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Faut-il arrêter une langue lorsque son enfant rencontre des difficultés ?

Quand un enfant qui grandit avec plusieurs langues a du mal à parler, la tentation d'en supprimer une est fréquente. Les sources de référence invitent plutôt à ne pas décider seul, et à faire examiner la situation de l'enfant dans toutes ses langues. Voici ce qu'elles disent, et comment avancer concrètement quand on vit hors de France.

En bref

Non, l'American Academy of Pediatrics déconseille d'arrêter la langue familiale : pour elle comme pour l'ASHA, apprendre plusieurs langues ne cause pas les difficultés de langage, et les familles sont encouragées à garder leurs langues. Cela ne remplace pas un avis individualisé : si les difficultés persistent, un médecin ou un ou une orthophoniste peut regarder la situation de votre enfant.

Ce qui fait penser à supprimer une langue

Un parent peut remarquer que son enfant parle moins que d'autres enfants du même âge, qu'il cherche ses mots, qu'il mélange les langues dans une même phrase, ou qu'il comprend le français sans le parler et répond dans la langue de l'école. Certains enfants parlent beaucoup à la maison et très peu en classe. D'autres délaissent peu à peu une langue au profit de celle qu'ils entendent toute la journée.

À elles seules, ces observations n'indiquent ni un trouble ni un besoin de soins. Elles méritent surtout d'être notées avec précision : dans quelle langue, avec qui, depuis quand, dans quels lieux. Ce récit servira de point de départ à la personne qui examinera votre enfant.

Une situation sort du lot : un enfant qui perd des mots ou des capacités qu'il avait déjà acquis, et pas seulement dans une langue. Dans ce cas, parlez-en rapidement à un médecin.

Ce que le bilinguisme ne cause pas, et ce qui peut jouer

Pour le Royal College of Speech and Language Therapists (RCSLT), l'organisation britannique des orthophonistes, le bilinguisme ne cause pas les troubles de la parole et du langage et n'en est pas un. Le même texte précise que l'influence d'une langue sur l'autre, le passage d'une langue à l'autre et la perte d'une langue sont des phénomènes normaux, et qu'un mauvais diagnostic reste un risque réel.

L'American Academy of Pediatrics et l'ASHA, l'association américaine d'orthophonie, vont dans le même sens : les difficultés de parole ou de langage ne sont pas causées par l'apprentissage de plusieurs langues. Les repères du développement restent les mêmes, avec un premier mot vers 12 mois et des associations de deux mots à 24 mois. Le total des mots compte toutes les langues : un enfant qui connaît 25 mots dans une langue et 25 dans l'autre en connaît 50 en tout.

Que peut-il alors se passer ? Plusieurs éléments peuvent jouer, sans qu'on puisse les départager de loin : la place réelle de chaque langue dans la journée, un changement d'école ou de pays, un temps d'adaptation à une nouvelle langue, mais aussi une difficulté de langage qui existerait avec une seule langue. Seul un bilan permet de faire la part des choses.

Vous souhaitez un avis pour votre enfant ?

Votre demande est d'abord étudiée : selon votre pays, les langues de votre enfant et les modalités possibles, elle pourra être présentée à un ou une orthophoniste partenaire.

Faire une demande concernant mon enfant

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Ce que disent les sources sur l'arrêt d'une langue

L'American Academy of Pediatrics déconseille d'arrêter la langue familiale. Elle rappelle que mélanger les langues est normal, et que vers 3 ans l'enfant les sépare en général selon son interlocuteur. Elle ajoute qu'un ou une orthophoniste peut travailler dans la langue de la famille, ou avec un interprète.

L'ASHA indique que passer d'une langue à l'autre est courant et structuré, et que l'influence d'une langue sur l'autre n'indique pas un trouble. Elle encourage les familles à garder leurs langues, même si on leur a dit de les éviter.

Ces positions visent un point précis : supprimer une langue n'est pas présenté comme la solution à une difficulté de langage. Elles ne dispensent pas d'un regard sur votre enfant. Ce qui convient à sa situation, à sa scolarité et à votre vie quotidienne relève d'une réponse individualisée, pas d'une règle valable pour tous.

Quatre gestes pour les parents

Garder la langue dans laquelle vous échangez le plus naturellement

Continuez à parler la langue qui vous permet de raconter, de plaisanter, de commenter la journée. Un enfant à qui l'on lit une histoire en français chaque soir, en la commentant avec lui, garde un contact vivant avec cette langue.

Noter ce que l'enfant dit et comprend dans chaque langue

Mieux vaut ne pas regarder une seule langue. Un enfant qui nomme certains objets en français et d'autres dans la langue de l'école ne montre qu'une partie de son vocabulaire si l'on ne retient que l'une des deux. Quelques notes datées, dans les deux langues, aident beaucoup celui ou celle qui l'examinera ensuite.

