Ce qui est attendu autour de 2 ans
Le langage se construit par étapes, et l'on regarde autant ce que l'enfant comprend que ce qu'il dit. La brochure officielle de repérage des signes d'un développement inhabituel chez les enfants de moins de 7 ans décrit ce que l'on observe à chaque âge.
- Vers 12 mois : l'enfant réagit à son prénom, comprend le « non » et prononce des syllabes redoublées (ba ba, ta ta).
- Vers 18 mois : il désigne un objet ou une image quand on le lui demande, comprend des consignes simples et dit spontanément cinq mots (maman, dodo, tiens, encore…).
- Vers 24 mois : il dit spontanément plus de dix mots usuels et commence à associer deux mots (« bébé dodo », « maman partie »).
- Vers 3 ans : il fait des phrases de trois mots et comprend une consigne simple sans que l'adulte fasse de geste.
Ces repères sont des points de comparaison, pas un examen de passage. Le même document le rappelle : aucun de ces signes pris isolément n'a de valeur prédictive. Un enfant qui n'a pas encore tous les mots à 2 ans ne rencontre pas forcément une difficulté durable, et la situation est la même pour un enfant de 2 ans et demi qui avance un peu plus lentement que ses cousins.
En revanche, la même brochure précise que toute inquiétude des parents concernant le langage de leur enfant est à prendre en considération. Vous n'avez donc pas à attendre d'être certain que quelque chose ne va pas pour en parler.
Pourquoi un enfant qui ne parle pas peut crier
Un enfant de cet âge a des envies, des refus et des émotions fortes, mais peu de moyens de les exprimer. Quand les mots ne viennent pas, le cri devient un outil : il attire l'attention, il dit « encore », « pas ça », « regarde ». Beaucoup de parents décrivent d'ailleurs des cris qui se calment dès que l'enfant est compris.
Ce cri n'est donc pas un caprice ni un défaut d'éducation. Il signale surtout un écart entre ce que l'enfant a envie de dire et ce qu'il sait dire. Ce qui compte, c'est de regarder le reste de sa communication :
- Il vous regarde, vous cherche du regard et partage son intérêt (il vous montre un objet, vous le tend).
- Il pointe du doigt, fait des gestes, tire votre main vers ce qu'il veut.
- Il imite des gestes, des sons ou des petits bruits.
- Il réagit quand on l'appelle et sourit en échangeant avec vous.
Un enfant qui comprend tout mais ne parle pas, qui se débrouille avec les gestes, le regard et les mimiques, communique déjà beaucoup. C'est un signe encourageant sur le plan de la relation, mais il ne remplace pas un avis professionnel : seul un bilan permet de dire si l'expression orale est simplement en retard ou si elle demande un accompagnement.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Les signes qui doivent faire consulter sans attendre
Certaines observations justifient d'en parler rapidement au médecin, sans attendre l'anniversaire suivant :
- Une régression : l'enfant disait des mots, des syllabes ou faisait des gestes, et il ne les produit plus. La grille de repérage la considère comme un signe d'alerte majeur.
- Un enfant qui ne réagit pas quand on l'appelle, ou dont vous doutez de l'audition.
- Peu ou pas de communication non verbale : pas de regard partagé, pas de pointage, pas de gestes pour demander.
- Une compréhension qui semble limitée : il ne suit pas les consignes simples du quotidien.
- Un enfant qui dit très peu de mots, sans progrès d'un mois à l'autre.
- D'autres inquiétudes en parallèle : motricité, relations avec les autres, comportement.
La recommandation de la Haute Autorité de santé sur les troubles du neurodéveloppement indique que les signes d'alerte nécessitent une orientation rapide. Elle fixe aussi un objectif : que le délai entre le repérage d'anomalies du développement et le début des interventions ne dépasse pas 3 mois chez les enfants de moins de 18 mois, et 6 mois au-delà. À 2 ans, mieux vaut donc ne pas laisser traîner la démarche. Dans la grille destinée aux médecins, on s'inquiète en général quand plusieurs signes sont présents dans plusieurs domaines du développement, mais cette lecture revient au professionnel de santé, pas au parent.
Qui consulter, et dans quel ordre
Le plus simple est de commencer par votre médecin traitant ou votre pédiatre. Il examine l'enfant, s'intéresse à son développement global et vérifie les points qui peuvent influencer le langage, à commencer par l'audition. Apportez vos observations : ce que votre enfant dit, ce qu'il comprend, comment il se fait comprendre, depuis quand vous êtes inquiet, et ce qui a pu changer récemment. Une courte vidéo d'un moment où il s'amuse peut aider.
Si le médecin juge qu'un avis orthophonique est utile, il rédige une prescription. En cabinet libéral, l'orthophoniste exerce en effet sur prescription médicale, sauf dans certaines structures de soins coordonnés où l'accès direct est possible. Les détails sont expliqués dans la page sur l'ordonnance et l'accès direct.
Si votre enfant a entre 3 et 4 ans, une visite est organisée à l'école, en principe par la protection maternelle et infantile (PMI). Elle comprend un dépistage des troubles de santé, notamment du langage oral. C'est un complément utile, mais elle ne doit pas retarder une consultation si vous êtes inquiet avant.
Selon les cas, le médecin peut aussi orienter vers d'autres professionnels (un examen de l'audition, par exemple). L'orthophoniste évalue la communication et le langage de l'enfant et décide, au vu du bilan, s'il faut des séances ou de simples conseils.
