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Études supérieures : lecture, prise de notes, écrits et orthophonie

À l'université ou en école, les lectures s'allongent, les cours vont vite et les écrits comptent davantage. Pour un étudiant dyslexique, ou qui se découvre en difficulté de lecture à l'âge adulte, ces exigences peuvent peser lourd. Des repères, des démarches et des stratégies de travail existent.

En bref

Une dyslexie ou une difficulté de lecture persistante peut gêner les études supérieures : documents longs, prise de notes, rédaction. Un bilan orthophonique adulte permet de comprendre ce qui coince et de décrire les besoins. Les aménagements d'examens se demandent ensuite auprès du service handicap de l'établissement, qui décide selon ses propres règles.

Pourquoi les études supérieures mettent la lecture à l'épreuve

Au lycée, les textes sont encadrés par l'enseignant. Dans le supérieur, l'étudiant doit lire seul des chapitres entiers, des articles, des polycopiés, parfois en plusieurs langues. Il doit aussi suivre un cours, écrire en même temps et rendre des dossiers structurés.

Pour une personne dyslexique, chacune de ces tâches demande plus d'énergie que pour d'autres. Le décodage des mots reste coûteux, la lecture est lente, et la fatigue s'installe avant la fin du chapitre. Le niveau intellectuel n'est pas en cause : c'est le canal de l'écrit qui demande un effort supplémentaire.

Ces difficultés se traduisent souvent de façon discrète. On relit trois fois le même paragraphe, on évite les lectures obligatoires, on rend les devoirs à la dernière minute, on se sent plus lent que ses camarades sans comprendre pourquoi.

Les situations les plus fréquentes

Lire des documents longs

Le signe le plus courant est une lecture lente et fatigante, avec des erreurs sur les mots longs ou rares, un saut de ligne, une perte du fil. La compréhension en pâtit parce que l'attention est absorbée par le décodage. Beaucoup d'étudiants compensent par des heures supplémentaires, jusqu'à l'épuisement.

Prendre des notes en cours

Écouter, comprendre, écrire et orthographier en même temps surcharge la mémoire de travail. Les notes sont incomplètes, difficiles à relire, ou truffées d'erreurs qui gênent la révision. Certains renoncent à noter et ne retiennent alors qu'une partie du cours.

Écrire des devoirs, mémoires et rapports

L'orthographe, la construction des phrases et l'organisation des idées peuvent poser problème, surtout sur des textes longs. L'étudiant sait ce qu'il veut dire, mais sa copie ne reflète pas ce qu'il maîtrise. Les relectures sont longues et laissent passer des erreurs.

Une dyslexie jamais repérée

Certains adultes ont passé le lycée grâce à de fortes stratégies de compensation et n'ont jamais eu de bilan. Les études supérieures font alors apparaître des limites. D'autres ont été repérés enfants et veulent mettre à jour leur situation. Dans les deux cas, une difficulté de lecture à l'âge adulte mérite d'être explorée, sans se contenter d'« essayer de se concentrer davantage ».

Quand consulter à l'âge adulte

Un avis professionnel est utile quand la difficulté dure, qu'elle freine les études malgré les efforts, ou qu'elle s'accompagne d'une fatigue et d'un découragement marqués. Il l'est aussi quand un aménagement est envisagé : le dossier se construit plus sereinement avec un bilan récent qu'avec une impression personnelle.

Si les difficultés sont apparues brutalement, ou s'accompagnent d'autres signes (trouble de la parole, faiblesse d'un côté du corps, maux de tête inhabituels), il faut consulter un médecin sans attendre. En cas de signes d'AVC, appelez le 15.

Il faut en revanche savoir qu'une dyslexie ne se diagnostique ni par un questionnaire en ligne ni par une lecture de profil sur un site. Seul un bilan réalisé par un ou une orthophoniste permet de dire s'il s'agit d'un trouble du langage écrit, d'une autre difficulté ou de plusieurs facteurs qui se cumulent (fatigue, anxiété, trouble de l'attention, difficultés de la langue d'étude).

Le bilan orthophonique adulte

Le bilan du langage écrit explore la lecture (précision, vitesse, compréhension), l'orthographe et l'expression écrite. Il observe aussi ce qui les soutient, comme la mémoire de travail ou la conscience des sons de la langue. Il peut s'appuyer sur la notion de deux façons de lire, voie d'assemblage et voie d'adressage, pour situer où se trouve la difficulté.

Le déroulement détaillé est présenté dans le bilan chez l'adulte. Il se conclut par un compte rendu écrit, qui indique le diagnostic orthophonique et, si une rééducation est utile, ses objectifs. Ce compte rendu est adressé au prescripteur.

Côté démarches, les soins d'orthophonie se font en principe sur prescription médicale : le médecin traitant est le premier interlocuteur. L'orthophoniste établit son diagnostic et décide des soins à mettre en œuvre. Certaines structures permettent un accès sans ordonnance (centres de santé, maisons de santé, établissements de santé notamment), mais en cabinet libéral, l'ordonnance reste la règle.

Lorsque le bilan conclut à un besoin de rééducation, celle-ci porte sur le langage écrit : stratégies de lecture, orthographe, organisation de l'écrit. Aucun résultat ne peut être promis à l'avance, car il dépend de la personne, de la nature de la difficulté et de la régularité du travail. Le remboursement par l'Assurance maladie est de 60 % pour les actes d'orthophonie, le reste pouvant être pris en charge par la complémentaire santé selon le contrat.

