Comment être sûr d’avoir pris les bons supports en IEF (Instruction En Famille) ?

Prendre l’initiative de faire ses cours soi-même est un choix audacieux, un vrai sport de haute voltige. Mais quand il est bien exécuté, il peut s’avérer sacrément efficace. Si vous ne le saviez pas encore, il n’est pas nécessaire d’être professeur ou d’avoir fait des études en ce sens pour pouvoir enseigner. J’en suis la preuve vivante, comme beaucoup d’autres parents. Par contre, la réussite ne doit rien au hasard. En général, dès la fin de l’année scolaire, je commence à préparer mes programmes. Et ça commence par une sélection drastique des manuels. C’est un vrai travail de fourmi. Vous devez vous demander « Mais comment être sûr que les livres que j’ai choisis sont les bons ? ». Je vais vous donner ma méthode et surtout, tous les pièges dans lesquels il ne faut pas tomber. À force de vouloir trop bien faire, on finit par devenir contre-productif. « Le mieux est l’ennemi du bien », je l’ai appris à mes dépens.

L’erreur du débutant

La première fois que je me suis mise en quête de supports pour mes fils, je ne savais pas du tout par où commencer. Alors, naïvement, j’ai tapé sur Google : « meilleur manuel de français pour CP ». Vous imaginez le nombre de résultats que j’ai pu obtenir. Évidemment, tous les auteurs s’autoproclament détenteurs de la meilleure méthode. Et les maisons d’édition abondent en ce sens. Du coup, j’y suis allée au petit bonheur la chance. Quelle ne fut pas ma déception ! Quand on a peu d’expériences, au début on se dit : »ça m’a l’air pas mal ! ». Puis, au fil du temps, on déchante. On se rend bien compte que la qualité n’est pas au rendez-vous. Certains livres estampillés Montessori m’ont laissé coi. Tout comme les ouvrages aux titres accrocheurs comme : « Tout le programme de ….  » Ils relèvent plus de l’ordre du cahier de vacances que du manuel scolaire. Je me suis retrouvé avec une pile de bouquins à peine entamés qui prennent la poussière. J’ai réalisé qu’il fallait que je privilégie la qualité à la quantité. Mon conseil : désertez les supermarchés et les enseignes généralistes. N’oubliez pas que leur but est de prospecter large. Et nous, enseignants à la maison, nous ne faisons pas partie du grand public.

En sous-marin sur les forums enseignants

Voilà comment je procède. Au préalable, je m’informe sur le socle commun de l’année. Puis, je me rends sur les forums enseignants. Pourquoi ? Parce que je me suis rendu compte que les maîtres et maîtresses d’école rencontrent les mêmes difficultés que moi. Avant chaque rentrée scolaire, ils postent des messages afin de solliciter l’aide de leurs confrères dans le choix des manuels. Et c’est là que ça devient intéressant. Ils ne sont pas toujours d’accord. Je me rends compte que le succès d’une méthode dépend de plusieurs facteurs :

  • La prise en main et les goûts personnels de l’instituteur.
  • La plage horaire disponible.
  • L’intérêt porté par les enfants.
  • Le niveau général de la classe.

Un profil, une méthode

Je surfe sur les espaces de discussions et les blogs des instits pour faire une liste de tous les manuels qu’ils conseillent. Je repère ceux qui sont mentionnés plusieurs fois. Je me dis que s’ils reviennent souvent, c’est qu’ils ont dû faire leurs preuves. Ensuite, j’analyse leurs remarques qui sont, ma foi, très pertinentes pour une non-initiée comme moi. Je sélectionne uniquement les manuels qui ont l’air d’aller dans le sens des objectifs que je me suis fixée. Je tiens compte des observations et je feuillette les specimens sur le net. Ainsi, je suis sûre qu’ils correspondent à mes attentes. Et quand je tombe sur une perle rare, je ne l’abandonne pas sous prétexte que les programmes ont été modifiés. On ne change pas une équipe qui gagne.
Je vous donne un exemple. Une maîtresse m’a chaudement recommandé un livre must-have de français. Moi, avec mes petites notions de débutante, je m’aligne sur sa position. Et en fin d’année, le verdict tombe : mon fils n’a pas assez travaillé la rédaction. De la même façon, j’utilise un fichier de maths depuis le CP. J’ai lu que plusieurs professeurs l’évitaient comme la peste, car il est trop long à mettre en place. Ils se plaignent aussi du niveau qui serait trop élevé et pas adapté à tous. Alors que moi, je n’y ai jamais prêté attention parce qu’ils n’ont jamais manifesté de difficultés. Bien au contraire, on le termine même à 2/3 mois des grandes vacances. Et c’est là, que ça a fait tilt. En fait, mes enfants n’ont pas les mêmes besoins que leurs camarades. Ce qui marche avec d’autres ne marchera pas forcément avec eux et vice-versa.

Enrichissez leurs apprentissages avec du matériel didactique

Revenez quelques dizaines d’années en arrière. Assis sur les bancs de l’école. Qu’est-ce que vous préfériez ? Utiliser quotidiennement les mêmes livres rébarbatifs ou manipuler du matériel ? Nous sommes tous constitués à partir du même moule. Je ne pense pas me tromper si j’affirme que vous optez pour le second choix. Alors, pensez à vos petits. Ne soyez pas purement scolaire et formelle. Sortez des rangs et innovez. Une instruction à domicile donne cette opportunité immense de tout tester :

Votre jolie tête blonde a du mal avec une notion de maths ? On sort les règles Cuisenaire ! Ils ont horreur de la grammaire. Aucun problème ! Je sors l’artillerie lourde et dégaine la grammaire Montessori, et ça passe comme une lettre à la poste. Il a du mal à cerner la lecture de l’heure ? On imprime des fichiers et on met en place un petit rituel jusqu’à ce qu’il se sente à l’aise avec ce nouvel apprentissage. Vous n’imaginez même pas les miracles que fait le sensoriel sur leurs capacités cognitives. Le support, comme son nom l’indique, est une base de travail, le fil rouge de vos enseignements. C’est d’ailleurs pour cette raison que mes scolaires n’ont jamais partagé à 100 % les mêmes cahiers de travail. Avec le temps, on apprend de nos erreurs, on découvre de nouvelles approches et de nouveaux ouvrages sont publiés. C’est ainsi qu’on se spécialise.

 

 

Kelly Cheppih, maman IEF et rédactrice Web, pour Pass éducation