Pourquoi les enfants deviennent-ils incapables de supporter l’ennui pendant les vacances ?

Ce que les écrans, la stimulation permanente et les journées modernes changent profondément dans leur cerveau

Temps de lecture : 25 min
Par Thomas Vial, père de trois enfants.


Je me souviens très précisément du moment où je me suis fait cette réflexion.

Nous étions en vacances depuis seulement quelques jours. Rien de particulier n’était prévu cet après-midi-là. Pas de sortie, pas d’activité organisée, juste une journée tranquille à la maison.

Et honnêtement, cela me semblait plutôt agréable.

Mais au bout de moins de dix minutes, les enfants ont commencé à tourner en rond.

Puis les phrases sont arrivées les unes après les autres :

“Je m’ennuie…”
“On peut regarder quelque chose ?”
“Qu’est-ce qu’on peut faire ?”

Et ce qui m’a surpris, ce n’était pas qu’ils s’ennuient.

C’était surtout leur incapacité :

  • à rester dans ce vide,
  • à inventer un jeu,
  • ou simplement à patienter un peu.

Comme si le moindre moment calme devenait immédiatement inconfortable.

Pendant longtemps, je pensais que les enfants d’aujourd’hui avaient simplement besoin d’être davantage occupés.

Aujourd’hui, je crois presque l’inverse.

Je crois surtout que beaucoup d’enfants vivent dans une stimulation tellement permanente qu’ils ne savent plus vraiment :
comment ralentir.

Beaucoup de familles cherchent aujourd’hui des activités intelligentes pour occuper les enfants autrement pendant les vacances afin de recréer des journées plus calmes, plus autonomes et moins dépendantes des écrans.


L’ennui est devenu quelque chose que beaucoup d’enfants ne supportent plus

Quand j’étais enfant, les vacances contenaient énormément de temps “vide”.

On attendait.
On traînait.
On inventait des jeux absurdes.
On passait des heures dehors sans véritable objectif.

Aujourd’hui, beaucoup d’enfants passent d’une stimulation à une autre quasiment toute la journée :

  • vidéos,
  • tablettes,
  • jeux,
  • sorties,
  • activités,
  • écrans dans les trajets,
  • écrans au restaurant,
  • écrans dès qu’un moment ralentit.

Et honnêtement, leur cerveau finit par s’habituer à ce rythme permanent.

Je le vois très clairement avec mes enfants :
plus ils consomment de contenus rapides pendant plusieurs jours, plus ils semblent incapables :

  • de patienter,
  • de jouer calmement,
  • ou simplement de “ne rien faire”.

Comme si leur cerveau réclamait constamment :
quelque chose de plus stimulant.


Les écrans remplissent immédiatement le moindre silence

Je crois que c’est probablement ce qui change le plus les vacances aujourd’hui.

Avant, les temps morts existaient naturellement :

  • dans la voiture,
  • après le repas,
  • le matin,
  • pendant les trajets,
  • en attendant une activité.

Aujourd’hui, ces moments sont souvent remplis immédiatement par un écran.

Et honnêtement, cela modifie profondément le rapport des enfants :

  • à l’attente,
  • au calme,
  • et à l’ennui.

Parce que le cerveau reçoit constamment :

  • des images,
  • du bruit,
  • du mouvement,
  • des récompenses rapides,
  • des émotions immédiates.

Puis, lorsqu’il ne se passe plus rien… beaucoup d’enfants ressentent soudainement :
un énorme vide.


Beaucoup de parents pensent que l’ennui est forcément négatif

Pendant longtemps, j’étais exactement comme ça.

Dès qu’un enfant disait :

“Je m’ennuie…”

…je me sentais immédiatement obligé :
de proposer une activité.

Je voulais :

  • occuper,
  • stimuler,
  • organiser,
  • remplir les journées.

Et honnêtement, plus je faisais cela, plus mes enfants semblaient dépendants :
de stimulation extérieure.

Aujourd’hui, je crois surtout que l’ennui joue un rôle énorme dans le développement des enfants.

Parce que c’est souvent précisément dans ces moments-là qu’ils recommencent :

  • à imaginer,
  • inventer,
  • créer,
  • construire,
  • ou jouer librement.