Ne pas corriger chaque mélange de langues

Mélanger est normal. Il est préférable de reprendre simplement la phrase dans la langue de l'échange, sans reproche. Un enfant qui glisse un mot de la langue de l'école dans une phrase en français entend ainsi le modèle attendu et continue à s'exprimer. Si ce mélange vous préoccupe, voyez ce qui concerne le mélange des deux langues.

Informer l'école et le médecin de toutes les langues de l'enfant

Dites quelles langues l'enfant entend et parle, et avec qui. Un enseignant qui voit un enfant silencieux en classe ignore parfois qu'il parle volontiers français à la maison. Cette information évite de tirer des conclusions à partir d'une seule langue. Elle est aussi la base d'un échange sur le langage d'un enfant bilingue.

Qui peut regarder la situation de votre enfant, sur place ou à distance

L'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec conseille de consulter dans trois cas : si le langage évolue peu malgré une exposition suffisante et soutenue pendant plusieurs mois, si les échanges demandent beaucoup d'efforts à l'enfant, ou si le quotidien ou l'école sont touchés. L'inquiétude persistante d'un parent est aussi une raison de demander un avis.

Selon votre pays, l'interlocuteur n'est pas le même. Il peut s'agir du médecin traitant ou du pédiatre sur place, de l'école ou de son équipe d'accompagnement, de votre assureur pour connaître les modalités de remboursement, ou du consulat, dont le site présente parfois une liste de médecins francophones. Les noms du métier changent aussi d'un pays à l'autre, ce qui est utile à savoir pour chercher.

Lors d'une évaluation, demandez que les deux langues d'usage soient prises en compte, avec un interprète si l'orthophoniste ne maîtrise pas l'une d'elles. Évaluer une seule langue ne donne qu'une image partielle du langage d'un enfant bilingue. Pour savoir à quoi vous attendre, voyez le bilan orthophonique d'un enfant bilingue.

Si vous cherchez une réponse en français, un échange à distance avec un ou une orthophoniste peut être envisagé selon la situation, mais rien ne le garantit. Selon la convention française des orthophonistes, le télésoin ne concerne pas les bilans initiaux ; votre pays peut avoir d'autres règles. Voyez les repères sur le suivi en ligne d'un enfant expatrié.

Vous pouvez enfin déposer une demande concernant votre enfant. Selon votre pays et votre besoin, elle pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes. Elle ne constitue pas un rendez-vous, et la mise en relation dépend de leurs disponibilités.

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Indiquez votre pays de résidence. Le motif est déjà proposé, vous pouvez le modifier.

Faire une demande de rendez-vous

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Questions fréquentes

Faut-il arrêter de parler français à son enfant s'il a des difficultés de langage ?

Les organismes de référence déconseillent d'arrêter la langue familiale. L'American Academy of Pediatrics et l'ASHA indiquent que les difficultés de langage ne sont pas causées par l'apprentissage de plusieurs langues. Pour décider de ce qui convient à votre enfant, un avis individualisé reste nécessaire.

Le bilinguisme peut-il causer un retard de langage ?

Pour le RCSLT, l'organisation britannique des orthophonistes, le bilinguisme ne cause pas les troubles de la parole et du langage et n'en est pas un. Les repères du développement sont les mêmes qu'avec une seule langue, et le total des mots compte toutes les langues. Si votre enfant semble en difficulté, faites examiner sa situation plutôt que d'en attribuer la cause aux langues.

Mon enfant mélange les deux langues : est-ce inquiétant ?

Mélanger les langues est normal, selon l'American Academy of Pediatrics. Vers 3 ans, l'enfant les sépare en général selon son interlocuteur. Il est préférable de reprendre simplement la phrase dans la bonne langue, sans reproche.

À partir de quand demander un avis pour un enfant bilingue ?

L'Ordre des orthophonistes et audiologistes du Québec conseille de consulter si le langage évolue peu malgré une exposition suffisante et soutenue pendant plusieurs mois. Il en va de même si les échanges demandent beaucoup d'efforts, ou si le quotidien ou l'école sont touchés. Selon votre pays, vous pouvez en parler d'abord au médecin sur place ou à l'école.

Un travail avec un ou une orthophoniste est-il possible dans la langue de la famille ?

Selon l'American Academy of Pediatrics, un ou une orthophoniste peut travailler dans la langue de la famille, ou avec un interprète. Demandez que les deux langues d'usage soient prises en compte lors de l'évaluation. Ce qui est possible dépend de votre pays et des personnes disponibles.

Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.