Dispositif public
Cordées de la réussite : fonctionnement et inscription
Les cordées de la réussite donnent aux élèves un accès plus lisible aux études supérieures, grâce à un partenariat entre établissements. Pour les équipes éducatives comme pour les parents, comprendre le rôle de la tête de cordée, des établissements encordés et les modalités d’inscription permet de repérer les leviers concrets d’accompagnement. Voici les points clés à connaître.

Les cordées de la réussite, un partenariat pour ouvrir l’horizon des élèves
Les cordées de la réussite désignent un dispositif national d’accompagnement qui relie un établissement moteur, appelé tête de cordée, à des collèges et lycées dits établissements encordés. Leur objectif est clair : aider des élèves à se projeter dans des parcours ambitieux, en particulier vers l’enseignement supérieur, lorsque leur environnement scolaire, social ou territorial limite trop souvent l’accès à l’information, aux codes et à la confiance.
La tête de cordée peut être un établissement d’enseignement supérieur ou un lycée disposant de classes préparatoires aux grandes écoles ou de BTS. Elle construit une action avec des collèges et lycées dont le taux de poursuite d’études est faible. Le dispositif ne repose donc pas sur une logique de sélection des “meilleurs” élèves, mais sur une ambition collective : lever l’autocensure, rendre les parcours lisibles et montrer que l’enseignement supérieur est accessible.
Ce que met en relation une cordée
- Une tête de cordée : université, grande école, autre établissement d’enseignement supérieur ou lycée avec CPGE ou BTS.
- Des établissements encordés : collèges et lycées engagés dans une dynamique d’ouverture et de poursuite d’études.
- Des élèves accompagnés : collégiens et lycéens que l’on aide à construire une trajectoire scolaire plus ambitieuse et mieux informée.
Le pilotage est assuré conjointement par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le ministère de l’Éducation nationale. L’Agence nationale de la cohésion des territoires est associée pour le volet concernant les quartiers prioritaires de la politique de la ville.
Lancé le 18 novembre 2008, le dispositif a été refondu dans une version dite “nouvelle génération” par la circulaire MENE2021598J de 2020. Cette évolution a renforcé l’idée centrale des cordées : inscrire l’accompagnement dans la durée, au plus près des établissements, pour transformer l’orientation en véritable levier d’égalité scolaire.
Quels élèves peuvent bénéficier des cordées de la réussite
Les cordées de la réussite s’adressent aux collégiens et aux lycéens, avec une entrée possible dès la classe de 4e en pratique. Le dispositif vise d’abord les élèves dont l’environnement scolaire ou territorial peut freiner la projection vers les études longues, les filières sélectives ou l’enseignement supérieur.
Un public prioritaire, mais pas réservé aux meilleurs élèves
Les établissements mobilisent en priorité les élèves scolarisés :
- en éducation prioritaire,
- en zone rurale,
- dans un quartier prioritaire de la politique de la ville,
- dans des collèges ou lycées où le taux de poursuite d’études reste faible.
Point essentiel pour les familles : il n’existe aucune condition de niveau scolaire. Les cordées ne sont pas un programme réservé aux élèves déjà excellents ou déjà décidés sur leur orientation. La mixité des profils est recherchée, afin d’accompagner des jeunes aux parcours, aux résultats et aux ambitions variés.
Pas de candidature directe des familles
Une famille ne peut pas inscrire seule son enfant à une cordée de la réussite. L’inscription passe par l’établissement scolaire. C’est le collège ou le lycée qui identifie les élèves concernés, échange avec eux et leurs responsables légaux, puis organise leur participation dans le cadre de la cordée à laquelle il est rattaché.
Si vous êtes parent et que vous souhaitez que votre enfant en bénéficie, la démarche est simple :
- demander si le collège ou le lycée est engagé dans une cordée,
- solliciter le professeur principal, le chef d’établissement ou le psychologue de l’Éducation nationale,
- exprimer clairement le besoin : orientation, confiance, découverte des études supérieures, ouverture culturelle,
- vérifier les activités proposées et les modalités de participation.
