Ce que les parents comprennent rarement sur l’ennui, la stimulation et la fatigue émotionnelle des enfants pendant l’été
Temps de lecture : 27 min
Par Deborah Talent, maman de deux enfants et ancienne animatrice.
Il y a quelques années, une scène revenait presque tous les jours pendant les vacances.
À peine réveillés, mes enfants demandaient déjà :
“On peut regarder un dessin animé ?”
Puis plus tard :
“Tu peux nous prêter ta tablette ?”
Et encore après :
“On peut jouer un peu à la console ?”
Honnêtement, au bout d’un moment, j’avais l’impression que les écrans étaient devenus le centre de toutes les journées.
Et ce qui me fatiguait le plus, ce n’était pas seulement le temps passé devant les écrans.
C’était surtout cette sensation étrange que plus ils en avaient… plus ils en réclamaient.
Pendant longtemps, je pensais simplement que mes enfants étaient “accros”.
Aujourd’hui, je crois surtout que beaucoup d’enfants utilisent les écrans comme une réponse immédiate :
- à l’ennui,
- au vide,
- à la fatigue émotionnelle,
- et parfois même à la difficulté de ralentir.
Parce qu’au fond, les vacances modernes stimulent énormément les enfants… mais leur apprennent rarement à se poser réellement.
Beaucoup de familles cherchent aujourd’hui des activités intelligentes pour réduire les écrans pendant les vacances afin de retrouver des journées plus apaisées et moins dépendantes du numérique pendant l’été.
Les écrans remplissent immédiatement le moindre moment vide
Je crois que c’est probablement ce qui m’a le plus frappée avec le temps.
Pendant les vacances, il y a beaucoup de petits moments “entre deux” :
- après le petit-déjeuner,
- avant de partir,
- après une sortie,
- pendant les trajets,
- avant le repas,
- ou simplement lorsqu’il ne se passe “rien”.
Et aujourd’hui, les écrans viennent remplir immédiatement ces espaces.
Plus besoin :
- d’attendre,
- d’imaginer,
- de jouer,
- ou même de s’ennuyer un peu.
Le cerveau reçoit instantanément :
- du bruit,
- des images,
- de la stimulation,
- des récompenses rapides.
Et honnêtement, plus les enfants s’habituent à ce fonctionnement, plus les moments calmes deviennent difficiles à supporter.
Les vacances rendent souvent les enfants encore plus dépendants des écrans
Pendant l’année, il existe encore :
- des horaires,
- l’école,
- des routines,
- des activités structurées.
Pendant les vacances, tout devient beaucoup plus flou.
Les journées sont longues.
Les enfants sont fatigués.
Les parents aussi.
Et honnêtement, les écrans deviennent souvent :
la solution la plus facile.
Je me souviens très bien de certaines journées où, après une matinée compliquée, je donnais une tablette “juste pour souffler un peu”.
Et sur le moment, cela fonctionnait réellement.
Le silence revenait enfin dans la maison.
Mais progressivement, j’ai remarqué quelque chose :
plus les écrans prenaient de place dans nos vacances, plus les enfants semblaient :
- nerveux,
- irritables,
- incapables de jouer seuls,
- et émotionnellement dépendants de cette stimulation permanente.
Comme si leur cerveau n’arrivait plus à ralentir.
Les enfants réclament souvent des écrans lorsqu’ils sont émotionnellement fatigués
Pendant longtemps, je pensais que les écrans étaient seulement :
une habitude.
Aujourd’hui, je crois que c’est beaucoup plus complexe.
Parce qu’après une journée très stimulante, beaucoup d’enfants cherchent instinctivement quelque chose :
- qui les absorbe immédiatement,
- qui leur demande peu d’effort,
- et qui calme rapidement leur cerveau.
Et les écrans font exactement cela.
Le problème, c’est qu’ils apaisent souvent :
très vite…
mais très superficiellement.
Je remarque d’ailleurs que les demandes d’écrans augmentent énormément :
- après une grosse sortie,
- en fin de journée,
- pendant les temps d’attente,
- ou lorsque les enfants commencent à saturer émotionnellement.
Les vidéos rapides changent énormément la capacité des enfants à patienter
Honnêtement, je crois que c’est l’un des changements les plus visibles aujourd’hui.
Beaucoup d’enfants consomment désormais des contenus extrêmement rapides :
- vidéos courtes,
- changements permanents,
- bruit,
- excitation continue,
- récompenses immédiates.
Et ensuite, les activités normales de la vie réelle paraissent soudainement :
- beaucoup plus lentes,
- moins stimulantes,
- et parfois même “ennuyeuses”.
Je me suis rendu compte d’une chose très simple avec mes enfants :
plus ils regardaient de contenus rapides pendant plusieurs jours, plus ils semblaient incapables :
- d’attendre,
- de jouer calmement,
- de lire,
- ou simplement de rester longtemps concentrés sur une même activité.
