Conditions féminines au XIXe siècle – 4ème – Cours

Cours en Histoire pour la 4ème : Conditions féminines au XIXe siècle

Société, culture et politique dans la France du XIXe siècle

Problématique : Quelle est la place des femmes dans la société du XIXe siècle ?

Sommaire :

Introduction

I. Les femmes exclues du corps civique
a. Le Code civil de 1804
b. Des « non citoyennes » au rôle stéréotypé

II. Le travail des femmes
a. Les métiers « de femme » au XIXe siècle
b. Des femmes qui sortent des sentiers battus

III. Un combat vers l’émancipation
a. L’instruction des filles
b. Les combats politiques

Conclusion

Introduction
Malgré le principe d’égalité proclamé par la Révolution française, les femmes n’ont pas une place équivalente aux hommes dans la société. Certaines femmes ont tenté d’obtenir les mêmes droits politiques que les hommes, comme Olympe de Gouges qui écrit sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Cependant, c’est un échec. On peut même parler de régression. En effet, avant 1789, les veuves pouvaient exercer leur droit de vote si elles étaient « chef de feu » (seul adulte dans le foyer).

Napoléon Ier confirme cette exclusion des femmes de la vie publique, notamment dans le texte civil. En 1848, elles sont exclues du droit de vote qu’elles n’obtiennent qu’en 1944.

Pourtant, le rôle des femmes au cours du XIXe siècle est central dans la société, qu’elles soient bourgeoises, paysannes ou ouvrières. Quel statut, quelle place occupent-elles dans une société marquée par leur exclusion politique ?

1. Les femmes exclues du corps civique

A. Le Code civil de 1804

Selon le Code civil de 1804, les femmes sont considérées comme mineures. Elles sont placées sous l’autorité de leur père puis de leur époux à partir de leur mariage. Ainsi, elles ne disposent pas des mêmes droits que les hommes, malgré l’égalité proclamée depuis la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (1789).
Les femmes sont aussi privées de droits juridiques. On parle alors d’ « incapacité juridique de la femme mariée ». Au nom de la famille et de sa stabilité, les femmes sont soumises à l’autorité du mari sur tous les sujets intéressant le foyer.

Par exemple, il faut attendre la loi du 13 juillet 1965 pour qu’une femme mariée puisse ouvrir un compte en banque et exercer une profession dans l’autorisation de son époux !

Notons que cette incapacité juridique concerne l’épouse. Ainsi, les femmes majeures célibataires et les veuves ont la capacité juridique de gérer leur patrimoine.

Document : Extraits du Code civil de 1804 concernant les femmes

A la lecture de ces extraits, on comprend les inégalités en droit subies par la femme mariée : elle ne peut pas choisir son lieu de résidence, ni demander le divorce, ni disposer de ses biens.

En échange d’une « protection », elle est donc mineure à vie juridiquement, détenant aussi peu de droits qu’un enfant sous l’autorité de son père.

B. Des « non citoyennes » au rôle stéréotypé

Au XIXe siècle, les femmes n’ont aucun droit politique ou civique. Elles sont bien considérées comme « citoyennes » mais ne votent pas et ne peuvent pas être élues.

Dès lors, les femmes participent peu à la vie politique. Certaines femmes, comme Hubertine Auclerc, militent pour l’égalité politique.

Ainsi, les femmes restent enfermées dans un rôle domestique, celui d’épouse et de mère.

Document : Un manuel d’éducation pour filles, 1888

« Les travaux intérieurs et les soins qui sont à la charge de la mère de famille se rapportent aux enfants, à la tenue de la maison, à la préparation des aliments, à l’entretien du linge et des vêtements. Il s’y ajoute à la campagne, la direction de la basse-cour et la culture d’une partie du jardin […]. Elle prépare le déjeuner, allume les feux, habille les enfants ; plus tard, elle s’occupe du ménage, range, nettoie, époussette. A-t-elle fini ? Peut-elle avoir un moment de loisir ? Non, il faut songer aux autres repas, aux vêtements déchirés, au linge sali et usé, aux achats divers, sans compter les visites obligatoires et la tenue de la comptabilité domestique. Son rôle, en un mot, est de s’oublier et de se sacrifier pour tous ».
Marie Robert Halt, Suzette, livre de lecture courante à l’usage des jeunes filles, 1888

2. Le travail des femmes

A. Les métiers « de femme » au XIXe siècle

Au XIXe siècle, la majorité des femmes travaillent. Leur salaire est nécessaire pour faire vivre le foyer. Elles occupent des métiers spécifiques, correspondant à ce que la société de l’époque estime être des « tâches féminines ». A la campagne, elles s’occupent du foyer mais participent comme les hommes aux tâches agricoles. A la ville, le nombre d’ouvrières augmentent. Les conditions de travail sont difficiles et les salaires très bas (payées moins qu’un homme).

