Colères, cris, frustrations… ce que vivent réellement beaucoup de familles au moment d’éteindre une tablette ou une console
Temps de lecture : 26 min
Par Claire Dumont, maman de deux enfants.
Je crois qu’il y a une phrase que j’ai répétée des dizaines de fois l’été dernier :
“Encore cinq minutes… et après on arrête.”
Et honnêtement, je savais déjà comment cela allait se terminer.
Au début, tout semblait calme. Les enfants regardaient une vidéo ou jouaient tranquillement. La maison était enfin silencieuse et pendant quelques minutes, j’avais presque l’impression que tout le monde respirait un peu.
Puis arrivait le moment de couper.
Et là, parfois, tout explosait.
Une colère énorme.
Des cris.
Des protestations immédiates.
Parfois même des pleurs ou une vraie agressivité.
Pendant longtemps, cela me déstabilisait énormément.
Parce qu’au fond, je ne comprenais pas comment le simple fait d’éteindre un écran pouvait provoquer autant de tensions.
Je me disais :
“Ce n’est quand même qu’une tablette…”
Aujourd’hui, je crois surtout que les écrans prennent une place émotionnelle énorme pendant les vacances.
Parce qu’ils deviennent souvent :
- un refuge,
- un moyen d’éviter l’ennui,
- une façon de calmer le cerveau,
- et parfois même le seul moment où l’enfant ne ressent plus ni frustration ni attente.
Et lorsque cet univers s’arrête brutalement, beaucoup d’enfants n’arrivent tout simplement plus à gérer facilement la transition.
Beaucoup de familles cherchent aujourd’hui des activités intelligentes pour limiter les écrans sans conflits pendant les vacances afin de retrouver des journées plus calmes et moins tendues émotionnellement.
Le moment où l’on coupe les écrans est souvent le plus difficile de toute la journée
Ce qui m’a le plus surprise avec le temps, ce n’est pas vraiment le temps d’écran.
C’est surtout l’intensité émotionnelle du moment où il faut arrêter.
Je me souviens très bien d’un soir où mon fils regardait simplement quelques vidéos avant le repas.
Il riait.
Tout semblait calme.
Et puis j’ai dit :
“On éteint maintenant.”
En quelques secondes seulement, son comportement a complètement changé.
Il s’est mis à crier.
Son frère s’est énervé à son tour.
Le dîner est devenu extrêmement tendu.
Sur le moment, cela paraissait complètement disproportionné.
Mais aujourd’hui, je crois surtout que beaucoup d’enfants vivent cette coupure comme une rupture émotionnelle très brutale.
Parce qu’ils passent soudainement :
- d’un univers très stimulant,
- très rapide,
- très captivant,
à quelque chose de beaucoup plus lent :
la réalité normale des vacances.
Les écrans stimulent énormément plus le cerveau qu’on ne l’imagine
Pendant longtemps, je pensais qu’un enfant devant un écran “se reposait”.
Aujourd’hui, honnêtement, je crois presque l’inverse.
Parce que le cerveau reste constamment sollicité :
- lumière,
- bruit,
- images rapides,
- changements permanents,
- récompenses immédiates.
Et plus les contenus sont rapides, plus il devient difficile ensuite :
- de patienter,
- de revenir au calme,
- ou simplement d’accepter une frustration normale.
Je le voyais très clairement avec mes enfants.
Après les écrans :
- un repas devenait compliqué,
- une discussion semblait les agacer,
- un jeu calme ne les intéressait plus,
- et le moindre “non” déclenchait une réaction énorme.
Comme si leur cerveau avait énormément de mal :
à ralentir.
Les vacances rendent les enfants beaucoup plus sensibles aux écrans
Pendant l’année, il existe encore :
- des horaires,
- l’école,
- des routines,
- un cadre assez stable.
Pendant les vacances, tout devient beaucoup plus flou.
Les journées sont longues.
Les couchers sont plus tardifs.
Les enfants s’ennuient davantage.
Les parents aussi sont souvent plus fatigués.
Et honnêtement, les écrans deviennent alors une solution extrêmement facile :
- dans les trajets,
- au restaurant,
- pendant les temps d’attente,
- après une sortie,
- ou simplement quand toute la famille commence à saturer.
Petit à petit, les enfants s’habituent alors à recevoir une stimulation immédiate dès qu’un moment vide apparaît.
Et plus cette habitude s’installe, plus :
- l’attente,
- le calme,
- ou le retour à une activité normale
deviennent difficiles émotionnellement.