Dans le quotidien d’un élève encordé, des rencontres qui rendent l’avenir plus concret
Être élève dans les cordées de la réussite, ce n’est pas seulement participer à une sortie ou recevoir une aide ponctuelle. L’accompagnement s’inscrit dans l’année scolaire, à partir d’un calendrier construit entre l’établissement encordé et la tête de cordée. Il combine des temps collectifs, des travaux en petits groupes et des rencontres avec des étudiants, des enseignants du supérieur ou des professionnels.
Un parcours fait d’expériences, pas seulement d’informations
- Le tutorat par des étudiants : les élèves travaillent la méthode, l’organisation, la prise de notes, la compréhension des attendus scolaires. Le tutorat peut aussi soutenir certaines disciplines, sans se réduire à du soutien scolaire classique.
- Les ateliers de méthodologie et d’expression : prise de parole, argumentation, confiance à l’oral, préparation d’un exposé ou d’un entretien. Ces temps aident l’élève à se sentir légitime dans des espaces scolaires nouveaux.
- Les visites d’établissements d’enseignement supérieur : universités, lycées avec classes préparatoires ou BTS, écoles, selon la tête de cordée engagée. L’objectif est de rendre visibles les lieux, les codes et les parcours possibles.
- Les sorties culturelles : elles élargissent les références, nourrissent la curiosité et créent des occasions d’échange en dehors du cadre habituel de la classe.
- La découverte des métiers : rencontres, témoignages, immersion dans des environnements professionnels. L’élève relie progressivement ses centres d’intérêt à des formations et à des secteurs d’activité.
- L’accompagnement à l’orientation et à Parcoursup : pour les lycéens, la cordée peut aider à comprendre les formations, à formuler des choix et à mieux préparer les étapes de l’orientation.
Le fil conducteur reste le même : donner à l’élève des repères, des contacts et des expériences pour construire une ambition scolaire informée.
Les cordées de la réussite en chiffres, un déploiement désormais massif
Selon education.gouv.fr, les cordées de la réussite ont changé d’échelle depuis 2019. Le dispositif touche désormais un nombre important d’élèves, d’établissements du second degré et de têtes de cordée, avec une présence particulièrement marquée dans l’éducation prioritaire.
Repères nationaux 2025
| Indicateur | Donnée vérifiée |
|---|---|
| Élèves bénéficiaires | 152 800 élèves en 2025, contre 80 000 en 2019 |
| Objectif annoncé | 200 000 élèves pour 2025-2026 |
| Cordées recensées | 985 cordées |
| Établissements du second degré engagés | Plus de 3 600 établissements |
| Têtes de cordée | 872 têtes de cordée |
| Étudiants tuteurs mobilisés | 20 500 étudiants tuteurs |
| Collèges publics encordés | Plus de 45 % des collèges publics |
| Lycées publics encordés | Près de 55 % des lycées publics |
| Collèges en éducation prioritaire couverts | 70 % des collèges en éducation prioritaire |
Ce que ces données disent du dispositif
- Une progression nette du nombre d’élèves accompagnés, avec un effectif 2025 presque doublé par rapport à 2019.
- Un maillage territorial structuré, porté par les établissements d’enseignement supérieur, les lycées à classes préparatoires ou à BTS et les établissements scolaires encordés.
- Une priorité confirmée pour l’éducation prioritaire, puisque 70 % des collèges concernés sont couverts.
La dynamique nationale s’incarne aussi dans les temps forts du calendrier éducatif. La Semaine des cordées de la réussite 2026 s’est tenue du 2 au 7 février 2026, avec l’objectif de rendre visibles les actions menées et de valoriser l’engagement des élèves, des équipes éducatives, des étudiants tuteurs et des établissements partenaires.
Participer aux cordées de la réussite, trois portes d’entrée pour agir
Les cordées de la réussite reposent sur un cadre partenarial précis. Pour un établissement, une tête de cordée, un étudiant ou une association, l’enjeu est le même : s’inscrire dans une démarche collective, pilotée à l’échelle académique, au service de l’ambition scolaire des élèves.
Pour un collège ou un lycée, construire l’encordement avec l’académie
Un établissement du secondaire qui souhaite devenir établissement encordé ne procède pas seul. La première étape consiste à se rapprocher du référent académique chargé du dispositif, puis à identifier une tête de cordée pertinente : établissement d’enseignement supérieur, lycée avec classes préparatoires ou lycée avec BTS.
