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Bébé de 18 mois qui ne parle pas : faut-il s'inquiéter ?

Votre bébé de 18 mois ne dit presque rien, et vous vous demandez s'il faut s'inquiéter. Cette inquiétude est légitime et mérite d'être prise au sérieux. Le langage ne se résume pas aux mots : il faut regarder aussi la compréhension, les gestes et l'envie d'échanger.

En bref

À 18 mois, les repères officiels citent cinq mots dits spontanément, mais l'absence de mots ne suffit pas à conclure. Ce qui compte, c'est l'ensemble de la communication : compréhension, gestes, regard, échange. Si votre bébé ne comprend pas les consignes simples ou si vous êtes inquiet, parlez-en à votre médecin, qui pourra orienter vers un bilan orthophonique.

Ce qui est attendu autour de 18 mois

Les repères les plus utiles en France viennent d'une brochure officielle destinée aux professionnels de santé, publiée par la Délégation interministérielle à la stratégie nationale pour l'autisme au sein des troubles du neuro-développement. Pour le langage oral, elle décrit ce que fait l'enfant à la fin de chaque âge.

À 18 mois, la grille mentionne trois choses :

  • l'enfant désigne une chose ou une image quand on le lui demande à l'oral ;
  • il comprend les consignes simples ;
  • il dit spontanément cinq mots (maman, dodo, papa, tiens, encore, etc.).

Remarquez que deux de ces trois repères concernent la compréhension, pas la parole. Un enfant qui parle peu mais qui comprend, montre, pointe et cherche à communiquer n'est pas dans la même situation qu'un enfant qui ne réagit ni aux mots ni aux gestes.

Les étapes précédentes comptent aussi. À 12 mois, la grille attend que l'enfant réagisse à son prénom, comprenne le « non » et prononce des syllabes redoublées (ba ba, ta ta, pa pa). À 24 mois, elle attend plus de dix mots usuels et les premières associations de deux mots (bébé dodo, maman partie).

Bébé de 15, 16, 17 ou 20 mois qui ne parle pas

Les parents s'inquiètent à des âges différents, et les questions se ressemblent. Un bébé de 15, 16 ou 17 mois qui ne parle pas encore n'a pas atteint l'âge de repère de 18 mois : on observe alors surtout comment il communique. Regarde-t-il quand on lui parle ? Répond-il à son prénom ? Montre-t-il ce qu'il veut ? Fait-il des syllabes, des sons, des « dialogues » de babillage ?

À 20 mois, le repère de 18 mois est dépassé. Si votre enfant ne dit toujours pas de mots et comprend peu, il est raisonnable de ne plus attendre pour en parler à un ou une orthophoniste. La même logique vaut quand la question devient « mon bébé de 2 ans ne parle pas » : la démarche est présentée dans la situation de l'enfant de 2 ans qui ne parle pas.

Chaque enfant avance à son rythme, et un écart avec un repère n'est pas un diagnostic. La brochure précise d'ailleurs qu'aucun signe pris isolément n'a de valeur prédictive.

Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?

Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.

Faire une demande de rendez-vous

Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Les signes qui doivent faire consulter

La règle du repérage officiel est la suivante : de 0 à 3 ans, l'orientation se discute lorsqu'on relève deux signes dans au moins deux des quatre domaines de développement (par exemple le langage et la socialisation). Un seul repère manquant ne suffit donc pas. Cette grille est un outil pour les médecins, qui décident ensuite d'orienter ou non vers une plateforme de repérage.

Parlez-en sans attendre à votre médecin dans les situations suivantes :

  • votre enfant ne réagit pas à son prénom ou semble peu comprendre ce qu'on lui dit ;
  • il ne comprend pas les consignes simples, même accompagnées du contexte ;
  • il ne montre pas du doigt, ne désigne pas une chose ou une image quand on le lui demande ;
  • il cherche peu le contact, le regard ou l'échange avec vous ;
  • il avait commencé à dire des mots ou à babiller, et il ne le fait plus.

Ce dernier point est particulier. Selon la brochure, une régression est un signe d'alerte majeur : elle justifie d'orienter vers une plateforme sans attendre. Si votre enfant perd des mots ou des capacités qu'il avait acquis, consultez rapidement.

Enfin, votre propre inquiétude compte. Le texte officiel indique que toute inquiétude des parents concernant le développement de leur enfant, notamment en communication sociale et en langage, est à prendre en considération.

Autisme : faut-il y penser si bébé ne parle pas ?

C'est une question très fréquente, et elle fait peur. Un langage tardif ne signifie pas autisme : beaucoup d'enfants parlent plus tard sans aucun trouble associé. Inversement, ce sont rarement les mots seuls qui alertent, mais la façon de communiquer : regard, réponse au prénom, partage de l'attention, gestes pour montrer.

Aucun site ne peut poser ce type de diagnostic à distance. Si ces points vous préoccupent, dites-le clairement à votre médecin : il évaluera la situation et décidera de la suite. Le rôle de l'orthophoniste auprès des enfants concernés est décrit dans la page sur l'autisme et la communication.

Qui consulter, et dans quel ordre

La première étape est le plus souvent le médecin : le médecin traitant, le pédiatre, ou le médecin de la PMI. Il examine votre enfant, vérifie son développement global et peut chercher une cause qui gêne l'acquisition du langage, par exemple un problème d'audition. Il peut aussi vous orienter vers d'autres professionnels selon ce qu'il observe.

