Ce que l'on observe au quotidien
Les difficultés alimentaires prennent des visages très différents. Certaines familles remarquent que l'enfant recrache les morceaux ou les garde longtemps en bouche. D'autres voient des repas qui s'étirent bien au-delà du raisonnable, ou un enfant qui ne mange plus que quelques aliments, toujours les mêmes, présentés de la même façon. On peut aussi observer des haut-le-cœur à la vue ou au contact de certains aliments, des grimaces, des refus catégoriques, ou au contraire une grande fatigue à mâcher.
Aucune de ces situations ne permet de conclure à elle seule. Une même manifestation peut venir d'une gêne physique, d'une habitude installée, d'une période difficile ou d'une particularité de la bouche et des sensations. C'est justement pour cela que plusieurs regards peuvent être utiles.
Ce qui peut expliquer ces difficultés
Derrière un repas compliqué, on trouve parfois une cause médicale : reflux, douleur, allergie, problème dentaire, difficulté à avaler. Il peut aussi s'agir d'une difficulté de la bouche elle-même : manque de tonicité, mouvements de langue peu efficaces, sensibilité très forte à certaines textures. Le contexte compte également : une hospitalisation, une alimentation par sonde dans les premiers mois, une période de stress ou des repas devenus source de tension.
Quand ces difficultés touchent la manière d'accepter, de mâcher et d'avaler les aliments, on parle d'oralité alimentaire. Le détail de ces notions est expliqué dans le guide sur les troubles de l'oralité alimentaire. Seul un bilan permet de savoir ce qui relève de l'oralité et ce qui relève d'autre chose.
Conseils pour choisir et préparer la première démarche
- Noter ce qui se passe pendant quelques repas. Relevez ce que l'enfant accepte, ce qu'il refuse, la durée du repas, les toux ou les haut-le-cœur. Exemple : « Il mange des pâtes très cuites et du pain, recrache la viande, le repas dure longtemps et se termine par des pleurs. » Ces notes valent mieux que des impressions générales.
- Commencer par le médecin traitant ou le pédiatre. Il vérifie la croissance, cherche une cause médicale et peut orienter vers le bon spécialiste. Exemple : si l'enfant se plaint du ventre après les repas, cette consultation permet d'écarter un reflux avant d'envisager d'autres pistes.
- Demander l'avis d'un ou une orthophoniste pour tout ce qui touche à la bouche. L'orthophoniste évalue la façon dont l'enfant mâche, avale et réagit aux textures. En cabinet, le bilan se fait en général sur prescription médicale, d'où l'intérêt de passer d'abord par le médecin. Le déroulement d'un bilan orthophonique permet de savoir à quoi s'attendre.
- Préparer ses questions et ses observations. Apportez vos notes, des photos d'assiettes habituelles, le carnet de santé. Exemple : une liste de cinq aliments acceptés et cinq refusés aide l'orthophoniste à cerner le profil de l'enfant. Des repères pratiques se trouvent dans la page sur préparer la consultation.
- Déposer une demande pour chercher un ou une orthophoniste. Le formulaire permet de décrire le besoin une seule fois. La demande à déposer ne vaut pas rendez-vous : elle peut être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes selon le secteur, sans garantie de place.
Les modifications concrètes de l'alimentation, des textures ou de la façon d'avaler se décident avec le médecin ou l'orthophoniste, pas par essais à la maison.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Ce qu'il vaut mieux éviter
Beaucoup de familles ont déjà tout essayé, et c'est souvent épuisant. Quelques réflexes aggravent pourtant les choses, sans que personne ne soit en faute.
- Forcer l'enfant à goûter ou à finir son assiette : cela renforce souvent la peur de l'aliment.
- Attendre « que ça passe » quand les difficultés durent ou s'accompagnent de signes inquiétants.
- Changer l'alimentation de façon importante (supprimer des groupes d'aliments, mixer systématiquement) sans l'avis du médecin ou de l'orthophoniste.
- Multiplier les avis contradictoires sans coordination : mieux vaut un point de départ clair, souvent le médecin traitant.
- Se reprocher la situation. Les difficultés alimentaires ne viennent pas d'un défaut d'éducation.
Pour des idées sur l'ambiance à table, la page consacrée à accompagner les repas sans tensions propose des pistes détaillées.
Quand et vers qui demander un avis
D'abord le médecin, sans attendre, en cas de perte de poids, de fausse route, de toux pendant les repas ou de difficulté à respirer en mangeant. Ces signes relèvent d'abord du médecin, et s'ils sont brutaux ou graves, il faut appeler le 15.
En dehors de ces urgences, voici comment les rôles se répartissent :
- Le médecin traitant ou le pédiatre : première étape, examen de l'enfant, recherche d'une cause médicale, orientation. Selon le cas, il peut adresser vers un spécialiste digestif, un ORL ou un dentiste.
- L'orthophoniste : bilan de l'oralité, travail sur la mastication, la déglutition, l'acceptation des textures, et conseils à la famille. Quand l'enfant mange très peu de choses, la page enfant qui accepte très peu d'aliments détaille ce que peut apporter ce suivi.
- Le diététicien : équilibre des apports quand le choix d'aliments est très restreint.
- Le psychologue : utile quand l'angoisse autour du repas est forte, pour l'enfant comme pour la famille.
- L'ergothérapeute ou le psychomotricien : en complément, quand les difficultés touchent aussi la posture, la motricité ou les sensations.
Certaines familles s'adressent aussi à un centre médico-psycho-pédagogique (CMPP), que l'on peut consulter de sa propre initiative. Les délais varient selon les structures et ne sont pas prévisibles.
Chacun regarde une partie du tableau. L'objectif n'est pas de tous les voir, mais de commencer par celui qui oriente le mieux, puis d'ajouter les autres si le besoin apparaît.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Le motif est déjà proposé, vous pouvez le modifier.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Questions fréquentes
Un ou une orthophoniste peut-elle s'occuper de l'oralité ?
Oui, l'oralité fait partie des domaines évalués et travaillés en orthophonie, notamment les fonctions de la bouche, la mastication et la déglutition. Un bilan permet de savoir si un suivi est utile. Il ne remplace pas l'avis du médecin quand une cause médicale est possible.
Trouble de l'oralité : qui consulter en premier ?
Le médecin traitant ou le pédiatre est le plus souvent la première étape. Il examine l'enfant, cherche une cause médicale et oriente. En cas de perte de poids, de fausse route ou de toux pendant les repas, la consultation médicale ne doit pas attendre.
Faut-il une ordonnance pour voir un ou une orthophoniste pour l'oralité ?
En cabinet, l'orthophoniste exerce en principe sur prescription médicale, y compris pour le bilan. Il est donc pratique de passer d'abord par le médecin traitant. Des exceptions existent dans certaines structures de soins, qui peuvent vous être précisées au moment de la prise de contact.
Faut-il voir plusieurs professionnels en même temps ?
Pas forcément. Le médecin et l'orthophoniste suffisent souvent pour commencer. D'autres professionnels, comme un diététicien ou un psychologue, s'ajoutent si le besoin apparaît. Mieux vaut avancer par étapes, avec le médecin traitant qui coordonne.
Déposer une demande en ligne garantit-il un rendez-vous ?
Non. La demande peut être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes, selon votre secteur et le besoin décrit. La mise en relation dépend de leurs disponibilités, et aucun rendez-vous n'est garanti.
Sources
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.