Les effets de l’alimentation sur les fonctions intellectuelles et comportementales

La malbouffe a des conséquences dévastatrices sur la santé de l’Homme. Alors, que dire de ses effets sur celle de l’enfant ! Les médecins font de la prévention, les publicités avertissent et les émissions de santé informent. Pour autant, vous êtes loin de vous imaginer l’impact qu’elle a sur le système cérébral. Combien de fois avons-nous entendu nos parents dirent qu’à leur époque, les enfants n’étaient pas si « difficiles »? Les écrans ont leur part de responsabilité, c’est certain. Mais croyez-moi, les mauvaises habitudes alimentaires y sont pour beaucoup. Pour des parents IEF, gérer au quotidien des enfants énervés et surexcités peut s’avérer fastidieux et éreintant. C’est pourquoi, je pense qu’il est nécessaire de faire le point sur les mauvais élèves de la nutrition. J’appelle à la barre : le sucre raffiné, les additifs en tout genre, le gluten et le lait.

 

Pourquoi mange-t-on si mal ?

5 fruits et légumes par jour, c’est bien. Mais, comment s’en sortir lorsque le porte-monnaie ne suit pas. Les foyers défavorisés n’ont pas les moyens de remplir leur frigidaire avec une alimentation saine ou bio. Les parents pressés ne prennent plus le temps de cuisiner de bon petits plats. Alors, ils se ruent sur des plats préparés bourrés de sel, de sucre et autres compléments. Pourquoi les entreprises agro-alimentaires utilisent-elles ce genre d’ingrédients ? Tout simplement parce qu’ils sont rentables. Alors tout est bon pour faire baisser le prix de vente. Ils s’octroient au passage une marge généreuse au détriment du consommateur. Le pire dans l’histoire, c’est que nous avons fini par y prendre goût. Nous avons grandi avec ces aliments. Nous ne savons plus faire la différence entre authentique et artificiel. Pire encore, nous finissons par préférer les arômes chimiques aux produits naturels. Il y a toute une éducation gustative à refaire. Prenons le temps de remercier au passage leur complice, l’exhausteur de goût, qui nous donne l’illusion de manger un met savoureux.

 

L’ennemi n°1 : le sucre blanc

Ses effets

Lorsque votre enfant absorbe une quantité importante de sucre, son pancréas se met à produire une forte dose d’insuline. Lorsque celle-ci baisse, votre petit passe par une phase hypoglycémique (maux de tête, baisse de tension, tachycardie, etc.). Rapidement, il plonge dans un état de manque : nervosité, crise, colère, etc. Car, oui, le sucre est une drogue, n’ayons pas peur des mots.
Puis, l’enfant change d’attitude et bascule dans une expression léthargique. Son apathie rendra toute tentative d’instruction caduque. Le glucose neutralise sa capacité à gérer le stress. Il surcharge les glandes surrénales et secrète du cortisol, une hormone qui affaiblit le système immunitaire. Il peut même être un facteur de risque propice à l’apparition de la maladie d’alzheimer.

 

Ok, j’arrête le sucre, mais par quoi je le remplace ?

Surtout, on n’arrête pas le sucre ! Votre organisme en a besoin pour pouvoir fonctionner correctement. Par contre, il est nécessaire de consommer de bons glucides. Rassurez-vous, vous avez l’embarras du choix :

  • Miel.
  • Sirop d’agave.
  • Sirop d’érable.
  • Sucre de canne pur ou cassonade.
  • Stévia.

Vous avez sûrement remarqué l’absence d’aspartame dans la liste ci-dessus. C’est normal. Cette alternative est à bannir de vos préparations. Elle a des effets secondaires préoccupants : fatigue, difficultés respiratoires, perte de goût, vertiges, dépression, nausées, etc. Elle serait aussi responsable du développement de cellules cancérigènes, terreau favorable à l’apparition de la maladie de parkinson, de l’épilepsie et de la sclérose en plaque. Si vos petits gourmands (et les grands) qui ont du mal à mettre une croix rouge sur les confiseries, vous avez la possibilité de les switcher avec des bonbons bio. On en trouve facilement dans les supermarchés et les épiceries spécialisées.