L'orthophoniste intervient ensuite pour faire le point sur la communication et le langage. En cabinet libéral, l'orthophoniste travaille en général sur prescription médicale. Dans certaines structures d'exercice coordonné (centres de santé, maisons de santé, par exemple), l'orthophoniste peut aussi recevoir un patient sans ordonnance, à condition de transmettre ses comptes rendus au médecin traitant. Votre médecin vous dira ce qui s'applique dans votre cas.

La recommandation de la Haute Autorité de santé sur les troubles du neurodéveloppement insiste sur la rapidité : le délai attendu entre le repérage d'anomalies du développement et le début des interventions ne devrait pas excéder 3 mois chez les enfants de moins de 18 mois, et 6 mois au-delà. C'est une raison de ne pas attendre « que cela vienne » quand les signes cités plus haut sont présents.

Comment se passe le bilan orthophonique

Le bilan est un temps d'observation et d'échange. Chez un enfant aussi petit, l'orthophoniste joue avec lui, regarde comment il comprend, imite, regarde, montre, babille, et vous interroge sur son quotidien. Il ne s'agit pas d'un examen que l'enfant « réussit » ou « rate ». Le déroulement général est détaillé dans la page sur le bilan du langage oral.

À l'issue du bilan, un compte rendu est adressé au médecin prescripteur. Plusieurs suites sont possibles :

  • des conseils à appliquer à la maison, sans séances de rééducation : c'est ce que prévoit le bilan de prévention et d'accompagnement parental ;
  • une surveillance, avec un nouveau point après quelques semaines ou quelques mois ;
  • des séances de rééducation, si l'orthophoniste en voit l'utilité ;
  • une orientation vers un médecin ou un autre professionnel, si le bilan le suggère.

Seul ce bilan permet de dire si les difficultés relèvent d'un simple décalage ou d'un retard de langage. Pour comprendre ce que recouvre cette expression, consultez la présentation du retard de langage chez l'enfant.

Si vous cherchez un ou une orthophoniste, vous pouvez déposer une demande en une seule fois. Elle sera présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes selon votre secteur et votre besoin. Déposer une demande n'est pas prendre rendez-vous, et rien ne garantit l'obtention d'une place.

Que faire en attendant le rendez-vous

Les semaines d'attente sont utiles si vous les employez à stimuler les échanges au quotidien, sans transformer la journée en séance de travail.

  • Parlez à votre enfant pendant les gestes de la vie courante : le bain, le repas, l'habillage. Nommez ce que vous faites avec des phrases courtes.
  • Laissez-lui du temps pour répondre. Après une question ou un mot, faites une pause et attendez qu'il réagisse, même par un son ou un geste.
  • Répétez et complétez : s'il dit « ba », dites « oui, le ballon ». Ne lui demandez pas de répéter correctement.
  • Regardez des livres d'images ensemble et nommez ce qu'il pointe du doigt.
  • Limitez les écrans pour laisser de la place aux échanges en face à face.
  • Notez ce que vous observez : ce qu'il comprend, ce qu'il montre, les sons qu'il fait. Ces notes aideront le médecin et l'orthophoniste.

Ces gestes ne remplacent ni un bilan ni des séances. Des idées concrètes sont proposées dans la page en attendant l'orthophoniste.

Une dernière précision : demander conseil à votre médecin ne prive pas votre enfant du temps de grandir. Au contraire, un avis pris tôt permet, dans la grande majorité des cas, de rassurer, ou de mettre en place un accompagnement avant que l'inquiétude ne s'installe.

Questions fréquentes

Mon bébé de 18 mois ne parle pas du tout : est-ce grave ?

On ne peut pas le dire sans un examen. Les repères officiels citent cinq mots dits spontanément à 18 mois, mais ils regardent aussi la compréhension des consignes simples et le fait de désigner une chose ou une image. Parlez-en à votre médecin, surtout si votre enfant comprend peu.

Bébé de 20 mois qui ne parle pas : faut-il attendre encore ?

Le repère de 18 mois est dépassé, donc il vaut mieux consulter plutôt qu'attendre. Le médecin pourra vérifier le développement global et l'audition, puis proposer un bilan orthophonique si besoin. La Haute Autorité de santé souhaite que les interventions commencent vite après le repérage.

Mon bébé de 15 ou 16 mois ne parle pas encore, dois-je m'inquiéter ?

À cet âge, on observe surtout la communication : réaction au prénom, compréhension du « non », babillage, gestes pour montrer. Un enfant qui échange sans mots est rassurant. Si ces signes manquent ou si vous êtes inquiet, en parler au médecin est justifié.

Un bébé de 18 mois qui ne parle pas est-il forcément autiste ?

Non. Un langage tardif existe chez de nombreux enfants sans autisme. Ce sont plutôt le regard, la réponse au prénom et le partage de l'attention qui sont observés. Seul un professionnel de santé peut évaluer la situation, jamais un test en ligne.

Faut-il une ordonnance pour voir un ou une orthophoniste avec un bébé ?

En cabinet libéral, la prescription médicale est la règle. Dans certaines structures d'exercice coordonné, comme les centres de santé ou les maisons de santé, l'orthophoniste peut recevoir sans ordonnance. Demandez à votre médecin ce qui convient à votre situation.

Quand faut-il consulter rapidement ?

Consultez sans attendre si votre enfant a perdu des mots ou des capacités qu'il avait acquis : la régression est un signe d'alerte majeur. Faites-le aussi s'il ne réagit pas à son prénom, comprend peu, ne montre rien du doigt ou cherche peu le contact.

Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.