Mais pour y arriver, il faut d’abord traverser :
ce moment inconfortable du vide.

Et beaucoup d’enfants n’y sont plus habitués.


Les journées trop stimulantes empêchent souvent les enfants de retrouver leur imagination

Je me suis rendu compte d’une chose très simple avec le temps :
les enfants jouent beaucoup mieux lorsqu’ils ralentissent.

Après plusieurs jours :

  • d’écrans,
  • de sorties,
  • de bruit,
  • de vidéos rapides,
    leur cerveau semble constamment “agité”.

À l’inverse, après une matinée calme, quelque chose change souvent progressivement.

Je me souviens d’un après-midi où nous avions volontairement décidé :
de ne rien prévoir.

Au début, les enfants étaient incapables de se poser.

Puis progressivement :

  • ils ont sorti des feutres,
  • construit une cabane,
  • inventé une histoire,
  • puis joué ensemble pendant plus d’une heure.

Honnêtement, cela faisait longtemps que je ne les avais pas vus aussi absorbés dans un jeu.


Les contenus rapides rendent le jeu libre beaucoup plus difficile

Je crois sincèrement que beaucoup de parents sous-estiment cet aspect.

Parce qu’aujourd’hui, beaucoup d’enfants consomment des contenus extrêmement rapides :

  • vidéos courtes,
  • changements permanents,
  • stimulation constante,
  • récompenses immédiates.

Et ensuite, le monde réel paraît soudainement :

  • lent,
  • moins intéressant,
  • ou “ennuyeux”.

Je le voyais très clairement chez mes enfants.

Après plusieurs heures d’écran :

  • lire devenait difficile,
  • dessiner les fatiguait vite,
  • jouer calmement ne durait jamais longtemps.

Comme si leur cerveau avait perdu l’habitude :
de rester dans une activité lente.

Petit à petit, nous avons commencé à intégrer davantage de jeux éducatifs et activités vacances sans écran afin de recréer des moments plus simples dans les journées.

Et honnêtement, leur capacité à jouer seuls a énormément changé.


Certains enfants deviennent presque “allergiques” au calme

C’est quelque chose que j’ai particulièrement observé avec mon plus jeune.

Dès qu’un moment ralentissait un peu, il réclamait immédiatement :

  • une vidéo,
  • une activité,
  • ou quelque chose de “plus amusant”.

Pendant longtemps, je pensais qu’il manquait simplement de patience.

Aujourd’hui, je crois surtout que certains enfants vivent dans une stimulation tellement constante que le calme devient presque inconfortable pour eux.

Et honnêtement, cela peut devenir très fatigant émotionnellement pour toute la famille :
parce que les journées tournent alors en permanence autour :
de l’occupation.


Les parents finissent eux aussi épuisés à force de vouloir constamment occuper les enfants

Je crois sincèrement que beaucoup de parents ressentent cette pression sans même s’en rendre compte.

Parce qu’aujourd’hui, nous avons souvent l’impression qu’il faut :

  • proposer des activités,
  • remplir les journées,
  • éviter l’ennui,
  • créer des souvenirs,
  • divertir les enfants en permanence.

Je me souviens très bien de certaines vacances où j’avais l’impression :
d’être devenue animatrice toute la journée.

Et honnêtement, plus j’essayais de remplir les journées, plus tout le monde semblait :
fatigué.

Aujourd’hui, j’essaie beaucoup plus :
de laisser du vide.

Pas un vide angoissant.

Mais un espace où les enfants peuvent progressivement :

  • ralentir,
  • retrouver leur imagination,
  • et redevenir autonomes.

Les vacances les plus apaisantes sont souvent celles où l’on réapprend à ralentir

Avec le temps, je crois que c’est probablement ce qui a le plus changé notre façon de vivre l’été.

Pendant longtemps, je pensais que des vacances réussies étaient des vacances :

  • bien remplies,
  • stimulantes,
  • organisées,
  • et sans temps morts.

Aujourd’hui, je crois presque l’inverse.

Parce qu’honnêtement, certaines des journées les plus sereines que nous avons vécues étaient finalement très simples :

Et au fond, je crois que beaucoup d’enfants n’ont pas besoin :
de plus de stimulation.

Ils ont surtout besoin :
de réapprendre doucement à ralentir.