Ce que signifie le conseil de l'école
L'enseignant voit votre enfant chaque jour, au milieu d'un groupe. Il remarque ce qui accroche : une lecture qui reste laborieuse, des mots mal prononcés, des consignes mal comprises, une orthographe qui ne progresse pas, des maths qui bloquent. Quand il vous suggère un ou une orthophoniste, il vous partage ces observations et vous invite à les faire vérifier.
Ce conseil ne pose pas de diagnostic. L'école n'est pas là pour dire si votre enfant a un trouble, et elle ne prescrit pas de soins. Seul un bilan orthophonique permet de faire la part des choses. Il peut conclure à un trouble, à un simple décalage qui se rattrape, ou à un besoin d'accompagnement différent.
Vous pouvez aussi être de l'avis inverse : ne rien remarquer à la maison. Cela arrive, parce que l'enfant se débrouille mieux dans un cadre familier. Dans les deux cas, l'observation de l'école mérite d'être prise au sérieux, comme la vôtre. Les documents officiels de repérage le rappellent : toute inquiétude des parents sur le langage ou la communication est à prendre en considération, et aucun signe pris isolément n'a de valeur prédictive.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Étape 1 : comprendre ce que l'école a observé
Avant toute démarche, prenez un temps d'échange avec l'enseignant. Un rendez-vous vaut mieux qu'un mot dans le cahier. Quelques questions aident à rendre l'alerte concrète :
- Qu'avez-vous observé exactement, et depuis quand ?
- Dans quelles situations cela apparaît-il : à l'oral, en lecture, en écriture, en calcul ?
- Comment l'enfant réagit-il : se décourage-t-il, évite-t-il, se met-il en retrait ?
- Qu'est-ce qui est déjà mis en place en classe pour l'aider ?
- Est-il possible d'obtenir des exemples de cahiers ou d'exercices ?
Notez les réponses, et demandez des exemples écrits si possible. Ces éléments seront précieux pour le médecin, puis pour l'orthophoniste, qui s'appuie sur les motifs de la demande. Pensez aussi à ce que vous observez vous-même : ce que votre enfant dit de l'école, la fatigue après les devoirs, les mots qu'il évite.
Étape 2 : en parler au médecin
Dans la plupart des cas, l'orthophoniste pratique sur prescription médicale. Pour un enfant, c'est généralement le médecin traitant ou le pédiatre qui rédige l'ordonnance de bilan. L'accès sans ordonnance existe, mais il concerne des structures précises (établissements de santé, centres de santé, maisons de santé, certaines structures d'exercice coordonné). Pour un cabinet libéral ordinaire, comptez sur la prescription. Les règles sont détaillées dans la question faut-il une ordonnance pour consulter.
Le rendez-vous médical a une double utilité. Le médecin vérifie d'abord qu'aucune cause simple n'explique la difficulté : un souci d'audition ou de vue, une grande fatigue, un trouble du sommeil. Il écoute aussi votre récit et celui de l'école, puis décide de la suite. Apportez ce que vous avez noté, le carnet de santé, et les retours de l'enseignant.
Précisez au médecin que vous souhaitez un bilan orthophonique. L'ordonnance peut prendre deux formes : un bilan avec rééducation si nécessaire, ou un bilan d'investigation. Dans le premier cas, l'orthophoniste détermine, à l'issue du bilan, le nombre et la nature des séances. Dans le second, le médecin prescrit ensuite la rééducation si elle est utile. Il n'y a rien à choisir de votre côté : c'est le médecin qui rédige.
Ce rendez-vous peut aussi tomber au bon moment. Un examen de santé obligatoire de l'enfant existe à 6 ans, entre 8 et 9 ans, entre 11 et 13 ans et entre 15 et 16 ans, réalisé par un médecin généraliste ou un pédiatre. Il comprend notamment le dépistage des troubles du langage et du neurodéveloppement, et il est remboursé à 100 % sans avance de frais. Si l'un d'eux approche, c'est une bonne occasion d'aborder l'alerte de l'école.
Étape 3 : trouver un ou une orthophoniste et préparer le bilan
Munie de l'ordonnance, la famille cherche un ou une orthophoniste. Les cabinets sont souvent très demandés et il faut parfois contacter plusieurs orthophonistes. Appelez tôt, indiquez que la demande vient d'une alerte scolaire et que vous avez une ordonnance de bilan. Pour élargir la recherche, vous pouvez chercher votre orthophoniste près de chez vous. Le dépôt d'une demande n'équivaut pas à un rendez-vous : la prise en charge dépend des orthophonistes partenaires et de leurs disponibilités. Vous pouvez aussi, si vous le souhaitez, déposer une demande une seule fois, selon votre secteur et le besoin de votre enfant.
