Des exemples observables au quotidien
Les expressions imagées sont partout : à la maison, à l'école, dans les dessins animés. Une difficulté à les comprendre se repère souvent à de petites réactions.
- Votre enfant regarde par terre quand vous dites « il pleut des cordes », ou cherche les cordes.
- Il s'inquiète en entendant « tu me casses les pieds » ou « j'ai failli tomber dans les pommes ».
- Il répond « non » à « tu as un chat dans la gorge ? », puis explique qu'il n'y a pas de chat.
- Il sourit sans comprendre quand les autres rient d'une expression, ou il demande sans cesse « mais pourquoi tu dis ça ? ».
- Il reprend une expression entendue, mais l'emploie au mauvais moment, comme une formule apprise par cœur.
- En classe, il passe à côté d'une consigne comme « range tes affaires, on y va » ou « ouvre l'œil » parce qu'il en cherche le sens exact.
Ces situations ne disent pas à elles seules de quoi il s'agit. Elles méritent simplement d'être notées : quand cela arrive, avec quelle expression, dans quel contexte. Si votre enfant prend aussi les phrases au sens littéral dans bien d'autres situations, la page sur un enfant qui comprend tout au premier degré élargit le tableau.
Ce qui peut expliquer ces difficultés
Comprendre une expression imagée demande de repérer qu'elle ne se prend pas au mot à mot, puis de retrouver son sens à partir du contexte, du ton et de ce qu'on sait de la situation. Plusieurs pistes peuvent se croiser.
- Le vocabulaire et la compréhension du langage. Si les mots eux-mêmes sont encore fragiles, l'expression devient un casse-tête de plus. La différence entre comprendre et s'exprimer est expliquée dans la fiche sur le langage réceptif et expressif.
- L'âge et l'expérience. Les expressions s'apprennent progressivement, en les entendant souvent et en voyant comment les autres les utilisent.
- Le plurilinguisme. Une expression propre à une langue n'a pas toujours d'équivalent dans l'autre.
- L'attention et la fatigue. Un enfant qui décroche en cours d'échange peut perdre le fil du contexte qui aurait donné le sens.
- La communication sociale. Lire les intentions, le ton, l'humour ou les sous-entendus peut demander plus d'efforts à certains enfants.
Une difficulté avec l'implicite ne signifie donc pas automatiquement un trouble précis, et encore moins un diagnostic particulier. Plusieurs causes peuvent aussi coexister. Seul un bilan permet de faire la part des choses. Le sujet plus large est détaillé dans le guide sur le langage implicite et la communication sociale.
Conseils pour aider votre enfant au quotidien
Le principe est simple : rendre visible ce qui est sous-entendu, sans en faire une leçon à chaque phrase.
- Expliquer l'expression au moment où elle apparaît. Dites-le en une phrase courte : « Quand je dis “il pleut des cordes”, ça veut dire qu'il pleut très fort. » Votre enfant relie ainsi l'explication à une situation réelle.
- Dire d'abord le sens clair, puis l'image. Pour une consigne importante, commencez par la version directe : « Dépêche-toi, on part dans cinq minutes. » Vous pouvez ensuite ajouter l'expression, une fois le message passé.
- Dessiner l'expression, au sens propre puis au sens figuré. Faites deux dessins pour « avoir un chat dans la gorge » : un chat dans une gorge, puis quelqu'un qui tousse un peu. Le contraste fait rire et aide à retenir que les deux sens existent.
- Garder un petit carnet d'expressions. Notez avec votre enfant celles qui l'ont surpris, avec leur sens et un exemple tiré de votre quotidien. Relisez-le de temps en temps, comme un jeu.
- Chercher le sens ensemble avec des indices. Demandez : « Qu'est-ce qui se passe ? Comment la personne a l'air ? Est-ce que ça peut vouloir dire vraiment ça ? » Votre enfant apprend ainsi une méthode, pas seulement une liste.
- Profiter des lectures et des films. Marquez une pause quand une expression apparaît dans une histoire et commentez-la en quelques mots.
- S'appuyer sur un support d'entraînement. Pour les enfants d'âge scolaire, la leçon sur les expressions imagées propose des exemples à explorer ensemble.
