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Pictogrammes et supports de communication : à quoi servent-ils ?

Vous avez entendu parler de pictogrammes, de PECS ou de tableaux d'images, et vous vous demandez si cela peut aider votre enfant ou l'un de vos proches. Ces supports existent sous de nombreuses formes et s'adressent à des personnes très différentes. Voici ce qu'ils apportent, comment les utiliser et à quel moment demander un avis.

En bref

Les pictogrammes sont des images simples qui représentent un mot, une action ou une idée. Ils rendent visible ce que la parole laisse passer vite : une consigne, un choix, une étape de la journée. Ils aident à comprendre comme à s'exprimer, à tout âge, et pas seulement dans l'autisme. Le PECS en est une méthode connue, parmi d'autres.

Où les pictogrammes interviennent au quotidien

Un pictogramme est un petit dessin, une photo ou un symbole qui représente un mot, une action ou une idée. Contrairement à la parole, qui disparaît dès qu'elle est prononcée, l'image reste visible et peut être regardée autant de fois que nécessaire. Vous en croisez tous les jours : panneaux de signalisation, plans de gare, icônes d'applications.

À la maison ou en classe, ils prennent des formes très concrètes :

  • un emploi du temps de la matinée en images (lever, habillage, petit-déjeuner, départ) ;
  • deux cartes pour choisir entre deux jeux ou deux goûters, quand les mots ne viennent pas ;
  • un classeur ou un tableau de communication où la personne montre une image pour demander de l'eau, de l'aide ou une pause ;
  • une consigne de classe accompagnée d'un dessin ;
  • un pictogramme sur une porte pour indiquer ce qui se passe dans la pièce.

Le PECS (Picture Exchange Communication System) est une méthode connue qui apprend à échanger une image contre un objet ou une activité désirée. C'est une approche parmi d'autres, et non la seule manière d'utiliser des images.

Ces supports ne concernent pas seulement l'autisme. Ils servent à un tout-petit qui n'a pas encore de mots, à un enfant qui parle mais perd le fil d'une consigne, à un adolescent, à une personne qui apprend le français, ou à un adulte dont la parole est devenue difficile après une maladie ou un accident.

Pourquoi un support visuel peut aider

Une image reste là, elle laisse du temps pour comprendre, elle réduit la part de ce qui n'est pas dit. Elle peut aussi offrir un moyen de se faire comprendre à quelqu'un qui n'a pas, ou pas encore, les mots pour le faire.

Les raisons de recourir à ces supports sont multiples : difficultés de langage oral, de compréhension, d'attention, problème d'audition, trouble du neurodéveloppement, situation de handicap, apprentissage d'une nouvelle langue. Une difficulté à saisir l'implicite, par exemple un sous-entendu ou une expression imagée, peut elle aussi avoir de nombreuses origines. Ce n'est pas un signe automatique d'autisme, et seul un bilan permet de comprendre ce qui se passe pour une personne donnée. Le sujet est détaillé dans le guide sur le langage implicite et communication sociale. Lorsque l'autisme est déjà évoqué, la page consacrée à la communication dans l'autisme précise le rôle de l'orthophoniste.

Conseils pour utiliser des pictogrammes au quotidien

  1. Commencer petit. Deux ou trois images suffisent au départ. Par exemple, une image « boire » et une image « jouer » posées sur la table au goûter, pour que votre enfant puisse montrer ce qu'il ou elle souhaite.
  2. Dire le mot en montrant l'image. Le support accompagne la parole, il ne la remplace pas. Vous montrez l'image du bain et vous dites : « C'est l'heure du bain. »
  3. Choisir des images que la personne reconnaît. Une photo de son propre verre ou de son doudou est souvent plus parlante qu'un dessin général. On peut passer à des symboles plus simples quand ils sont compris.
  4. Rendre le support accessible. Un classeur resté dans un tiroir ne sert à rien. Accrochez les cartes à hauteur d'enfant, glissez un petit tableau dans le cartable ou dans le sac à dos.
  5. Montrer ce qui va se passer. Avant une sortie chez le médecin, alignez trois images : la voiture, la salle d'attente, la maison. L'enfant sait ce qui l'attend, et les changements de programme font moins peur.
  6. Expliquer ce qui est imagé. Si une phrase comme « il pleut des cordes » surprend, dessinez-la, puis dessinez ce qu'elle veut dire. Cette idée est développée dans la page sur les expressions imagées.
  7. Faire utiliser le même support partout. Si l'école, la famille et les activités n'emploient pas les mêmes images, la personne doit tout réapprendre. Les différentes possibilités sont présentées dans la page sur la communication alternative et améliorée.
  8. Accueillir toute forme de réponse. Un doigt tendu, un regard, un geste, une image : tout cela est de la communication. Répondez-y comme vous répondriez à une phrase.

Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?

Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.

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Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.

Ce qu'il vaut mieux éviter

Aucune famille ne s'y prend « mal » en cherchant des solutions. Quelques écueils courants peuvent cependant être évités.

  • Ne pas arrêter de parler. Les images viennent en plus de la voix, et les mots restent indispensables pour enrichir le langage.
  • Ne pas retirer le support pour « forcer » à parler. Cela prive la personne d'un moyen de se faire comprendre et peut accentuer la frustration.
  • Ne pas multiplier les images d'un coup. Trop de choix à la fois peut perdre l'enfant, et l'adulte aussi.
  • Ne pas acheter un outil complet avant d'avoir un avis. Les besoins varient beaucoup d'une personne à l'autre.
  • Ne pas conclure à un diagnostic parce qu'un enfant se tourne vers les images. Cela ne dit rien, à soi seul, de la cause de ses difficultés.

Quand et vers qui demander un avis

Si vous êtes inquiet ou inquiète pour la communication de votre enfant, votre ressenti compte. Selon la brochure officielle de repérage des troubles du neurodéveloppement, toute inquiétude des parents concernant la communication sociale et le langage est à prendre en considération. Parlez-en au médecin traitant ou au pédiatre, qui pourra vérifier l'audition, le développement général et orienter si besoin. La même brochure rappelle qu'une régression, par exemple un enfant qui perd des mots ou des habitudes de communication qu'il avait, est un signe d'alerte majeur : mieux vaut en parler sans attendre.

L'orthophoniste peut observer la façon dont une personne comprend et s'exprime, et aider à choisir un support adapté à sa situation. Pour cela, un bilan est nécessaire : celui du bilan du langage oral regarde la compréhension, l'expression et la communication. Selon le cas, d'autres professionnels peuvent compléter l'avis : médecin ORL pour l'audition, psychologue, ergothérapeute, ou une structure spécialisée si la situation le demande.

Pour démarrer, vous pouvez déposer une demande d'orthophonie. Elle est présentée selon votre secteur et votre besoin aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes, sans garantie de rendez-vous : la disponibilité dépend de chaque cabinet.

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Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un pictogramme pour communiquer ?

C'est une image simple, dessin, photo ou symbole, qui représente un mot, une action ou une idée. Elle reste visible et peut être regardée aussi longtemps que nécessaire. Elle sert à comprendre une consigne, à faire un choix ou à demander quelque chose.

À quoi sert le PECS ?

Le PECS est une méthode connue qui apprend à échanger une image contre un objet ou une activité que l'on souhaite. Elle aide à lancer une demande sans passer par la parole. C'est une approche parmi d'autres, à choisir selon la personne et sa situation.

Un pictogramme est-il réservé aux personnes autistes ?

Non. Les pictogrammes servent aussi à des enfants qui parlent peu, à des personnes sourdes ou malentendantes, à des adultes dont la parole est devenue difficile, ou à ceux qui apprennent le français. L'autisme est un contexte d'usage parmi d'autres, et un enfant qui s'intéresse aux images n'est pas pour autant autiste.

Faut-il un diagnostic pour utiliser des pictogrammes ?

Non, un emploi du temps en images ou deux cartes de choix peuvent s'essayer à la maison sans diagnostic. Pour choisir un outil plus complet ou comprendre l'origine des difficultés, un bilan avec l'orthophoniste et un avis médical sont utiles.

Les images empêchent-elles l'enfant de parler ?

Les images s'ajoutent à la parole et ne la remplacent pas : l'adulte continue de nommer ce qu'il montre. Si cette crainte vous préoccupe, parlez-en à l'orthophoniste, qui pourra l'aborder en regardant la situation de votre enfant.

Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.