Ce que l'on observe au quotidien
Un problème de maths enchaîne plusieurs tâches : lire, comprendre l'histoire, repérer la question, choisir un calcul, l'effectuer, puis vérifier. Une difficulté peut se loger à n'importe quel maillon. Voici des situations fréquentes.
- Votre enfant lit l'énoncé à voix haute sans erreur, puis répond « je ne sais pas quoi faire ».
- Il additionne tous les nombres du texte, quel que soit le sens de l'histoire.
- Il cherche un mot repère (« en tout », « de plus », « il reste ») et choisit l'opération sans se représenter la situation.
- Il calcule correctement en exercice isolé, mais se trompe dès que les mêmes nombres sont placés dans une histoire.
- Quand le problème comporte plusieurs étapes, il en oublie une, ou répond à une autre question que celle posée.
- Il recopie l'énoncé sans avancer, refuse de commencer ou se décourage vite.
Ces manifestations ne disent pas, à elles seules, de quoi il s'agit. Une même scène peut avoir des causes très différentes, et aucune ne permet de poser un diagnostic à distance.
Ce qui peut expliquer ces difficultés
Plusieurs pistes se croisent souvent, et elles ne s'excluent pas.
- Le texte lui-même. Un vocabulaire peu familier, une phrase longue ou une consigne à plusieurs temps peuvent empêcher de comprendre l'histoire avant même de penser aux nombres. Si votre enfant comprend aussi mal les consignes à l'oral, les repères de la page sur les consignes mal comprises peuvent éclairer ce point.
- Le sens des nombres et des opérations. Quand les quantités restent abstraites, difficile de savoir si l'on doit réunir, retirer ou partager. Les pistes sur la compréhension des quantités détaillent cette base.
- La mémoire de travail et l'attention. Garder en tête les données, la question et l'étape en cours demande un effort qui peut saturer.
- La confiance en soi. Après plusieurs échecs, l'enfant peut bloquer par crainte de se tromper, même quand il saurait faire.
- Une difficulté plus durable en cognition mathématique. C'est l'hypothèse que seul un bilan permet de confirmer ou d'écarter. Le rôle de l'orthophoniste dans ce cas est présenté dans Dyscalculie : le rôle de l'orthophoniste.
Nos conseils pour aider votre enfant à résoudre un problème
Ces gestes se pratiquent à la maison, par petites séances calmes. Choisissez-en un seul à la fois.
Faire raconter l'histoire avant de calculer
Demandez à votre enfant de redire la situation avec ses mots, sans regarder le texte. Par exemple : « Dans l'histoire, qui a des billes ? Que se passe-t-il ensuite ? ». S'il ne peut pas la raconter, la difficulté se situe avant le calcul.
Lire l'énoncé sans les nombres
Remplacez les nombres par « quelques » et relisez. Un problème sur des billes perdues devient « Léo a quelques billes, il en perd quelques-unes : en a-t-il plus ou moins qu'avant ? ». L'enfant choisit alors l'opération d'après le sens, pas d'après les chiffres.
Dessiner ou manipuler
Posez de vraies billes, des pièces ou des petits objets, ou faites un schéma rapide. Pour un partage de gâteaux entre invités, disposez les assiettes et distribuez. Le dessin n'a pas besoin d'être beau, il sert à voir la situation.
Repérer la question et les données utiles
Faites souligner la question d'une couleur et les informations nécessaires d'une autre. Barrez avec lui ce qui ne sert pas. Dans un énoncé qui mentionne l'âge d'un personnage sans rapport avec la question, ce geste évite d'utiliser tous les nombres.
Avancer par paliers
Commencez par des problèmes très courts, à une seule étape, puis passez à deux étapes. Pour un problème à deux étapes, faites-les écrire séparément : « D'abord je cherche… ensuite je cherche… ».
S'appuyer sur la vie de tous les jours
Au supermarché, demandez de comparer deux prix. En cuisine, faites doubler une recette. À table, faites préparer les couverts pour tous les invités. Ces situations donnent du sens aux opérations, sans ressembler à un exercice.
Apprendre à vérifier
Terminez par une question simple : « Ma réponse est-elle possible ? ». Si l'on partage des billes entre amis et que chacun en reçoit plus qu'au départ, l'enfant peut repérer l'incohérence par lui-même.
