Ce que beaucoup de parents observent l’été sans toujours réussir à faire le lien avec la surcharge numérique
Temps de lecture : 26 min
Par Lucie Bernard, psychomotricienne et maman de deux filles.
Chaque été, c’était un peu le même scénario chez nous.
Les premiers jours de vacances étaient plutôt agréables. Les enfants étaient contents, excités, détendus. Les écrans prenaient un peu plus de place qu’en période scolaire, mais honnêtement, cela me semblait normal.
Et puis progressivement, quelque chose changeait.
Les filles devenaient :
- plus sensibles,
- plus nerveuses,
- plus irritables,
- et surtout beaucoup plus explosives émotionnellement.
Une remarque banale pouvait déclencher une énorme colère. Les disputes augmentaient. Les soirées devenaient difficiles.
Pendant longtemps, je pensais que cela venait :
- de la fatigue,
- de la chaleur,
- du manque de sommeil,
- ou simplement du fait de passer beaucoup de temps ensemble.
Et évidemment, tout cela joue.
Mais un été, j’ai commencé à remarquer quelque chose de très précis :
les périodes où les écrans occupaient énormément de place correspondaient presque toujours aux moments où toute l’ambiance familiale devenait beaucoup plus tendue.
Comme si le cerveau des enfants finissait progressivement :
par saturer.
Aujourd’hui, beaucoup de familles cherchent des activités intelligentes pour limiter les écrans et retrouver des vacances plus sereines avec les enfants afin d’éviter que les journées ne deviennent émotionnellement épuisantes pour tout le monde.
Les écrans ne fatiguent pas seulement les yeux
Pendant longtemps, je crois que beaucoup de parents — moi comprise — ont surtout entendu parler :
- de lumière bleue,
- de fatigue visuelle,
- ou de temps d’écran.
Mais honnêtement, ce que j’observe aujourd’hui chez beaucoup d’enfants va bien plus loin.
Parce que les écrans sollicitent en permanence :
- l’attention,
- les émotions,
- le système nerveux,
- et la capacité du cerveau à traiter énormément de stimulation.
Quand un enfant passe plusieurs heures :
- à regarder des vidéos rapides,
- à jouer,
- à faire défiler du contenu,
son cerveau reste constamment en activité.
Et le problème, c’est qu’il n’a ensuite presque plus de vrais moments :
de récupération mentale.
Beaucoup d’enfants semblent “à fleur de peau” après plusieurs jours très numériques
Je me souviens très bien d’une semaine de vacances particulièrement pluvieuse.
Les enfants avaient regardé beaucoup plus d’écrans que d’habitude :
dessins animés,
YouTube,
tablette,
petits jeux,
vidéos dans les trajets.
Au bout de quelques jours, l’ambiance de la maison avait complètement changé.
Les filles devenaient :
- impatientes,
- agressives,
- très sensibles au bruit,
- et incapables de gérer calmement les frustrations normales du quotidien.
Une simple demande comme :
“Viens mettre la table”
pouvait déclencher une réaction énorme.
Sur le moment, cela semblait incompréhensible.
Aujourd’hui, je crois surtout que leur cerveau était déjà :
épuisé de stimulation.
Les vacances créent un terrain parfait pour la surcharge numérique
Pendant l’année, les écrans restent souvent limités par :
- l’école,
- les horaires,
- les devoirs,
- les activités.
Pendant les vacances, tout devient beaucoup plus souple.
Et honnêtement, les écrans viennent alors remplir énormément de moments :
- le matin,
- après le repas,
- pendant les trajets,
- lorsqu’il fait chaud,
- quand il pleut,
- quand les parents sont fatigués.
Petit à petit, le cerveau des enfants reçoit donc :
de moins en moins de temps calmes réels.
Et plus cette stimulation permanente dure plusieurs jours, plus certains enfants deviennent émotionnellement fragiles.
Beaucoup d’enfants ne savent plus réellement “redescendre”
Je crois que c’est probablement ce qui m’a le plus marquée avec le temps.
Après plusieurs jours très numériques, mes enfants semblaient incapables :
- de ralentir,
- de jouer calmement,
- ou même de rester quelques minutes sans stimulation.
Comme si leur cerveau restait constamment :
en mouvement.
Je le voyais particulièrement le soir.
Même fatiguées, elles semblaient encore :
- agitées,
- nerveuses,
- irritables,
- et émotionnellement “chargées”.
Et honnêtement, les soirées devenaient alors beaucoup plus compliquées pour toute la famille.
Les vidéos rapides modifient énormément le rythme intérieur des enfants
Je crois sincèrement que beaucoup de parents sous-estiment cet aspect.
Aujourd’hui, beaucoup d’enfants consomment :
- des vidéos extrêmement rapides,
- des contenus qui changent toutes les quelques secondes,
- des vidéos très bruyantes,
- des contenus émotionnellement très stimulants.
Et ensuite, le monde réel paraît soudainement :
- lent,
- moins intéressant,
- ou frustrant.
Je le voyais très clairement chez mes filles.
Après beaucoup de YouTube :
- elles abandonnaient leurs jeux très vite,
- se disputaient davantage,
- avaient du mal à patienter,
- et semblaient constamment chercher :
quelque chose de plus stimulant.
Petit à petit, nous avons commencé à intégrer davantage de jeux éducatifs et activités vacances sans écran afin de recréer des moments beaucoup plus lents dans les journées.
Et honnêtement, leur niveau d’irritabilité a énormément changé.
Certains enfants semblent particulièrement sensibles à la surcharge numérique
C’est quelque chose que j’observe énormément dans mon travail.
Certains enfants absorbent énormément plus :
- le bruit,
- les images,
- les émotions rapides,
- et la stimulation permanente des écrans.
Et honnêtement, après plusieurs jours très numériques, ils deviennent souvent :
- beaucoup plus irritables,
- plus agressifs,
- plus fatigués émotionnellement,
- et incapables de gérer calmement les frustrations.
Je remarque d’ailleurs que ces enfants ont souvent énormément besoin :
- de silence,
- de mouvement réel,
- de nature,
- et de journées beaucoup moins stimulantes.
Les parents aussi finissent émotionnellement épuisés
Je crois sincèrement que c’est un aspect dont on parle beaucoup trop peu.
Parce qu’au bout de plusieurs jours :
- de conflits autour des écrans,
- de nervosité,
- de cris,
- et d’irritabilité permanente,
les parents eux aussi finissent :
à saturation.
Je me souviens très bien de certaines soirées où j’avais l’impression :
de ne plus supporter le moindre bruit.
Et honnêtement, lorsque toute la famille devient nerveuse émotionnellement, les vacances deviennent beaucoup plus fatigantes qu’apaisantes.
Les enfants ont souvent besoin de retrouver un rythme beaucoup plus lent
Avec le temps, je crois que c’est probablement ce qui a le plus changé nos vacances.
Pendant longtemps, je pensais qu’il suffisait simplement :
de réduire les écrans.
Aujourd’hui, je crois surtout qu’il faut recréer :
- du calme,
- du jeu libre,
- des moments autonomes,
- du mouvement réel,
- et des journées émotionnellement beaucoup plus respirables.
Et honnêtement, certaines des journées les plus apaisées que nous avons vécues étaient finalement très simples :
- une activité créative,
- une balade,
- un jeu calme,
- un pique-nique,
- ou quelques activités éducatives et ludiques pour des vacances plus douces en famille intégrées naturellement dans le quotidien.
Parce qu’au fond, beaucoup d’enfants ne sont pas seulement fatigués :
ils sont surtout saturés de stimulation.



