Organiser un espace de travail propice aux apprentissages

Que l’on ait choisi d’instruire ses enfants en famille de manière formelle ou informelle, il peut être utile d’aménager chez soi un espace qui sera propice aux apprentissages.

 

Un lieu spécifique pour l’IEF (Instruction En Famille)

Lorsque c’est possible, consacrer une pièce à l’IEF pour pouvoir travailler mais aussi ranger tout le matériel des enfants et des parents est idéal. Mais tout le monde n’a pas les moyens ou la place d’avoir une pièce réservée pour faire l’école à la maison. L’essentiel est de créer un lieu dans l’habitation où l’enfant se sent bien pour travailler et qui lui permette de se concentrer sur ce qui lui est mis à disposition pour apprendre. La chambre, avec des jouets plus ou moins bien rangés, n’est pas toujours l’espace le plus propice aux apprentissages. Il suffit que l’enfant tourne la tête et qu »il croise du regard son jouet préféré pour envoyer valser tout le matériel pédagogique, aussi ludique soit-il, afin de retourner à son petit monde à lui, ses jeux, son univers.

Un lieu plus neutre est sans doute plus efficace pour créer des conditions optimales pour le travail formel, ou informel. Ainsi le salon-séjour peut être mis valablement à contribution. Souvent la plus grande pièce de l’habitation, le séjour dispose d’une grande table sur laquelle on peut aisément déballer tout le matériel nécessaire au travail. C’est encore mieux de pouvoir l’y laisser d’un jour sur l’autre lorsque l’on se lance dans de grands projets. Mais pour cela, il vaut mieux avoir une pièce dédiée à l’IEF si on ne veut pas que l’école finisse par prendre toute la place dans le quotidien. Attribuer un lieu de la maison à l’IEF avec espaces de travail et de rangements spécifiques permet de créer des repères pour l’enfant qui gagnera en autonomie en allant de lui-même chercher ce dont il a besoin pour travailler. C’est utile aussi pour les parents qui pourront y stocker tout le matériel nécessaire à la préparation du travail. Un lieu calme est plus propice à la concentration, ce qui n’exclut pas un fond sonore. Certains gagnent en sérénité avec de la musique diffusée à un volume raisonnable. Un lieu paisible n’est pas toujours facile à obtenir d’autant plus lorsque l’IEF concerne une fratrie aux enfants d’âges éloignés. Un adolescent de 15 ans n’a pas les mêmes besoins qu’un bambin de 5 ans, ce qui apaise l’un pourra agacer l’autre et inversement. Dans ce cas, mieux vaut prévoir deux zones de travail séparées dans l’habitation ou organiser un planning pour faire travailler les enfants à des heures différentes, chacun ayant accès à l’espace IEF sur une plage horaire précise. Mais cette dernière organisation a un défaut majeur puisqu’elle limite l’apprenant dans ses possibilités en le privant de l’accès au matériel pendant un certain laps de temps. Cela ne laisse pas de place à la spontanéité d’un enfant qui a envie d’apprendre et cela bride donc les apprentissages informels. Qu’on ait ou pas une pièce dédiée aux apprentissages, rien n’empêche de changer de lieu de travail de temps en temps ! C’est même une très bonne façon de casser la routine. On peut faire de la chimie dans la cuisine, des Arts plastiques dans la chambre, des SVT (Sciences de la Vie et de la Terre) dans le jardin.

 

Un espace avec du matériel

L’IEF nécessite l’achat de matériel, qu’on travaille de manière formelle ou informelle. Cela représente souvent un budget conséquent que l’on peut limiter grâce au système D (sorties et emprunts en bibliothèque, achats en seconde main, récupération…). Mais il est sûr que plus l’enfant a de matériel à sa disposition, plus on lui offre de la variété dans les supports, plus il sera curieux et ouvert, et plus il aura envie d’apprendre. Et plus l’espace d’apprentissage est confortable, plus il a envie d’y rester.