Le partenariat se formalise par une convention entre la tête de cordée et les établissements encordés. L’inscription des élèves est ensuite organisée par l’établissement scolaire. Les familles ne déposent pas de candidature individuelle directe.
Pour une tête de cordée, se porter volontaire dans un cadre validé
Un établissement d’enseignement supérieur ou un lycée disposant de classes préparatoires ou de BTS peut se proposer comme tête de cordée. Il définit alors une offre d’accompagnement : tutorat, visites, ateliers, ouverture culturelle, découverte des formations et appui à l’orientation.
La démarche est suivie au niveau académique. La validation d’une cordée relève d’une commission interministérielle, ce qui garantit l’inscription du projet dans les priorités publiques du dispositif.
Pour un étudiant, devenir tuteur par son établissement
Un étudiant qui souhaite s’engager comme tuteur doit passer par le service dédié de son établissement : service égalité des chances, engagement étudiant, vie de campus, orientation ou dispositif interne selon l’organisation locale. Son rôle consiste à accompagner des élèves dans leurs méthodes, leur projection et leur compréhension de l’enseignement supérieur.
Pour une association, agir en complémentarité
Une association peut enrichir une cordée par son expertise : mentorat, découverte des métiers, expression orale, ouverture culturelle, accompagnement de publics spécifiques. Elle intervient en complément, sans se substituer au cadre académique ni au conventionnement entre établissements.
Cordées ou mentorat associatif, comment choisir
Les cordées relèvent d’un partenariat académique entre établissements. Le tutorat y est souvent centré sur les apprentissages, la méthode et l’orientation.
Le mentorat associatif repose plutôt sur une relation individuelle et suivie avec un adulte référent, centrée sur la confiance, l’orientation et l’ouverture du champ des possibles. Le parrainage, lui, vise davantage l’insertion professionnelle.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
C’est quoi les cordées de la réussite ?
Les cordées de la réussite sont un partenariat entre une « tête de cordée », établissement d’enseignement supérieur ou lycée avec classes préparatoires ou BTS, et des collèges ou lycées « encordés ». L’objectif est d’accompagner les élèves vers plus d’ambition scolaire, une meilleure connaissance des études supérieures et une orientation plus ouverte, grâce à des actions concrètes menées dans la durée.
Qui peut bénéficier des cordées de la réussite au collège ou au lycée ?
Les cordées de la réussite s’adressent aux collégiens, en pratique à partir de la 4e, et aux lycéens. Les élèves prioritaires sont ceux scolarisés en éducation prioritaire, en zone rurale ou en quartier prioritaire de la politique de la ville. Il n’y a pas de condition de niveau scolaire : la mixité des profils est recherchée, afin de toucher des jeunes aux parcours et ambitions variés.
Comment inscrire mon enfant aux cordées de la réussite ?
L’inscription d’un élève aux cordées de la réussite passe par son établissement scolaire. Il n’existe pas de candidature individuelle directe des familles. Le collège ou le lycée encordé identifie les élèves concernés et organise leur participation dans le cadre de la convention signée avec la tête de cordée. Pour une famille, la bonne porte d’entrée est donc l’équipe de direction, le professeur principal ou le référent orientation de l’établissement.
Qu’est-ce qu’on fait concrètement dans les cordées de la réussite ?
Un élève encordé peut bénéficier de tutorat par des étudiants, d’ateliers de méthodologie et d’expression, de visites d’établissements d’enseignement supérieur, de sorties culturelles, de découverte des métiers et d’un accompagnement à l’orientation, notamment vers Parcoursup. Ces actions rendent les parcours d’études plus lisibles et permettent aux élèves de se projeter dans des environnements qu’ils connaissent parfois peu.
Quelle différence entre tutorat, mentorat et parrainage dans les cordées de la réussite ?
Le tutorat accompagne surtout les apprentissages et la méthode, souvent en petit groupe et sur un temps court à moyen. Le mentorat repose sur une relation individuelle et suivie avec un adulte référent, centrée sur l’orientation, la confiance en soi et l’ouverture du champ des possibles. Le parrainage met plutôt un jeune en relation avec un professionnel, dans une logique d’insertion vers l’emploi.
