Règle de conjugaison
Le plus-que-parfait
À quoi sert le plus-que-parfait ?
Le plus-que-parfait exprime une action passée qui s'est déroulée avant une autre action passée. C'est le temps de l'antériorité dans le passé. Quand on dit « Quand je suis arrivé, le train était déjà parti », le départ du train (plus-que-parfait) précède l'arrivée (passé composé).
Il sert donc à remonter encore plus loin dans le passé, à évoquer ce qui s'était produit auparavant. On le trouve souvent associé à l'imparfait, au passé simple ou au passé composé : « Il raconta ce qu'il avait vu », « Elle pleurait parce qu'elle avait perdu son chat. »
Comment se forme le plus-que-parfait ?
Le plus-que-parfait est un temps composé. Il se construit avec l'auxiliaire être ou avoir conjugué à l'imparfait, suivi du participe passé du verbe. La formule est donc : auxiliaire à l'imparfait + participe passé.
Là où le passé composé utilise l'auxiliaire au présent (« j'ai mangé »), le plus-que-parfait l'utilise à l'imparfait (« j'avais mangé »). Le choix de l'auxiliaire et les règles d'accord sont exactement les mêmes qu'au passé composé.
La construction selon l'auxiliaire
| Auxiliaire | Forme | Exemple |
|---|---|---|
| avoir (imparfait) | j'avais + participe | j'avais chanté |
| être (imparfait) | j'étais + participe | j'étais parti |
Des exemples conjugués
Aimer : j'avais aimé, tu avais aimé, il avait aimé, nous avions aimé, vous aviez aimé, ils avaient aimé. Aller : j'étais allé, tu étais allé, il était allé, nous étions allés, vous étiez allés, ils étaient allés. Finir : j'avais fini, tu avais fini, il avait fini. Prendre : j'avais pris, tu avais pris, il avait pris. Être : j'avais été ; avoir : j'avais eu.
Les accords et les pièges
Les règles d'accord du participe passé sont identiques à celles du passé composé. Avec l'auxiliaire être, le participe s'accorde avec le sujet : « elles étaient parties ». Avec l'auxiliaire avoir, il s'accorde seulement avec le complément d'objet direct placé avant le verbe : « les lettres qu'il avait écrites ».
Le piège le plus fréquent consiste à confondre le plus-que-parfait avec le passé composé. Il suffit de vérifier le temps de l'auxiliaire : s'il est au présent, c'est un passé composé (« il est venu ») ; s'il est à l'imparfait, c'est un plus-que-parfait (« il était venu »).
Un autre emploi fréquent du plus-que-parfait apparaît dans les phrases hypothétiques exprimant le regret. Après « si », on l'utilise pour évoquer ce qui aurait pu se produire : « Si j'avais su, je serais venu plus tôt. » Ici, le plus-que-parfait marque une condition non réalisée dans le passé, et il appelle un conditionnel passé dans la suite de la phrase. On veillera dans ce cas à ne jamais employer le conditionnel après « si » : on écrit « si j'avais su » et non « si j'aurais su ».
Le conseil pour ne plus se tromper
Si vous maîtrisez déjà le passé composé, le plus-que-parfait ne vous demandera qu'un effort : conjuguer l'auxiliaire à l'imparfait au lieu du présent. Tout le reste, choix de l'auxiliaire entre être et avoir et règles d'accord du participe, fonctionne exactement de la même manière. Repérez donc d'abord l'auxiliaire du verbe, mettez-le à l'imparfait, puis ajoutez le participe passé en pensant à l'accord avec le sujet (si c'est être) ou avec le complément d'objet direct placé avant (si c'est avoir).