Ce que contient un bilan du langage oral
Le bilan du langage oral est un temps d'observation et de tests menés par l'orthophoniste. Il vise à comprendre comment votre enfant communique et à situer ses difficultés, s'il y en a. L'orthophoniste établit en autonomie son diagnostic et décide des soins à mettre en œuvre.
Dans la nomenclature de l'Assurance maladie, ce bilan s'intitule « communication et langage oral et/ou aptitudes à l'acquisition du langage écrit ». Sa cotation officielle est AMO 34,01. Un compte rendu écrit est obligatoire.
Selon l'âge et la plainte, l'orthophoniste explore plusieurs dimensions :
- La compréhension : l'enfant suit-il une consigne simple, comprend-il les mots et les phrases, avec ou sans geste de l'adulte ?
- L'expression : étendue du vocabulaire, construction des phrases, grammaire, capacité à raconter.
- La parole : la façon de prononcer les sons et de se faire comprendre, y compris par une personne extérieure à la famille.
- La communication : regard, échange, respect du tour de parole, envie de se faire comprendre.
L'orthophoniste interroge aussi les parents sur l'histoire de l'enfant et sur ce qui les inquiète. Cet échange compte autant que les épreuves. Il permet de relier ce qui est observé au quotidien de l'enfant, à la maison comme à l'école.
Quand on parle de « bilan retard de langage », il faut garder une nuance : le retard n'est pas un constat posé d'avance. C'est le bilan qui dit si le langage de l'enfant s'écarte de ce qui est attendu, dans quels domaines, et si une rééducation est justifiée.
Quand envisager un bilan du langage oral
La brochure officielle de repérage des troubles du neurodéveloppement (juin 2020) propose des repères par âge. Ils décrivent ce que l'enfant fait habituellement. En voici quelques-uns :
| Âge | Repères du langage oral |
|---|---|
| 12 mois | Réagit à son prénom, comprend le « non », prononce des syllabes redoublées (ba ba, ta ta). |
| 18 mois | Désigne une image ou une chose nommée sur consigne orale, comprend les consignes simples, dit spontanément cinq mots. |
| 24 mois | Dit spontanément plus de dix mots usuels, associe deux mots (« bébé dodo »). |
| 3 ans | Fait des phrases de trois mots, parle de lui par son prénom ou à la première personne, comprend une consigne simple sans geste. |
| 4 ans | Est compris par une personne étrangère à la famille, conjugue des verbes au présent, pose la question « Pourquoi ? ». |
| 5 ans | Fait des phrases de six mots avec une grammaire correcte, nomme au moins trois couleurs. |
| 6 ans | Raconte une petite histoire de façon structurée, dialogue en respectant le tour de parole. |
Ces repères ne servent pas à poser un diagnostic à la maison. La grille est un outil destiné aux médecins, qui orientent vers une plateforme de diagnostic et d'intervention lorsque plusieurs signes se cumulent dans plusieurs domaines. Un item manquant isolé ne suffit pas : aucun signe pris seul n'a de valeur prédictive. Pour un enfant qui grandit avec plusieurs langues, le bilan orthophonique en plusieurs langues demande d'observer toutes ses langues.
En revanche, votre inquiétude compte. La même brochure précise que toute inquiétude des parents sur la communication et le langage est à prendre en considération. Et une régression, c'est-à-dire un enfant qui perd des mots ou des capacités qu'il avait, est un signe d'alerte majeur : parlez-en sans attendre à votre médecin.
Le délai compte aussi. La Haute Autorité de santé indique que le délai entre le repérage d'anomalies du développement et le début des interventions ne devrait pas excéder 3 mois chez les enfants de moins de 18 mois, et 6 mois au-delà.
Plusieurs rendez-vous de dépistage peuvent mettre le langage sur la table :
- la visite à l'école entre 3 et 4 ans, qui permet notamment un dépistage du langage oral ;
- l'examen de santé obligatoire de 6 ans chez le médecin, qui recherche entre autres des troubles du langage ;
- à partir de septembre 2026, un test de dépistage du langage (DPL3) en petite section, pour les enfants de 36 à 42 mois, dans des écoles pilotes de 70 départements, avec l'autorisation des parents.
Vous cherchez un rendez-vous pour votre enfant ?
Décrivez votre besoin (bilan, suivi ou orientation) et indiquez votre commune, ou votre pays si vous vivez hors de France. Votre demande pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes dans votre secteur.
Faire une demande de rendez-vous
Le dépôt d'une demande ne constitue pas un rendez-vous et ne garantit pas l'obtention d'une place.
Les démarches pour obtenir un bilan
Le parcours se déroule le plus souvent en trois temps.
- Parler à un médecin. Médecin traitant ou pédiatre, il examine votre enfant et peut prescrire le bilan. La prescription prend deux formes : « bilan orthophonique avec rééducation si nécessaire » ou « bilan orthophonique d'investigation ».
- Trouver un ou une orthophoniste. Vous pouvez contacter directement des cabinets. Vous pouvez aussi faire une demande : elle pourra être présentée, selon votre secteur et votre besoin, aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes. Déposer une demande n'est pas prendre un rendez-vous, et rien ne garantit qu'un ou une orthophoniste ait une place.
- Patienter utilement. Les délais varient selon les cabinets. Avant 6 ans, un CAMSP peut aussi recevoir l'enfant pour une évaluation pluridisciplinaire, avec ses propres délais. Des idées pour occuper l'attente à la maison existent, et elles ne remplacent ni le bilan ni la rééducation.