Beaucoup de crises arrivent lorsque les enfants sont déjà émotionnellement fatigués
C’est probablement la chose la plus importante que j’ai comprise.
Les colères autour des écrans arrivent rarement “par hasard”.
Je remarque qu’elles explosent surtout :
- en fin de journée,
- après une grosse sortie,
- lorsqu’un enfant manque de sommeil,
- ou après plusieurs journées déjà très stimulantes.
Je me souviens d’un soir de vacances où nous étions rentrés tard après une journée à la plage.
Les enfants avaient été surexcités toute la journée :
bruit,
soleil,
restaurant,
trajets,
écrans dans la voiture.
Quand il a fallu arrêter la tablette avant le coucher, tout a explosé.
Et honnêtement, l’écran n’était probablement pas le vrai problème.
C’était surtout :
la saturation émotionnelle accumulée depuis le matin.
Les enfants hypersensibles semblent particulièrement touchés par les transitions d’écran
Je l’ai énormément remarqué avec mon plus jeune.
Après un long moment devant une tablette, il devenait :
- beaucoup plus nerveux,
- plus agressif,
- incapable de jouer calmement,
- et émotionnellement très fragile.
Pendant longtemps, je pensais qu’il exagérait.
Aujourd’hui, je crois surtout que certains enfants absorbent énormément plus :
- les images,
- le bruit,
- la vitesse,
- et la stimulation émotionnelle des écrans.
Et honnêtement, ces enfants-là ont souvent énormément besoin :
- de transitions lentes,
- de calme,
- et de journées beaucoup moins stimulantes.
Je remarque d’ailleurs que les journées les plus sereines sont souvent celles où nous intégrons davantage de jeux éducatifs et activités vacances sans écran permettant aux enfants de ralentir progressivement dans la journée.
Les parents finissent eux aussi épuisés par les conflits autour des écrans
Je crois sincèrement que beaucoup de parents arrivent à saturation sur ce sujet.
Parce qu’au bout d’un moment, toute la journée semble tourner autour :
- des écrans,
- des négociations,
- des limites,
- et des disputes au moment d’arrêter.
Je me souviens très bien de certaines journées où j’anticipais déjà la crise avant même de demander :
d’éteindre la console.
Et honnêtement, cette tension permanente fatigue énormément toute la famille.
Aujourd’hui, j’essaie surtout :
- de préparer davantage les transitions,
- de ralentir le rythme général des journées,
- et surtout d’éviter que les écrans deviennent le centre des vacances.
Les enfants ont souvent besoin d’apprendre à ralentir de nouveau
Avec le temps, je crois que c’est probablement ce qui a le plus changé notre équilibre familial.
Pendant longtemps, je pensais qu’il suffisait simplement :
de limiter les écrans.
Aujourd’hui, je crois surtout qu’il faut recréer autre chose :
- du jeu libre,
- des moments autonomes,
- de l’imagination,
- du calme,
- et des journées moins stimulantes émotionnellement.
Et honnêtement, certaines des journées les plus apaisées que nous avons vécues étaient finalement très simples :
- un dessin,
- une cabane improvisée,
- une activité créative,
- un jeu calme,
- ou quelques activités éducatives et ludiques pour des vacances plus sereines en famille intégrées naturellement dans le quotidien.
Parce qu’au fond, beaucoup d’enfants ne savent plus vraiment :
comment revenir au calme seuls.
FAQ — Pourquoi les enfants explosent-ils quand on coupe les écrans ?
Pourquoi mon enfant devient-il agressif quand j’éteins la tablette ?
Parce que le cerveau passe brutalement d’une forte stimulation à une réalité beaucoup plus calme et moins immédiate.
Pourquoi les crises arrivent-elles surtout le soir ?
Parce que beaucoup d’enfants sont déjà émotionnellement fatigués après toute la journée.
Les contenus rapides rendent-ils les enfants plus nerveux ?
Oui, beaucoup de vidéos très rapides maintiennent le cerveau dans une stimulation permanente.
Les enfants hypersensibles réagissent-ils plus fortement aux écrans ?
Beaucoup oui, notamment parce qu’ils absorbent énormément :
- le bruit,
- les images rapides,
- et la surcharge émotionnelle.
Comment réduire les conflits autour des écrans pendant les vacances ?
En recréant progressivement :
- des journées plus lentes,
- des transitions plus douces,
- du jeu libre,
- des activités créatives…