 

Les additifs

Avez-vous déjà pris le temps de lire, une seule fois, les petites lignes derrière un paquet de sucreries ? Il faudrait presque avoir BAC+5 en chimie pour pouvoir comprendre la longue liste d’ingrédients aux noms barbares commençant par E…. Sortez vos loupes et cherchez la mention suivante : « Ces colorants peuvent avoir un effet nuisible sur l’activité et l’attention des enfants ». Doux présage !
Nous, parents, nous sommes réellement des cas d’école. Mise en situation.
Je suis en promenade avec ma petite famille et je passe devant un confiseur. Leur réaction ne se fait pas attendre : « Maman ! Je peux avoir une sucette, s’il te plaît ? ». Impossible de résister aux regards larmoyants et suppliants de mes petits chenapans. Bien sûr, je m’exécute. Je me dis que mon geste les poussera à être reconnaissants et sages comme des images. Quelques minutes après avoir ingéré leur précieux butin, voilà qu’ils se mettent à sauter partout. Ils s’énervent, ils crient, ils sont intenables ! Je m’exaspère et je finis par prononcer cette formule bateau : « Je vous ai fait plaisir et voilà comme vous me remerciez ! ». Que ceux et celles qui n’ont jamais prononcé une phrase de ce type me jette la première pierre. Je ne savais pas à cette époque que je leur tendais le bâton pour me faire battre.

Les colorants, adjuvants, exhausteurs, conservateurs, glutamate et autres fantaisies douteuses peuvent être responsables :

    • Des défauts d’attention.
    • Des comportements asociaux.
    • Des agitations démesurées.
    • Des difficultés d’endormissement.

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Vous trouverez la liste rouge des additifs à bannir de leur alimentation ici.
Une expérience intéressante a été menée en Australie pour vérifier cette thèse. Je vous conseille de la visionner. Elle est très instructive :

Le gluten

Le gluten se fixe sur les récepteurs opiacés des neurotransmetteurs liés à la dépendance. L’humeur se dégrade et fait place à de l’agressivité, de la tension, et de la nervosité.

Le lait

Le lait est composé de phosphates, de sucres et de caséines opioïdes. Pour ces derniers, nous avons déjà vu la réaction qu’elle provoque. Quant à la surconsommation de phosphates, elle dérègle le métabolisme. D’une part, parce qu’elle est un perturbateur hormonal. D’autre part, elle engendre des insomnies, de l’hyperactivité et de l’agressivité.

Les aliments qui boostent la mémoire et la concentration

À contrario, un régime varié et équilibré permet de développer les fonctions cognitives. En particulier, si vous intégrez dans vos menus, des nutriments essentiels à l’activité cérébrale. Le cerveau est composé à 35 % d’acides gras appartenant à la famille des omégas-3. Ils endossent un rôle majeur dans la construction et l’entretien des cellules nerveuses. Si vous souhaitez améliorer la capacité mémorielle de votre enfant, favorisez les repas à base de poissons gras (sardines, maquereau, saumon etc), de noix et de graines de lin. Rappelez-vous quelques décades en arrière. Nos ancêtres donnaient, tous les matins, une cuillère d’huile de foie de morue aux enfants. Elle est riche en omégas-3 et en vitamines A et D. Alors, vous pouvez toujours essayer de reproduire cette routine à la maison. Mais je doute qu’ils y soient très réceptifs. Par contre, elle existe sous forme de gélules dans le commerce.
Les légumineuses (pois chiches, lentilles, haricots secs) régulent le taux de glucose dans le sang et nourrissent le cerveau sans risque d’hypoglycémie. Il en est de même pour les sucres lents contenus dans les céréales complètes.

La rééducation alimentaire n’est pas chose aisée, je vous le concède. Néanmoins les subterfuges pour y parvenir sont nombreux.
Vous pouvez par exemple cuisiner avec vos bambins. En plus d’entretenir votre relation, cette activité permet de valoriser le travail de l’enfant. Fier de lui, il sera pressé d’y goûter. Vous pouvez également cultiver vos propres légumes dans votre jardin ou installer un mini potager sur votre balcon. La culture des fruits et légumes enrichit leurs connaissances et donne plus de sens à leur alimentation. Certains producteurs proposent même de venir directement se servir sur leurs parcelles. Ces cueillettes amusent énormément les petits.

J’aimerais conclure en vous disant que cet article n’est abolument pas une leçon de morale. D’ailleurs, je ne serai sûrement pas la personne la plus légitime pour la faire. Je suis en plein sevrage et j’avoue que j’ai rechuté rien qu’à cause de l’illustration. Cependant, je tenais réellement à vous faire part de ces informations. Un consommateur averti en vaut deux.

 

 

Kelly Cheppih, maman IEF et rédactrice Web, pour Pass éducation