 

 

 

 

 

Le mobilier :

  • une grande table de travail. Les bureaux vendus dans le commerce sont minuscules, mieux vaut une simple table ;
  • des chaises confortables et adaptées à l’enfant (et donc la table aussi pour les plus jeunes) ;
  • quelques coussins ou fauteuils ou un sofa pour organiser un coin lecture.

Les supports de cours si on choisit de faire du formel (certains peuvent tout de même être utilisés dans le cadre du unschooling) :

  • CPC (Cours Par Correspondance) lorsque l’on y souscrit ;
  • cahiers d’exercices disciplinaires ou multi-matières vendus dans les rayons parascolaires de nos librairies ;
  • manuels scolaires ;
  • méthodes diverses ;
  • cours et fiches d’exercices obtenus en ligne et imprimés ; ceux de Pass-éducation notamment mais vous trouverez beaucoup de sources ;
  • pour les parents, bulletin officiel de l’Éducation nationale avec les programmes et le socle de compétences qui peut donner des repères même si on ne suit pas les recommandations à la lettre.

 

 

 

 

 

Du matériel pédagogique :

  • tout ce qu’on vous demande dans une liste de fournitures scolaires : stylos, ciseaux, colle, compas, feutres, crayons de couleur, peinture, feuilles, cahiers, calculatrice…
  • matériel spécifique Montessori ou d’autres pédagogies ;
  • matière première pour réaliser des projets (à voir en fonction de la tâche finale envisagée et de la démarche pour y parvenir).

Du matériel informatique :

  • une tablette suffit pour les plus jeunes si on souhaite leur proposer des jeux éducatifs en ligne ;
  • un ordinateur pour les plus grands pour travailler traitement de texte, tableur, présentation, et pourquoi pas programmation, montage vidéo, retouche photo…
  • une imprimante.

 

 

 

 

 

Beaucoup de livres, dans tous les domaines et de tout type : contes, romans, bandes-dessinées, documentaires, atlas, dictionnaires, encyclopédies, guides pratique, guides de voyage, dans le domaine des sciences, de l’histoire, de la politique, de l’économie, de la sexualité, de l’humour, de la cuisine, du sport… Des revues et journaux. Sur ces aspects, un abonnement à la bibliothèque prend tout son sens mais il reste utile d’avoir une base à la maison à laquelle l’enfant se reportera facilement lorsqu’il aura envie de lire ou de faire des recherches dans son domaine de prédilection. Penser à enregistrer à la télévision les films de patrimoine ou à valeur historique, les documentaires. Utiliser internet pour écouter des podcasts, regarder des conférences…

Et enfin, lorsqu’on a une pièce dédiée à l’IEF chez soi, on peut en profiter pour réaliser une décoration toute spécifique en utilisant murs, plafond et sol : afficher des portraits d’hommes et de femmes qui ont fait l’histoire ou la science, frises chronologiques, cartes, planches anatomiques ou botaniques, posters extraits de revues scientifiques, extraits de textes majeurs (déclaration des droits de l’homme), règles de grammaire que l’enfant a du mal à s’approprier, tables de multiplication… On a l’embarras du choix ! Et l’enfant sera heureux d’y participer plusieurs fois par an en ajoutant certaines de ses créations. La décoration de la pièce peut même faire partie d’un projet d’envergure étalé sur plusieurs semaines !

L’habitation s’organise donc pour accueillir une grande quantité de matériel et pour offrir des conditions de travail optimales aux enfants. Lorsque l’on choisit l’IEF, c’est quand-même un peu comme si on transposait une partie de l’école – son bâtiment, son mobilier, son matériel – à la maison. Sauf que ce sont les parents, parfois aidés des enfants, qui choisissent tout. Et cela fait toute la différence.

 

 

Carine Poirier, auteure et cofondatrice de parenthesenomade.fr, pour Pass éducation