Une ordonnance est-elle toujours nécessaire ? Le principe est que l'orthophoniste exerce sur prescription médicale. L'accès direct, sans ordonnance, concerne certaines structures seulement : établissements de santé, établissements médico-sociaux, structures d'exercice coordonné (maisons de santé, centres de santé, CPTS sous conditions). Pour un cabinet libéral en dehors de ces structures, prévoyez l'ordonnance. Le détail se trouve dans la réponse sur l'ordonnance et l'accès direct.
Côté remboursement, l'Assurance maladie rembourse les actes d'orthophonie à 60 %. La mutuelle ou complémentaire santé peut prendre en charge la somme restante, hors franchise. Renseignez-vous auprès d'elle sur sa couverture.
Comment se passe le bilan, puis ce qui suit
Le premier rendez-vous commence souvent par un échange avec vous, puis l'enfant passe des épreuves sous forme d'activités ludiques, d'images, de questions et de petites consignes. Selon son âge, sa fatigue et la plainte, le bilan peut demander plus d'un temps. Le déroulement d'un bilan est détaillé à part, tout comme la préparation du bilan de son enfant.
À l'issue du bilan, l'orthophoniste adresse au prescripteur un compte rendu indiquant le diagnostic orthophonique. Si des séances sont nécessaires, ce compte rendu précise les buts de la rééducation, ainsi que le nombre et la nature des séances, que l'orthophoniste détermine. Pour le lire sereinement, voyez comment comprendre le compte rendu.
Trois suites sont possibles :
- Une rééducation du langage oral, par séances individuelles d'une durée minimale de 30 minutes. La première série comprend 30 séances. Elle est renouvelable par séries de 20 au maximum, et un bilan de renouvellement est demandé après 50 séances si la rééducation doit continuer. Ce bilan est minoré de 30 % depuis le 23 février 2026.
- Une investigation complémentaire, quand le bilan d'investigation ne suffit pas à conclure. Le prescripteur peut ensuite prescrire une rééducation.
- Des conseils sans rééducation. Si aucune rééducation n'est nécessaire, un bilan de prévention et d'accompagnement parental (AMO 20) peut remplacer le bilan classique : l'orthophoniste donne alors des conseils à la famille, sans séances à la suite.
Quoi qu'il arrive, l'enfant ne « rate » pas son bilan. Il n'y a ni note ni réussite à viser : l'orthophoniste observe pour décider de ce qui sera utile.
La place de l'orthophoniste et des autres professionnels
L'orthophoniste évalue le langage et décide de la rééducation. Le médecin reste au cœur du parcours : il prescrit le bilan, examine l'enfant dans sa globalité et reçoit le compte rendu. Si le bilan amène le médecin à demander un avis médical complémentaire, l'orthophoniste le dit dans son compte rendu.
Les autres adultes qui entourent l'enfant jouent un rôle de relais. L'enseignant observe l'enfant en groupe, la visite à l'école et les médecins scolaires ou de PMI dépistent, la crèche ou l'assistante maternelle voient le quotidien. Leurs remarques, que vous pouvez transmettre à l'orthophoniste, enrichissent le bilan.
Si les difficultés pèsent sur la scolarité, le bilan peut aussi appuyer des aménagements, comme un plan d'accompagnement personnalisé (PAP). Cette décision se prend avec l'école et le médecin de l'Éducation nationale, sans que l'orthophoniste décide seule ou seul.
Conseils pratiques pour les parents
- Notez des exemples concrets avant le rendez-vous : mots dits, phrases entendues, situations où votre enfant n'est pas compris, consignes qu'il ne suit pas.
- Parlez du bilan simplement à votre enfant : quelqu'un va jouer et discuter avec lui pour mieux l'aider à parler.
- Évitez de lui faire répéter ou de corriger sa parole sous pression avant le bilan. Parlez-lui normalement, nommez ce que vous faites, lisez-lui des histoires.
- Posez vos questions à l'orthophoniste : ce qui a été observé, ce que vous pouvez faire à la maison, ce que l'orthophoniste recommande pour la suite.
- Gardez la prescription et le compte rendu : ils serviront au suivi, au remboursement et, si besoin, aux échanges avec l'école.
Si vous ne savez pas par où commencer, un premier échange avec votre médecin est une bonne porte d'entrée. Vous pouvez ensuite chercher un cabinet disponible, sans attendre que l'inquiétude s'installe.
Questions fréquentes
Qu'est-ce qu'un bilan orthophonique du langage oral ?
C'est une évaluation menée par l'orthophoniste pour observer la compréhension, l'expression, la parole et la communication de l'enfant. Elle aboutit à un diagnostic orthophonique et à un compte rendu écrit. Ce compte rendu dit si une rééducation est utile.
Faut-il une ordonnance pour un bilan orthophonique du langage oral ?
En cabinet libéral, la prescription médicale reste la règle. L'accès direct existe seulement dans certaines structures, comme les établissements de santé ou les maisons de santé, sous conditions. Le médecin peut prescrire un bilan avec rééducation si nécessaire ou un bilan d'investigation.
Comment savoir si mon enfant a besoin d'un bilan pour un retard de langage ?
Des repères par âge existent, mais un signe isolé ne prouve rien. Si vous êtes inquiet, parlez-en à votre médecin : votre inquiétude est à prendre en considération. Une perte de mots ou de capacités déjà acquises justifie d'en parler sans attendre.
Le bilan du langage oral est-il remboursé ?
L'Assurance maladie rembourse à 60 % les actes d'orthophonie. La mutuelle peut prendre en charge la somme restante, hors franchise. Renseignez-vous auprès de votre complémentaire sur ses conditions.
Que se passe-t-il après le bilan ?
L'orthophoniste adresse un compte rendu au prescripteur. L'orthophoniste peut proposer des séances de rééducation, en précisant les buts, le nombre et la nature des séances. L'orthophoniste peut aussi conclure à un bilan de prévention avec conseils, sans séances.
Sources
Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.