Quand un rendez-vous de bilan est fixé, préparez-le avec votre enfant. Expliquez-lui simplement qu'il va jouer et répondre à des questions avec une personne qui aide à parler, lire ou écrire, et que ce n'est ni une punition ni un examen. Pour savoir quoi apporter et quoi dire, vous pouvez lire comment préparer le bilan de son enfant. Pensez à emporter l'ordonnance, la carte Vitale, le carnet de santé, des cahiers de classe et, si l'école vous les a transmis, les commentaires de l'enseignant.
Le bilan permet à l'orthophoniste de poser son propre diagnostic orthophonique. L'orthophoniste fait ensuite un compte rendu, adressé au médecin prescripteur. Si des séances sont nécessaires, l'orthophoniste y indique les buts de la rééducation, ainsi que le nombre et la nature des séances. Pour savoir ce qui se passe pendant ce rendez-vous, voyez le bilan orthophonique, étape par étape.
Après le bilan : ce que vous pouvez faire avec l'école
Le résultat du bilan peut prendre plusieurs formes. Il peut confirmer un trouble et ouvrir sur des séances. Il peut conclure que la rééducation n'est pas nécessaire : un bilan de prévention et d'accompagnement parental existe d'ailleurs pour les cas où l'on donne surtout des conseils à la famille et où aucune séance ne suit. Il peut aussi orienter vers un autre spécialiste, par exemple un médecin ou un autre spécialiste, si la difficulté ne relève pas de l'orthophonie.
Quel que soit le résultat, informez l'enseignant. Vous pouvez lui présenter les conclusions utiles et demander ce que l'école peut ajuster en classe. Quand les difficultés sont durables, des dispositifs existent. Le PAP, par exemple, concerne les élèves qui ont des difficultés scolaires durables liées à un ou plusieurs troubles des apprentissages, sans reconnaissance de handicap. Il peut être demandé par la famille ou proposé par l'école, il nécessite l'avis du médecin de l'Éducation nationale et il est révisé chaque année. Le PPRE, lui, vise des difficultés scolaires passagères sans handicap. Un PPS relève, lui, de la reconnaissance d'un handicap par la commission compétente de la MDPH. Pour vous repérer, consultez la place du bilan dans le PAP, le PPS et la MDPH.
Ces dispositifs s'appuient souvent sur des bilans médicaux et paramédicaux, dont celui de l'orthophoniste, d'où l'intérêt de conserver le compte rendu. Reste à décider ce que vous en remettez : voyez s'il faut transmettre le bilan à l'école.
En attendant le rendez-vous
Les délais d'attente sont fréquents et la période peut sembler longue. Elle n'est pas perdue. Quelques gestes simples aident sans remplacer un bilan ni des séances :
- Garder le dialogue avec l'école : un point régulier avec l'enseignant permet de suivre l'évolution.
- Valoriser ce qui va bien : un enfant qui se sent en échec perd vite confiance, parlez aussi de ses réussites.
- Lire, parler, raconter : une histoire le soir, une conversation à table, des devinettes, sans en faire un exercice.
- Éviter la comparaison avec les frères, sœurs ou camarades.
- Noter les situations où la difficulté apparaît ou s'atténue, pour mieux la décrire.
Ces conseils relèvent de l'accompagnement du quotidien. Ils ne constituent ni un bilan ni une rééducation. Si les difficultés s'aggravent, si votre enfant perd des acquis, ou s'il souffre d'angoisse ou de refus d'aller à l'école, parlez-en rapidement à son médecin plutôt que d'attendre la date du bilan.
Questions fréquentes
L'école peut-elle obliger à consulter un ou une orthophoniste ?
Non. L'école peut vous conseiller de faire vérifier une difficulté, mais la démarche de soin reste votre décision. Elle ne prescrit pas de bilan et ne pose pas de diagnostic. Vous pouvez en discuter avec le médecin de votre enfant avant de décider.
Faut-il passer d'abord par le médecin ?
Dans la plupart des cas, oui. L'orthophoniste pratique sur prescription médicale, et c'est le médecin traitant ou le pédiatre qui rédige l'ordonnance de bilan. L'accès sans ordonnance concerne seulement certaines structures, comme les centres de santé ou les maisons de santé.
Que faire si aucune difficulté n'apparaît à la maison ?
L'enfant peut se comporter différemment à l'école et en famille. Demandez à l'enseignant des exemples précis, puis parlez-en au médecin. Votre propre ressenti compte, mais il n'annule pas l'observation de l'école : seul un bilan permet de trancher.
Faut-il prévenir l'école une fois le bilan fait ?
C'est conseillé. Vous choisissez ce que vous partagez, mais informer l'enseignant l'aide à adapter ses attentes. En cas de difficultés durables, le compte rendu peut aussi appuyer une demande de PAP ou d'autres aménagements.
Le bilan débouche-t-il forcément sur des séances ?
Non. Le bilan peut montrer qu'aucune rééducation n'est nécessaire, ou qu'un autre professionnel est mieux placé. Si des séances sont utiles, l'orthophoniste indique dans son compte rendu les buts de la rééducation ainsi que le nombre et la nature des séances.
Sources
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.