Les femmes mariées assurent la bonne tenue du foyer et l’éducation des enfants. Les ménagères travaillent souvent à domicile. Dans les familles bourgeoises, les domestiques sont souvent des femmes.

Document : Les différentes positions sociales de la femme (gravure fin XIXe siècle)

Sur cette pyramide hiérarchique, on voit les différents métiers féminins et leur supposée valeur dans la société.

De gauche à droite : la sœur de charité, la sage-femme, la maîtresse d’école, la marchande, la servante, l’ouvrière, la paysanne.

Source : chaissac.vendee.fr

De part leur position dans la société, et l’incapacité pour une femme de faire des études supérieures, de nombreux métiers leur sont interdits : médecin, avocat, banquier…

Le Code civil réduisait les droits des femmes en échange d’une supposée « protection ». En matière de droit du travail, on retrouve une logique similaire. En effet, les avancées sociales pour les femmes sont faites en vertu de leur supposée faiblesse. Par exemple :
– En 1874, les femmes ne peuvent plus travailler dans les mines (les enfants garçons y sont toujours autorisés)
– En 1892, une loi portant sur le travail des femmes limite leur durée de travail et leur interdit le travail de nuit.

En revanche, il n’existe aucune loi au XIXe siècle incitant les patrons à payer les femmes de la même façon que les hommes. En effet, les femmes sont largement sous-payées par rapport aux hommes, pour des horaires de travail similaires. Il faut attendre 1917 pour qu’une loi française légifère sur cette question et mette en place un écart salarial maximal de 25%.

Ainsi, en 1917, une secrétaire touche au maximum 4 francs alors qu’il s’agit du salaire minimum d’un homme !

Comme le reste de la société, elles ne bénéficient d’aucune protection sociale. Dans le cas spécifique des femmes, cela concerne également leur grossesse : elles n’ont aucun congé maternité.

Document : Le budget d’une famille ouvrière en 1840

En 1840, à la demande de l’Académie des sciences morales et politiques, le Dr Villermé réalise une enquête sur le monde ouvrier.

« En supposant une famille dont le père, la mère et un enfant de 10 à 12 ans reçoivent des salaires ordinaires, cette famille pourra réunir dans l’année, si la maladie de quelqu’un de ses membres ou un manque d’ouvrage ne vient pas diminuer ses profits, savoir :
– le père, à raison de 30 sous par journée de travail : 450 francs ;
– la mère, à raison de 20 sous par journée de travail : 300 francs ;
– un enfant, à raison de 11 sous par journée de travail : 165 francs »

Louis-René Villermé, Tableau de l’état physique et moral des ouvriers, 1840

B. Des femmes qui sortent des sentiers battus

Malgré les difficultés et les stéréotypes, certaines femmes parviennent à exercer des métiers qui sortent de l’ordinaire.

Ida Pfeiffer

Né en 1797 en Autriche, elle décide à l’âge de 45 ans de partir à la découverte du monde et effectuera cinq voyages en 16 ans, dont deux tours du monde. Elle publie ses récits de voyage et rapporte des spécimens de plantes, d’animaux et d’insectes. Elle est admise dans les prestigieuses Sociétés de Géographie de Berlin et de Paris

Source : Wikipédia

Gertrude Bell

Née en 1868 dans une Angleterre très conservatrice, elle est l’une des premières femmes diplômées d’Oxford. Ses centres d’intérêt sont variés car elle sera archéologue, alpiniste, photographe, écrivaine et même analyste politique. On la voit ci-contre sur un site de fouilles à Babylone. En effet, durant la Première Guerre mondiale, elle s’engage au Moyen-Orient où elle travaille sous les ordres de Churchill à établir des relations entre les Arabes et les Britanniques.
Source : Wikipédia

George Sand

De son vrai nom Amantine de Francueil, George Sand est une romancière et journaliste française née en 1804. Elle fait scandale par sa vie amoureuse tumultueuse ainsi que par ses tenues vestimentaires jugées masculines pour l’époque.
Elle croit en l’émancipation de la femme mais refuse en 1848 de se présenter comme députée, jugeant qu’il faut d’abord élever les femmes par l’instruction avant de les lancer dans la vie politique.
Source : Wikipédia

 



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