Demander des aménagements d'examens

Les aménagements dans l'enseignement supérieur se demandent auprès de l'établissement, en général par le service chargé de l'accueil des étudiants en situation de handicap, souvent appelé service handicap. Chaque université ou école a son organisation, ses formulaires et ses interlocuteurs. Le plus sûr est donc de leur écrire ou de les rencontrer pour savoir comment procéder et quelles pièces fournir.

Ces aménagements prennent des formes variées selon les situations : temps supplémentaire (souvent appelé tiers temps), salle séparée, épreuve adaptée, usage d'un ordinateur ou d'une aide à la lecture, présentation des sujets modifiée. Ce qui est accordé relève de la décision de l'établissement, au vu de la situation de l'étudiant. Aucune formule ne s'applique automatiquement.

Quelques conseils pour aborder cette démarche :

  • commencer tôt dans l'année, bien avant les périodes d'examen, pour laisser le temps de l'instruction du dossier ;
  • demander à l'établissement la liste des documents attendus plutôt que de supposer ;
  • conserver le compte rendu du bilan et en garder des copies ;
  • décrire concrètement ses difficultés (lecture des sujets, rédaction sous contrainte de temps) pour que les aménagements demandés y répondent ;
  • refaire le point à chaque nouvelle année ou changement de cursus.

Les aménagements concernent aussi le quotidien des études, et pas seulement les épreuves : documents fournis à l'avance, accès aux supports de cours, adaptation de certains travaux. Le service handicap peut orienter sur ce point.

Stratégies de travail au quotidien

Un bilan et des aménagements n'enlèvent pas le besoin de méthodes adaptées. Certaines ont fait leurs preuves auprès de nombreux étudiants.

  • Lire par étapes : parcourir d'abord le plan, les titres et la conclusion, puis lire en détail les passages utiles. On gagne en compréhension et on réduit l'effort.
  • Utiliser des supports audio : synthèse vocale pour les documents numériques, enregistrement des cours quand l'enseignant l'accepte (à lui demander).
  • Alléger la prise de notes : abréviations personnelles, schémas, plan à trous préparé avant le cours, échange de notes avec un camarade, relecture dans les heures qui suivent.
  • Préparer les écrits en deux temps : d'abord le plan et les idées, puis la rédaction, puis la relecture, idéalement à distance de l'écriture.
  • Utiliser un correcteur et une relecture orale : entendre son texte lu à voix haute aide à repérer ce que l'œil ne voit plus.
  • Planifier des pauses : la fatigue de lecture est réelle, et les séances courtes et régulières sont plus efficaces que de longues plages d'effort.

L'orthophoniste peut, dans le cadre d'une rééducation, aider à mettre en place ces outils et à les ajuster aux exigences concrètes de la filière. L'orthophoniste n'est pas le seul interlocuteur : médecin traitant, service handicap, enseignants référents et services d'aide aux étudiants complètent l'accompagnement, chacun à sa place.

Trouver un ou une orthophoniste et faire sa demande

Les orthophonistes ne sont pas tous disponibles pour des bilans d'adultes dans les délais souhaités. Pour éviter de multiplier les appels, il est possible de déposer une demande d'orthophonie en décrivant son besoin : étudiant, difficultés de lecture et d'écrit, ville d'études. Elle pourra être présentée aux orthophonistes partenaires qui acceptent des demandes selon le secteur et le besoin. Le dépôt d'une demande n'est ni un rendez-vous ni une garantie d'en obtenir un, et la mise en relation dépend des disponibilités des orthophonistes.

Pour situer l'ensemble des situations adultes, vous pouvez aussi consulter les repères sur l'orthophonie adulte. Et si la dyslexie a déjà été évoquée dans l'enfance, la page sur dyslexie et dysorthographie en détaille la nature et la prise en charge.

Questions fréquentes

Peut-on découvrir une dyslexie à l'université ?

Oui, cela arrive. Certains étudiants ont compensé pendant des années grâce à des efforts importants, et les exigences du supérieur font apparaître les limites. Seul un bilan réalisé par un ou une orthophoniste permet de savoir si les difficultés relèvent d'une dyslexie ou d'une autre cause.

Comment demander un aménagement d'examen à l'université pour dyslexie ?

La demande se fait auprès de l'établissement, en général par le service handicap. Chaque université a sa propre organisation : le mieux est de les contacter tôt pour savoir quelles pièces fournir. La décision d'accorder un aménagement revient à l'établissement.

Le tiers temps est-il automatique pour un étudiant dyslexique ?

Non. Le temps supplémentaire fait partie des aménagements qui peuvent être demandés, mais il n'est pas accordé d'office. L'établissement examine la situation de l'étudiant et décide de ce qui est adapté à ses difficultés.

Faut-il un bilan orthophonique pour une dyslexie à l'âge adulte ?

Un bilan permet d'identifier la nature des difficultés et de décrire les besoins. Il aboutit à un compte rendu écrit. Selon l'établissement, des documents peuvent être demandés pour un dossier d'aménagement : renseignez-vous auprès du service concerné avant de prendre rendez-vous.

Peut-on avoir de la dyslexie sans avoir été repéré enfant ?

Oui, notamment quand l'entourage ou l'étudiant a trouvé des stratégies de contournement. Une difficulté de lecture qui persiste ou s'aggrave quand les exigences augmentent justifie un avis professionnel, sans attendre l'échec.

Rédaction Pass Éducation, mise à jour le 08/11/2026.