Ces gestes soutiennent la compréhension de votre enfant. Ils ne remplacent ni un bilan ni des séances d'orthophonie si celles-ci s'avèrent nécessaires.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Ce qu'il vaut mieux éviter
Rassurez-vous : la plupart de ces réflexes sont naturels, et personne ne parle sans expressions imagées. Quelques ajustements suffisent.
- Se moquer ou répéter l'expression en riant. Votre enfant peut se sentir en faute alors qu'il cherche simplement à comprendre.
- Répondre « tu le sais bien » ou « c'est évident ». Pour lui, ce n'est pas évident, et cette réponse ferme la discussion.
- Supprimer toutes les expressions. Elles font partie de la langue. Mieux vaut les expliquer au fil des occasions que les éviter.
- Multiplier les explications d'un coup. Une expression à la fois, au moment où elle apparaît, est plus facile à retenir qu'une liste récitée.
- Conclure trop vite. Ne cherchez pas à poser une étiquette à partir de quelques exemples. Le sens que votre enfant donne aux mots est un indice, pas une réponse.
Quand et vers qui demander un avis
Parlez-en à un professionnel de santé si la difficulté dure, s'étend à d'autres situations ou gêne la vie de votre enfant, à l'école comme avec les autres. La brochure officielle de repérage précise que toute inquiétude des parents concernant la communication sociale et le langage est à prendre en considération.
- Le médecin traitant ou le pédiatre peut faire le point sur le développement de votre enfant, vérifier l'audition et orienter vers les bons interlocuteurs.
- L'orthophoniste réalise un bilan : il observe la compréhension, le vocabulaire, la façon de communiquer et de suivre une conversation. Le contenu est détaillé dans la page sur le bilan du langage oral.
- D'autres professionnels peuvent être utiles selon ce que le bilan révèle : médecin, psychologue, ou autre intervenant du développement de l'enfant. L'orthophoniste ou le médecin vous indiquera lesquels, si besoin.
L'école peut aussi vous apporter des observations utiles : comment votre enfant réagit aux consignes orales, aux jeux de mots, aux échanges en groupe. Un enseignant qui connaît la difficulté peut reformuler plus clairement.
Si vous cherchez un ou une orthophoniste pour un bilan, vous pouvez déposer une demande d'orthophonie en décrivant ce que vous observez. Elle pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes selon votre secteur et votre besoin. Cela ne garantit ni une place ni un rendez-vous, mais vous évite de multiplier les démarches.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Le motif est déjà proposé, vous pouvez le modifier.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Questions fréquentes
À quel âge un enfant comprend-il les expressions imagées ?
La compréhension des expressions imagées se construit progressivement, avec le vocabulaire, l'expérience et les échanges. Il n'existe pas d'âge précis à partir duquel tout est acquis. Si vous avez un doute, notez des exemples concrets et parlez-en à votre médecin ou à un ou une orthophoniste.
Mon enfant prend les expressions au pied de la lettre : est-ce de l'autisme ?
Pas automatiquement. Une difficulté avec les expressions imagées peut avoir de nombreuses causes : vocabulaire, attention, plurilinguisme, compréhension du langage ou communication sociale. Seul un bilan réalisé par des professionnels permet de comprendre ce qui se passe pour votre enfant.
Comment expliquer une expression imagée à un enfant ?
Donnez d'abord le sens clair en une phrase courte, puis montrez l'image : un dessin du sens propre et du sens figuré fonctionne bien. Expliquez au moment où l'expression apparaît dans une vraie situation, une expression à la fois.
Dois-je arrêter d'utiliser des expressions imagées avec mon enfant ?
Non, elles font partie de la langue et il les rencontrera partout. Pour une consigne importante, commencez par la formulation directe, puis ajoutez l'expression si vous le souhaitez. Le reste du temps, expliquez-les au fil des occasions.
Faut-il un bilan orthophonique pour ce type de difficulté ?
Un bilan peut être utile si la difficulté dure, touche d'autres situations de communication ou gêne votre enfant à l'école ou avec les autres. L'orthophoniste observe alors la compréhension et la communication, et indique si un accompagnement est nécessaire.
Sources
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.