Petit à petit, nous avons commencé à proposer davantage de jeux éducatifs et activités vacances sans écran afin de recréer des moments plus lents dans les journées.
Et honnêtement, cela a énormément changé leur capacité à se poser.
Certains enfants supportent très difficilement le vide pendant les vacances
C’est quelque chose que beaucoup de parents remarquent aujourd’hui.
À peine une activité terminée, l’enfant demande immédiatement :
“Et maintenant on fait quoi ?”
Comme si le moindre espace vide devenait inconfortable.
Pendant longtemps, je pensais que cela venait d’un manque d’imagination.
Aujourd’hui, je crois surtout que beaucoup d’enfants ne sont plus habitués :
- au silence,
- à l’attente,
- au calme,
- ou à l’ennui.
Parce que les écrans remplissent immédiatement le moindre moment vide.
Et honnêtement, lorsque le cerveau fonctionne longtemps comme cela, inventer un jeu seul devient beaucoup plus difficile.
Les enfants hypersensibles semblent encore plus attirés par les écrans lorsqu’ils saturent émotionnellement
C’est quelque chose que j’ai énormément observé avec mon plus jeune.
Après une journée fatigante émotionnellement, il réclamait presque systématiquement :
un écran.
Pendant longtemps, je pensais qu’il cherchait simplement à “s’amuser”.
Aujourd’hui, je crois surtout qu’il essayait inconsciemment :
de calmer son cerveau.
Parce que beaucoup d’enfants hypersensibles vivent les vacances avec une intensité énorme :
- le bruit,
- les sorties,
- les interactions,
- les changements,
- les émotions fortes.
Et lorsqu’ils saturent émotionnellement, les écrans deviennent parfois :
une forme de refuge rapide.
Le problème, c’est qu’ils ne permettent pas réellement :
de récupérer émotionnellement.
Les parents utilisent aussi les écrans pour survivre à certaines journées
Je crois sincèrement qu’il faut être honnête sur ce sujet.
Oui, beaucoup de parents utilisent les écrans parce qu’ils sont épuisés.
Et honnêtement, je comprends totalement pourquoi.
Après plusieurs heures passées :
- à gérer les disputes,
- calmer les émotions,
- organiser les journées,
- préparer les repas,
- répondre aux sollicitations permanentes,
les écrans offrent enfin :
quelques minutes de silence.
Je me souviens de certaines journées de pluie où j’avais simplement besoin :
de respirer un peu.
Et honnêtement, dans ces moments-là, donner un écran semblait souvent être la seule solution possible.
Aujourd’hui, j’essaie surtout :
de ne plus culpabiliser,
mais aussi de recréer davantage d’alternatives plus calmes dans les journées.
Les enfants ne réclament pas toujours “plus d’activités”
Avec le temps, je crois que c’est probablement ce qui a le plus changé ma façon de voir les choses.
Pendant longtemps, je pensais que pour réduire les écrans, il fallait :
- occuper davantage les enfants,
- proposer plus d’activités,
- remplir les journées.
Aujourd’hui, je crois surtout qu’ils ont besoin :
- de ralentir,
- de retrouver du jeu libre,
- du calme,
- de la créativité,
- et des moments beaucoup moins stimulants.
Et honnêtement, certaines des journées où les écrans étaient les moins présents étaient souvent les plus simples :
- un jeu calme,
- un dessin,
- une cabane improvisée,
- une activité créative,
- ou quelques activités ludiques et intelligentes pour des vacances plus sereines intégrées naturellement dans la journée.
FAQ — Pourquoi les enfants réclament-ils autant les écrans pendant les vacances ?
Pourquoi les enfants demandent-ils des écrans dès le matin ?
Parce que leur cerveau s’habitue rapidement à rechercher une stimulation immédiate dès les premiers moments de la journée.
Les écrans fatiguent-ils émotionnellement les enfants ?
Oui, surtout lorsqu’ils consomment des contenus rapides et très stimulants pendant plusieurs heures.
Pourquoi les enfants semblent-ils incapables de supporter l’ennui ?
Parce qu’ils vivent souvent dans une stimulation permanente qui rend les moments calmes beaucoup plus difficiles.
Les enfants hypersensibles réclament-ils davantage les écrans ?
Certains oui, notamment lorsqu’ils cherchent à calmer une surcharge émotionnelle après une journée très stimulante.
Comment réduire les écrans sans créer de conflits permanents ?
En ralentissant progressivement :
- les journées,
- les stimulations,
- les contenus rapides,
et en recréant : - du jeu libre,
- des temps calmes,
- des activités créatives,
- et des moments beaucoup plus simples émotionnellement.