Un stage est gratifié à partir de 309 heures
La règle tient en une phrase : la gratification devient obligatoire au-delà de deux mois de présence dans le même organisme d'accueil, au cours de la même année d'enseignement. Deux mois se traduisent en heures, et c'est ce qui compte vraiment : 44 jours à 7 heures, soit 308 heures. Dès la 309e heure, l'organisme doit verser une gratification, et il la doit depuis la première heure, pas seulement pour les heures au-delà du seuil.
Deux points sont souvent mal compris. Le seuil se calcule en cumulant les périodes : deux stages de six semaines dans la même entreprise pendant la même année scolaire s'additionnent. Et il s'agit d'heures de présence effective, celles prévues à la convention de stage : les jours fériés chômés et les absences ne comptent pas.
Le montant minimum, et d'où vient le chiffre
La gratification minimale vaut 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale. Ce plafond est révisé chaque 1er janvier. Au 1er janvier 2026, il est fixé à 30 € de l'heure, ce qui donne 4,50 € par heure de présence. Pour un stage à temps plein de 35 heures par semaine, cela représente 682,50 € pour un mois moyen de 151,67 heures, et 693 € pour un mois de 22 jours ouvrés à 7 heures.
Le calcul se fait heure par heure, pas au forfait mensuel : un mois de février court rapporte moins qu'un mois de mars. Beaucoup d'organismes préfèrent lisser le versement sur des mensualités égales, ce qui est autorisé tant que le total correspond bien au nombre d'heures réalisées.
Une convention de branche ou un accord d'entreprise peuvent prévoir un taux supérieur, et c'est alors ce taux qui s'applique. C'est pour cela que le champ « taux horaire » du calculateur est modifiable : le minimum légal est proposé par défaut, tu peux entrer le taux réel de ta convention.
Ce que la gratification n'est pas
La gratification n'est pas un salaire. En dessous de 4,50 € de l'heure, elle est exonérée de cotisations sociales pour l'organisme comme pour le stagiaire, et elle n'ouvre pas de droits à l'assurance chômage. Elle n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu dans la limite d'un SMIC annuel. Un stagiaire n'est pas non plus un salarié : il n'a pas de contrat de travail, il conserve son statut d'élève ou d'étudiant, et sa convention de stage est signée par trois parties, l'établissement, l'organisme d'accueil et lui-même, avec l'enseignant référent et le tuteur nommément désignés.
En revanche, le stagiaire bénéficie des mêmes droits que les salariés sur plusieurs points concrets : accès au restaurant d'entreprise ou aux titres-restaurant, prise en charge des frais de transport dans les mêmes conditions, respect des durées maximales de travail et du repos quotidien.
Et le stage de 3e ?
La séquence d'observation en classe de troisième dure une semaine, parfois deux. On est très loin des 309 heures : elle n'est jamais gratifiée, et c'est normal. Son objet est la découverte du monde professionnel, pas le travail. Un collégien peut néanmoins se voir rembourser des frais de transport ou de repas si l'entreprise le propose, à titre volontaire.
Même chose pour les périodes de formation en milieu professionnel des lycéens professionnels quand elles restent sous le seuil : à partir de la rentrée 2023, ces périodes ouvrent en revanche droit à une allocation versée par l'État, distincte de la gratification et indépendante de l'entreprise.
Trois erreurs qui coûtent cher
La première est de raisonner en mois calendaires : un stage du 2 avril au 1er juin fait bien deux mois, mais à quatre jours par semaine il n'atteint pas 309 heures et la gratification n'est pas due. La deuxième est de croire que seules les heures au-delà du seuil sont payées : dès que le seuil est franchi, tout le stage est gratifié. La troisième est de signer une convention sans y lire le nombre d'heures hebdomadaires : c'est ce chiffre, et lui seul, qui déclenche ou non l'obligation.
Questions fréquentes
Mon stage dure exactement deux mois, ai-je droit à la gratification ?
Cela dépend des heures. Le seuil réel est de 308 heures de présence effective, soit 44 jours à 7 heures. À temps partiel, deux mois calendaires ne suffisent pas.
La gratification est-elle due dès la première heure ?
Oui. Une fois le seuil franchi, elle porte sur la totalité des heures de présence, pas seulement sur celles qui dépassent 308 heures.
Deux stages courts dans la même entreprise se cumulent-ils ?
Oui, s'ils ont lieu au cours de la même année d'enseignement et dans le même organisme d'accueil.
Puis-je toucher plus que 4,50 € de l'heure ?
Oui. C'est un minimum. Une convention de branche, un accord d'entreprise ou une décision de l'employeur peuvent prévoir davantage.
Le stage de 3e est-il payé ?
Non, il dure une semaine et reste très en dessous du seuil légal. Certaines entreprises remboursent les repas ou les transports, à leur initiative.
Sources et barèmes
- Gratification obligatoire au-delà de deux mois de présence, soit 44 jours à 7 heures ou 309 heures : Code de l'éducation, art. L. 124-6 et D. 124-6.
- Montant minimum de 15 % du plafond horaire de la Sécurité sociale, fixé à 30 € au 1er janvier 2026, soit 4,50 € par heure de présence. service-public.gouv.fr, fiche F32131, vérifiée le 1er janvier 2026.
- Le plafond de la Sécurité sociale est révisé chaque 1er janvier : le taux horaire suit.
Source : Code de l'éducation (art. L. 124-6 et D. 124-6), plafond horaire de la Sécurité sociale au 1er janvier 2026, service-public.gouv.fr. Barème en vigueur au 1er janvier 2026. Page mise à jour le 20/10/2026. Les calculs se font dans ton navigateur, aucune donnée n'est envoyée.