Comment se passe la suite : le bilan orthophonique
Le bilan est un temps d'observation et d'échange. L'orthophoniste regarde ce que l'enfant comprend, ce qu'il exprime, comment il communique, et vous interroge sur son quotidien. Chez un enfant de cet âge, les activités ludiques occupent une grande place et vous êtes présent. Le déroulé du bilan du langage oral est détaillé dans la page sur le bilan du langage oral.
Selon la nomenclature officielle, le bilan peut être prescrit « avec rééducation si nécessaire » ou « d'investigation ». Dans le premier cas, l'orthophoniste adresse au prescripteur un compte rendu, qui indique son diagnostic orthophonique et, si des séances sont utiles, leurs objectifs, leur nombre et leur nature. Dans le second, le médecin décide ensuite d'une éventuelle rééducation.
Il existe aussi un bilan de prévention et d'accompagnement parental. Il est prévu quand aucune rééducation n'est nécessaire : l'orthophoniste donne alors des conseils et un accompagnement à la famille, et le médecin prescripteur reçoit un retour. Ce n'est pas une mauvaise nouvelle : cela signifie que des conseils adaptés suffisent pour le moment.
Un retard de langage n'est pas forcément un trouble durable. Pour comprendre la différence entre un enfant qui parle plus tard et un trouble plus persistant, vous pouvez lire la page sur le retard de langage et de parole. Les actes d'orthophonie sont pris en charge à 60 % par l'Assurance maladie, le reste pouvant être couvert par la complémentaire santé, et la franchise médicale ne s'applique pas aux enfants de moins de 18 ans.
Trouver un rendez-vous peut prendre du temps selon les secteurs. Si c'est votre cas, la page pour trouver votre orthophoniste présente les pistes possibles. Vous pouvez aussi déposer une demande : elle pourra être présentée, selon votre secteur et votre besoin, aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes. Une demande n'est pas un rendez-vous et ne garantit pas d'en obtenir un.
Que faire en attendant la consultation
Quelques habitudes simples soutiennent le langage sans transformer la maison en salle de rééducation. Elles ne remplacent ni un bilan ni des séances, mais elles aident l'enfant à communiquer.
- Mettez des mots sur ce que vous faites et ce qu'il regarde, avec des phrases courtes : « Tu veux le ballon ? Le ballon. »
- Quand il crie ou montre, nommez sa demande à sa place, calmement : « Tu veux de l'eau. De l'eau. » Il comprend que les mots fonctionnent.
- Laissez-lui un petit temps pour essayer avant de répondre à sa place, en le regardant avec attention.
- Reprenez ce qu'il dit sans le corriger : s'il dit « ba », vous répondez « oui, le ballon ».
- Regardez ensemble des livres d'images, chantez des comptines, jouez à faire semblant.
- Limitez les écrans pendant les moments d'échange : un enfant apprend à parler en interagissant avec une personne.
- Proposez des gestes simples ou des images pour choisir (« ça » ou « ça ? »), cela réduit la frustration.
Évitez de lui demander de répéter ou de dire « s'il te plaît » avant de lui donner ce qu'il demande : la pression freine souvent l'envie de parler. D'autres idées pour le quotidien se trouvent dans la page que faire en attendant l'orthophoniste.
Enfin, si votre enfant a plus de 3 ans et ne parle toujours pas, ou très peu, le raisonnement reste le même : le médecin d'abord, puis l'orthophoniste si besoin. Un âge précoce n'est jamais une raison de ne pas consulter, et l'avis de l'orthophoniste peut aussi vous rassurer.
Questions fréquentes
Mon fils de 2 ans ne parle pas et crie : est-ce grave ?
Le cri est souvent une façon de se faire comprendre quand les mots manquent, et il ne signifie pas à lui seul qu'il y a un trouble. Ce qui compte, c'est l'ensemble : compréhension, regard, gestes, évolution d'un mois à l'autre. Un avis médical permet de faire le point, puis un bilan orthophonique si le médecin le juge utile.
Mon fils comprend tout mais ne parle pas : faut-il consulter ?
Une bonne compréhension est un point rassurant, mais elle ne suffit pas à conclure. Si votre enfant dit très peu de mots à 2 ans ou s'il ne progresse pas, parlez-en à votre médecin. Il pourra vérifier l'audition et proposer, si besoin, un bilan orthophonique.
Mon enfant de 2 ans et demi ne parle pas : faut-il attendre ?
Il n'est pas nécessaire d'attendre pour en parler au médecin, surtout si vous êtes inquiet. La Haute Autorité de santé recommande une orientation rapide en cas de signes d'alerte. Un enfant qui progresse, qui comprend et qui communique par gestes n'a pas le même profil qu'un enfant dont le langage stagne ou régresse.
À partir de quand parle-t-on de retard de langage à 2 ans ?
Seul un ou une orthophoniste, ou un médecin, peut poser ce constat, après avoir observé l'enfant. Les repères officiels décrivent qu'à 24 mois, un enfant dit plus de dix mots usuels et commence à associer deux mots. Ces repères servent de guide aux médecins : un seul élément manquant ne suffit pas à conclure.
Faut-il une ordonnance pour voir un ou une orthophoniste ?
En cabinet libéral, l'orthophoniste exerce sur prescription médicale. L'accès direct sans ordonnance concerne certaines structures, comme les établissements de santé, les centres de santé, les maisons de santé ou, sous conditions, les communautés professionnelles territoriales de santé. Le plus sûr est de demander d'abord l'avis du médecin.
Sources
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.