échanges. Là où il en existe un, un PAS peut aussi être saisi par les responsables légaux de l'élève.
Selon la FNO, plusieurs académies préciseraient, en l'absence de PAI ou de PPS, que le directeur ou la directrice détermine si les soins peuvent avoir lieu sur le temps scolaire : c'est une pratique rapportée, pas une règle. La FNO propose aussi des modèles de courrier à utiliser après un refus. Ils ne sont pas officiels et ne distinguent pas toujours le motif de l'absence de la sortie : gardez ces deux sujets séparés si vous vous en inspirez.
Parlez-en aussi avec l'orthophoniste pour chercher un autre créneau, selon ses disponibilités. Si votre enfant n'a pas encore de suivi, vous pouvez trouver un ou une orthophoniste près de chez vous, sans garantie de place ni de rendez-vous.
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Questions fréquentes
Peut-on voir un ou une orthophoniste pendant le temps scolaire ?
Cela peut s'organiser, mais rien n'est automatique. Dans une école publique, la décision de sortie revient au directeur ou à la directrice, selon la circulaire de 1997. Dans les autres cas, la question se pose directement à l'établissement.
Une absence de l'école pour aller chez l'orthophoniste est-elle justifiée ?
L'article L131-8 du code de l'éducation cite la maladie de l'enfant, sans nommer les soins ni trancher le cas d'une séance programmée. Indiquez le motif à l'école à l'avance. En cas de doute sérieux, vous serez invité à présenter une demande d'autorisation d'absence, transmise au directeur académique.
Qui peut accompagner mon enfant à sa séance ?
Dans une école publique, selon la circulaire de 1997, il s'agit d'un parent ou d'une personne présentée par la famille. L'enseignant lui remet l'élève, et cette personne le ramène ensuite dans sa classe. Au collège, au lycée et dans le privé, demandez à l'établissement ce qui est prévu.
Que faire si l'école refuse les soins sur le temps scolaire ?
Demandez d'abord ce qui fait obstacle, car la difficulté peut porter sur le créneau, l'accompagnateur ou le motif. Dans une école, vous pouvez ensuite demander au directeur ou à la directrice une réunion de l'équipe éducative. Si l'élève a un PPS, contactez l'enseignant référent.
Les séances peuvent-elles avoir lieu à l'intérieur de l'école ?
Aucune règle générale ne le prévoit. Le protocole de 2019 concerne le remboursement et vise, à titre dérogatoire, un handicap reconnu à 50 % ou plus. La question se discute avec l'établissement et les équipes qui suivent l'élève.
Comment se passe le retour en classe après le rendez-vous ?
Dans une école publique, selon la circulaire de 1997, l'accompagnateur ramène l'élève dans sa classe. Il est utile de convenir à l'avance avec l'enseignant de la façon de reprendre et du travail à rattraper. Une réponse préparée avec l'enfant peut aussi l'aider si ses camarades posent des questions.
Sources
- Assemblée nationale, question n° 63751, réponse du ministre (12 juillet 2005)
- Service public, Assiduité scolaire et absentéisme (vérifié le 06 novembre 2025)
- FNO, Lien avec l'Éducation nationale (consulté le 02/11/2026)
- Protocole d'accord relatif à l'interprétation du champ d'application de la convention nationale organisant les rapports entre les orthophonistes et l'assurance maladie (en vigueur à compter du 15 juillet 2019)
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.