Pour d'autres idées d'adaptation, notamment en classe, ce dossier pour aider un élève dyscalculique propose des pistes concrètes. Ces conseils soutiennent les apprentissages, ils ne remplacent ni un bilan ni des séances d'orthophonie.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Ce qu'il vaut mieux éviter
Ces réflexes sont très courants, car on veut bien faire. Quelques ajustements suffisent.
- Donner la réponse trop vite. Mieux vaut poser une question qui aide à avancer : « Que cherche-t-on ? ».
- Multiplier les exercices le soir. La fatigue renforce le blocage. Quelques minutes, régulières, valent mieux qu'une longue séance tendue.
- Dire « c'est facile ». Pour un enfant qui ne comprend pas, cette phrase ajoute de la honte à la difficulté.
- Comparer avec un frère, une sœur ou un camarade. Chaque enfant avance à son rythme.
- Imposer la méthode de l'adulte. Si l'enfant trouve par un dessin ou un autre chemin, accueillez sa démarche.
- Se contenter de mots repères. « En tout » ne veut pas toujours dire addition. Revenez toujours à la situation.
Cette difficulté n'est la faute de personne, ni de l'enfant ni de sa famille.
Quand et vers qui demander un avis
Il est utile de demander un avis quand la difficulté dure malgré votre aide, qu'elle touche aussi le calcul simple, les quantités ou le repérage dans le temps, ou quand elle s'accompagne de découragement, de refus d'aller à l'école ou de maux de ventre avant les maths.
- L'enseignant ou l'enseignante voit votre enfant en situation de classe. Échangez sur les types de problèmes qui coincent. Selon la situation, un plan d'accompagnement personnalisé (PAP) peut être demandé par la famille ou proposé par l'école.
- Le médecin traitant peut vérifier la vue et l'audition, qui influencent les apprentissages, et prescrire un bilan orthophonique. En cabinet, la prescription médicale reste la règle.
- L'orthophoniste réalise le bilan de cognition mathématique. Il observe aussi la compréhension du langage, car un énoncé est avant tout un texte. À l'issue du bilan, l'orthophoniste dit si une rééducation est utile.
- Un psychologue ou un neuropsychologue peut compléter l'évaluation si l'attention, la mémoire ou l'anxiété semblent au premier plan.
Si vous cherchez un ou une orthophoniste, vous pouvez déposer une demande d'orthophonie. Une demande n'est pas un rendez-vous : elle peut être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes, selon votre secteur et votre besoin, sans garantie de place.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Le motif est déjà proposé, vous pouvez le modifier.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Questions fréquentes
Pourquoi mon enfant ne comprend pas les problèmes de maths alors qu'il sait calculer ?
Calculer et résoudre un problème sont deux tâches différentes. Dans un problème, l'enfant doit d'abord comprendre le texte, imaginer la situation et choisir l'opération. Le blocage peut venir de l'une de ces étapes, de la mémoire de travail ou du stress. Seul un bilan permet de repérer la cause.
Que faire à la maison quand la résolution de problèmes est difficile ?
Faites raconter l'histoire avec ses mots, dessinez la situation ou manipulez des objets, puis lisez l'énoncé sans les nombres. Avancez par petites étapes, en séances courtes. L'objectif est de redonner du sens à la situation, pas de produire la bonne réponse à tout prix.
Est-ce forcément de la dyscalculie si mon enfant résout mal les problèmes ?
Non. La résolution de problèmes mobilise la lecture, le langage, l'attention et la confiance en soi, en plus du raisonnement mathématique. Une difficulté sur ce point ne suffit pas à conclure. Seul un bilan avec un ou une orthophoniste permet de savoir s'il s'agit d'une difficulté de cognition mathématique.
Quand consulter un ou une orthophoniste pour une difficulté de résolution de problèmes ?
Quand la difficulté persiste malgré l'aide à la maison et en classe, qu'elle touche aussi les quantités ou le calcul simple, ou qu'elle pèse sur la confiance de votre enfant. Le médecin traitant peut orienter et prescrire un bilan. L'orthophoniste détermine ensuite si une rééducation est utile.
Faut-il faire refaire les problèmes tous les soirs pour progresser ?
Pas nécessairement. De courtes séances régulières, dans le calme, sont plus utiles qu'un entraînement long qui épuise. Si le blocage vient de la compréhension de la situation, répéter les mêmes exercices ne règle pas toujours le problème. Mieux vaut changer de méthode : schéma, manipulation, reformulation.
Sources
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.