Comment se préparer aux évaluations académiques

Je me souviens très bien du mal-être de mon instituteur lors de son inspection académique. Fébrile et hésitant, il comptait vraiment sur ses élèves pour faire une forte impression. Toute la classe se mettait au diapason pour adopter une posture d’élève-modèle. Aujourd’hui, c’est mon tour. Je me retrouve dans la peau d’une enseignante novice. Autant vous dire que mon appréhension est triple. Je suis jugée sur mon rôle de pédagogue. Mes aptitudes en tant que parent sont décortiquées. Pour compléter le triste tableau, je me ronge les sangs à espérer que mes enfants passent le test avec succès. C’est ma cinquième évaluation, je devrais être rodée. Mais ce petit trac est toujours là, fidèle à son poste, mais moindre qu’à mes débuts. Je ne peux pas m’empêcher de penser : « Peut-être que cette fois-ci, ils vont passer à côté ». Ou alors : « J’espère avoir un bon feeling avec la nouvelle inspectrice. ». Nous ne savons jamais à quelle sauce, nous allons être mangés. Si cette année est votre baptême du feu, je vais vous débarrasser de cette peur de l’inconnu. Voici ma plus récente expérience accompagnée de conseils. Pour ma part, le procédé que j’ai mis en place m’a toujours apporté ses fruits.

 

Le déroulé de mon inspection 2019

Si vous n’avez jamais connu ce genre de contrôle, je vais tout de suite vous mettre dans le bain. Rien de telle qu’une bonne mise en situation. Pendant que mes souvenirs sont encore assez frais, je vais vous relater mon inspection académique. Pour commencer, l’inspectrice académique a souhaité me parler seul à seul. Autour d’un café, elle m’a interrogé sur :

  • Mes supports.
  • Mon planning.
  • La vie sociale et les activités extra-scolaires de mes garçons.
  • La participation éventuelle du papa.

Elle a pris des notes, sans émettre de jugements. Elle a juste été étonnée par mon emploi du temps (nous ne travaillons pas le vendredi et le samedi pour des raisons pratiques). Notre court tête à tête s’est achevé par quelques compliments sur ma programmation. Quant à mes deux fils, ils ont rempli un test écrit en maths et français, avec quelques questions orales. On m’a laissé le choix de les accompagner ou non. Je vous avoue que maintenant, je préfère éviter de rester. Vous n’imaginez même pas comme c’est anxiogène de les observer durant 1 h à 1 h 30 sans pouvoir intervenir. Je me suis donc éclipsée. J’aimerais ouvrir une petite parenthèse. Je croyais à tort que mes enfants étaient plus détendus en ma présence. J’ai remarqué cette fois-ci la différence quand je suis absente. Ils sont plus concentrés et moins stressés. Je pense que je leur transmettais ma nervosité. Ils sentent que l’attente est grande. Alors 2 paires d’yeux braquées sur leur travail, c’est une paire de trop. Une autre maman que je connais a fait la même observation. J’en conclus donc que, si vous êtes en panique, il vaut mieux les laisser seuls. Par contre, s’ils demandent votre soutien, ne les en privez pas. Tout dépend de la situation, c’est au cas par cas. Une fois les épreuves terminées, les évaluatrices m’ont dressé le bilan de leurs acquis et les points à revoir. Elles ont été très attentives et m’ont donné pleins de petits conseils. Dans quelques mois, je recevrai, par courrier, un compte-rendu complet et similaire à ce qui a été débriefé. Vous l’avez compris, tout s’est très bien déroulé. Je dois dire que nous avons une académie bienveillante.

Mon organisation dans le temps

Je vais vous dire quelque chose qui va peut-être vous étonner. Je finis toujours mes programmes courant mars/avril grand maximum. Avec l’expérience, vous vous apercevrez vite que les premiers mois sont souvent réservés aux révisions. Étant donné que vous savez très précisément où ils en sont, vous pouvez tout de suite faire l’impasse sur pas mal de notions. En général, je mets en place des rappels durant les 2-3 premières semaines. Puis, je procède à une évaluation diagnostique. Si nous avons besoin de retravailler des matières, nous le faisons dès le départ, avant de rentrer dans les nouveaux apprentissages. Je réserve une partie de l’été à préparer mes cours. Je recherche les supports les plus adaptés aux besoins de mes enfants. Une fois que j’ai tout en main, j’analyse le sommaire et je répartis l’ensemble en fonction du nombre de semaines que nous consacrons à l’école. Je n’oublie pas d’en retirer quelques-unes qui seront consacrées aux révisions. Je ne suis pas ma planification à la lettre. Mais ça me donne des repères temporels pour garder un rythme régulier toute l’année. Je fais un point hebdomadaire sur nos avancées et je prépare le planning pour la semaine à venir.

Anticiper le jour J

Deux ou trois semaines avant l’inspection académique, nous stoppons tout. Comme je vous l’ai dit plus haut, nous sommes toujours en avance, donc, nous pouvons nous le permettre. Je débute par une petite révision générale. Si je vois que tout est assimilé, j’imprime des évaluations académiques que vous pourrez facilement trouver sur le net. Elles sont parfaites pour vous mettre en condition. Je vous conseille de les comparer entre elles. Certaines sont plus pertinentes que d’autres. S’il y a des points à revoir, nous avons largement le temps pour le faire. Si je vois qu’une acquisition reste fragile, j’instaure un petit rituel quotidien sous forme de jeu ou de courte activité. L’hiver, nous avons une cadence plus soutenue. En effet, les sorties sont réduites pour des raisons météorologiques. Donc, nous profitons du froid et de la pluie pour avancer dans notre programme. Le reste de l’année est allégé. Nous improvisons souvent des visites pédagogiques, des pic-niques ou des randonnées. Il n’est pas rare que nous troquions une matinée de cours contre une sortie au parc.

Un mot seul d’ordre : se détendre

Le pouvoir de la pensée positive se retrouve aussi chez vos petits bouts de chou. Ils sont comme nous, ils doivent se rendre à leur rendez-vous l’esprit serein pour ne pas perdre leurs moyens. Rassurez-les. Dites-leur que vous leur faites confiance. Après tout, ils ont travaillé. Juste avant l’heure fatidique, je leur fais un briefing de dernière minute pour qu’ils gardent bien en tête mes conseils. Dans notre cas, ils savent qu’après les évaluations, ils auront le droit à plusieurs semaines de vacances pour décompresser. C’est primordiale pour eux et pour moi. C’est le moment de mettre de l’ordre dans la maison, visiter la famille, inviter des amis, etc. En d’autres termes, renouer avec notre vie sociale après ce mois tendu. N’oubliez pas que votre progéniture ne peut pas exceller dans tous les domaines, à part si ce sont de petits génies. Ils peuvent et doivent se tromper pour apprendre, c’est inévitable. Si les inspecteurs ont des suggestions, prenez-les comme telles, et servez-vous en pour avancer. Montrez-leur que vous savez rebondir et vous remettre en question. Enfin, informez-vous sur vos droits, nul n’est censé ignorer la loi. Dans le cadre de l’IEF, cette connaissance pourra s’avérer fort utile en cas de désaccord.

 

 

Kelly Cheppih, maman IEF et rédactrice Web, pour Pass éducation