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Règle de conjugaison

Le conditionnel présent

À quoi sert le conditionnel présent ?

Le conditionnel présent exprime avant tout une action soumise à une condition : « Si j'avais le temps, je viendrais. » L'action n'aura lieu que si la condition se réalise. C'est le mode de l'hypothèse et de l'éventualité.

Il sert aussi à formuler une demande ou un souhait avec politesse : « Je voudrais un café », « Pourriez-vous m'aider ? » On l'emploie également pour rapporter une information non confirmée : « Le suspect serait en fuite. » Enfin, il exprime le rêve ou l'imaginaire : « Ce serait merveilleux. »

Comment se forme le conditionnel présent ?

Le conditionnel présent se forme de manière très logique : on prend le radical du futur simple et on lui ajoute les terminaisons de l'imparfait. C'est ce mélange qui le rend facile à retenir une fois la règle comprise.

Pour aimer, le futur est « j'aimerai », donc le radical est « aimer- » ; avec les terminaisons de l'imparfait, on obtient « j'aimerais ». Pour finir, « je finirai » donne « je finirais ».

Les terminaisons du conditionnel présent

PersonneTerminaisonExemple (aimer)
je-aisj'aimerais
tu-aistu aimerais
il/elle-aitelle aimerait
nous-ionsnous aimerions
vous-iezvous aimeriez
ils/elles-aientils aimeraient

Des exemples conjugués

Être : je serais, tu serais, il serait, nous serions, vous seriez, ils seraient. Avoir : j'aurais, tu aurais, il aurait, nous aurions, vous auriez, ils auraient. Finir : je finirais, tu finirais, il finirait, nous finirions, vous finiriez, ils finiraient. Prendre : je prendrais, tu prendrais, il prendrait, nous prendrions, vous prendriez, ils prendraient. Aller : j'irais, tu irais, il irait, nous irions, vous iriez, ils iraient.

On remarque que les terminaisons sont strictement celles de l'imparfait, à toutes les personnes, et que seul le radical, emprunté au futur, distingue les deux temps. Cette parenté explique pourquoi un même verbe irrégulier garde le même radical au futur et au conditionnel : qui sait dire « je viendrai » sait aussitôt dire « je viendrais ».

Les irréguliers et les pièges

Comme le conditionnel partage son radical avec le futur, les verbes irréguliers sont les mêmes dans les deux temps : « je ferais » (faire), « je viendrais » (venir), « je verrais » (voir), « je pourrais » (pouvoir), « je voudrais » (vouloir), « il faudrait » (falloir).

Le piège classique est de confondre le conditionnel et le futur à la première personne. À l'oral, « j'aimerai » (futur) et « j'aimerais » (conditionnel) se ressemblent. Pour les distinguer, remplacez « je » par « nous » : si l'on dit « nous aimerions », c'est le conditionnel ; si l'on dit « nous aimerons », c'est le futur.

Le conseil pour ne plus se tromper

Retenez la formule : radical du futur plus terminaisons de l'imparfait. Et méfiez-vous de la phrase avec « si » : après « si » exprimant la condition, on n'emploie jamais le conditionnel, mais l'imparfait. On écrit « Si j'avais le temps, je viendrais », et non « Si j'aurais le temps ». C'est l'erreur la plus répandue, et celle qu'il faut bannir en priorité.