Un compte rendu de bilan orthophonique décrit ce que l'orthophoniste a observé, épreuve après épreuve, avec les mots de sa discipline. Ces termes ont un sens exact pour les spécialistes, mais ils laissent souvent les familles et les adultes concernés avec plus de questions que de réponses.
À quoi sert le dictionnaire des termes du bilan
Les bilans orthophoniques donnent lieu à un compte rendu écrit obligatoire. Lorsque le médecin a prescrit un bilan « avec rééducation si nécessaire », ce compte rendu, adressé au prescripteur, indique le diagnostic orthophonique et, si des séances sont nécessaires, les objectifs de la rééducation ainsi que le nombre et la nature des séances. Pour repérer les parties de ce document et savoir dans quel ordre les lire, reportez-vous au guide pour comprendre le compte rendu du bilan.
Le dictionnaire répond à une autre difficulté : les mots eux-mêmes. Chaque fiche reprend une notion fréquente dans les comptes rendus et la présente toujours de la même façon :
- une définition accessible, sans jargon ;
- un exemple concret, tiré de la vie quotidienne ou de l'école ;
- ce que l'orthophoniste cherche à observer avec les épreuves liées à cette notion ;
- des questions à poser lors de l'échange sur les résultats ;
- des renvois vers les guides qui traitent des difficultés associées.
Comprendre les mots avant cet échange, souvent appelé restitution, permet de consacrer le temps du rendez-vous à l'essentiel : la situation de votre enfant ou la vôtre, et la suite à donner.
Des notions expliquées, jamais des résultats interprétés
Les fiches expliquent ce que veut dire un terme. Elles n'interprètent aucun score, ne comparent aucun résultat à une norme et ne disent pas si une difficulté relève d'un trouble. Un même résultat peut avoir une portée très différente selon l'âge, l'histoire de la personne, les autres épreuves du bilan et ce qui a été observé pendant la passation.
L'orthophoniste établit son diagnostic orthophonique en autonomie, à partir de l'ensemble du bilan. Seul celui ou celle qui a réalisé le bilan peut expliquer les scores du compte rendu et les raisons pour lesquelles une rééducation est proposée, ou non. Pour une question de santé générale, d'audition ou de traitement, le médecin reste l'interlocuteur. Demander une explication orale du compte rendu est une démarche tout à fait légitime.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Les notions du langage oral
Beaucoup de bilans distinguent ce que la personne comprend et ce qu'elle produit. La fiche sur le langage réceptif et expressif explique cette différence, qui organise souvent tout un compte rendu de langage oral.
Comprendre une phrase ne dépend pas seulement du sens des mots : leur ordre, les petits mots grammaticaux et les terminaisons comptent aussi. C'est ce que recouvre la compréhension morphosyntaxique, illustrée par des phrases qui changent de sens avec un seul mot.
Connaître un mot et le retrouver au bon moment sont deux choses différentes. La fiche consacrée au stock lexical et à l'évocation présente les épreuves de dénomination et ce qu'elles permettent de repérer.
Pour parler, il faut aussi percevoir la différence entre des sons proches, comme « b » et « p ». La discrimination auditive désigne cette capacité, qui ne se confond pas avec l'audition mesurée par un médecin.
Articuler demande enfin des mouvements précis des lèvres, de la langue et des joues. La fiche sur les praxies bucco-faciales explique pourquoi un bilan comporte parfois des consignes comme souffler, claquer la langue ou imiter une mimique.
Certains comptes rendus parlent aussi de pragmatique, c'est-à-dire de l'usage du langage en situation : respecter le tour de parole, comprendre une plaisanterie ou un sous-entendu. Ces aspects sont détaillés dans le guide sur le langage implicite et la communication sociale, qui indique aussi quand consulter.
Les notions de la lecture et de l'écrit
Pour apprendre à lire, un enfant doit pouvoir découper les mots en syllabes et en sons, puis jouer avec ces unités. La conscience phonologique désigne cette capacité, souvent explorée dans les bilans qui précèdent ou accompagnent l'apprentissage de la lecture.
Un lecteur peut déchiffrer un mot syllabe par syllabe ou le reconnaître d'un coup d'œil. La fiche sur la voie d'assemblage et la voie d'adressage présente ces deux façons de lire et explique pourquoi le bilan les examine séparément.
Le mot fluence prend plusieurs sens. Il peut désigner la capacité à produire vite des mots selon une consigne, par exemple citer le plus d'animaux possible en un temps donné, ou la vitesse et la régularité de la lecture : une fiche distingue fluence verbale et fluence de lecture. Dans un bilan de bégaiement, il renvoie encore à autre chose, la fluidité de la parole.
Mémoire, nombres et résultats chiffrés
Retenir une consigne le temps de l'exécuter, garder un nombre en tête pendant un calcul : ces gestes mobilisent la mémoire de travail. La fiche montre comment elle intervient dans le langage, la lecture et les apprentissages, et pourquoi le bilan l'évalue à part.
Les bilans logico-mathématiques ont leur propre vocabulaire : sens du nombre, dénombrement, transcodage, résolution de problèmes. Ces notions de cognition mathématique sont expliquées une à une, avec des exemples tirés du quotidien.
La plupart des épreuves sont étalonnées : le résultat est comparé à celui d'un groupe de référence, par exemple des personnes du même âge ou du même niveau scolaire. La fiche consacrée à l'écart-type et au percentile explique ce que veulent dire ces repères statistiques. Elle ne fixe aucun seuil à partir duquel un résultat deviendrait préoccupant : cette lecture revient à l'orthophoniste, qui croise les chiffres avec ses observations.
Bien utiliser le dictionnaire avec l'orthophoniste
Si vous avez le compte rendu sous les yeux, lisez-le au calme et soulignez chaque mot qui pose question. Pour un terme isolé, le glossaire de l'orthophonie donne une définition courte ; pour une notion plus large, la fiche correspondante du dictionnaire va plus loin. Notez ensuite vos questions, par exemple :
- Quelles épreuves ont servi à évaluer cette capacité, et que demandaient-elles ?
- Comment ce résultat se traduit-il au quotidien, à la maison, à l'école ou au travail ?
- Quels points forts le bilan a-t-il mis en évidence ?
- Si une rééducation est proposée, quels en sont les objectifs et comment suivre les progrès ?
- Que faire à la maison, et que vaut-il mieux éviter ?
Ces questions n'ont rien d'indiscret : elles aident l'orthophoniste à expliquer ses conclusions avec des mots qui vous parlent.
Si le bilan reste à faire
Le dictionnaire sert aussi avant un bilan, pour savoir à quoi s'attendre. Le bilan orthophonique fait en principe l'objet d'une prescription médicale, accompagnée si possible des motifs de la demande. Si vous cherchez un ou une orthophoniste, vous pouvez déposer une demande d'orthophonie en décrivant votre besoin. Selon votre secteur et ce besoin, elle pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes. Une demande enregistrée n'est pas un rendez-vous : la mise en relation dépend des orthophonistes et de leurs disponibilités.
Questions fréquentes
Comment comprendre un bilan orthophonique ?
Repérez d'abord les grandes parties du compte rendu, comme les épreuves passées et la conclusion. Soulignez ensuite les mots techniques et cherchez leur sens dans le dictionnaire des termes du bilan ou dans le glossaire. Gardez les questions qui restent pour l'orthophoniste : c'est la seule personne à pouvoir relier les résultats à la situation de la personne évaluée.
Quels termes reviennent souvent dans un bilan orthophonique ?
Cela dépend du type de bilan. On rencontre par exemple langage réceptif et expressif, compréhension morphosyntaxique, stock lexical, conscience phonologique, voies de lecture, mémoire de travail ou cognition mathématique. Les résultats sont souvent exprimés sous forme d'écart-type ou de percentile.
Que veulent dire écart-type et percentile dans un compte rendu ?
Ce sont des repères statistiques qui situent un résultat par rapport à un groupe de référence, par exemple des personnes du même âge. Ils servent à comparer, pas à conclure seuls. L'orthophoniste les interprète à la lumière de l'ensemble du bilan et de ce qui a été observé pendant les épreuves.
Peut-on interpréter seul les scores de son bilan orthophonique ?
Mieux vaut ne pas le faire. Un score isolé ne dit pas si une difficulté est un trouble : il prend son sens avec l'âge, l'histoire de la personne et les autres épreuves. L'orthophoniste qui a réalisé le bilan pose le diagnostic orthophonique et peut expliquer chaque résultat si vous lui demandez d'en parler.
Existe-t-il un lexique du bilan orthophonique ?
Oui, à deux niveaux. Le glossaire de l'orthophonie donne des définitions courtes des mots courants. Le dictionnaire des termes du bilan approfondit les notions clés, avec un exemple, ce que l'orthophoniste observe et des questions à poser lors de l'échange sur les résultats.
Que contient le compte rendu d'un bilan orthophonique ?
Le bilan donne lieu à un compte rendu écrit, adressé au médecin prescripteur. Quand le bilan a été prescrit avec rééducation si nécessaire, il indique le diagnostic orthophonique et, si des séances sont prévues, leurs objectifs, leur nombre et leur nature.
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.