Dispositif public
Cités éducatives : les 240 territoires et leur action
Les cités éducatives organisent une coopération exigeante entre école, familles, associations, collectivités et État dans les quartiers prioritaires. Pour les responsables associatifs et les directions d’établissement, cette page clarifie le cadre, les acteurs mobilisés et les leviers d’action pour construire une réponse éducative continue autour des jeunes.

Une cité éducative, une alliance locale pour agir autour de chaque jeune
Une cité éducative est une alliance organisée entre les acteurs éducatifs d’un même territoire, dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Elle réunit l’école, les familles, les collectivités, les associations et l’État autour d’un objectif commun : intensifier la prise en charge éducative des enfants et des jeunes de 0 à 25 ans, avant, pendant et après le cadre scolaire.
Le dispositif ne se limite donc pas à l’établissement scolaire. Il vise à mieux articuler ce qui se joue en classe, dans la famille, dans les activités périscolaires, dans l’accompagnement social, culturel, sportif ou citoyen. Pour une association ou une direction d’établissement, l’enjeu est clair : sortir des actions isolées et construire une réponse éducative cohérente à l’échelle du quartier.
Un pilotage national, une mise en œuvre territoriale
Les cités éducatives sont copilotées par l’Agence nationale de la cohésion des territoires et la DGESCO, direction générale de l’enseignement scolaire du ministère de l’Éducation nationale, en lien avec le ministère chargé de la Ville. Ce pilotage national fixe le cadre, mais la force du dispositif repose sur la capacité des acteurs locaux à partager un diagnostic, des priorités et des actions concrètes.
Trois axes pour structurer l’action
Chaque cité éducative s’organise autour de trois axes officiels, qui donnent une ligne de conduite aux projets soutenus sur le territoire :
- Conforter le rôle de l’école, en renforçant sa place comme point d’appui éducatif central du quartier.
- Promouvoir la continuité éducative, pour mieux relier les temps scolaires, périscolaires, familiaux et associatifs.
- Ouvrir le champ des possibles, en donnant aux enfants et aux jeunes accès à des expériences, des parcours et des horizons plus larges.
Une cité éducative fonctionne ainsi comme un cadre de coopération : elle ne remplace pas les acteurs existants, elle les oblige à mieux travailler ensemble.
Où se déploient les cités éducatives, et à quelle échelle
Les cités éducatives constituent désormais un maillage national des quartiers prioritaires de la politique de la ville. Selon education.gouv.fr, en mai 2025, 240 cités éducatives sont labellisées, contre 80 en 2019 et 210 en 2023.
| Repère | Donnée vérifiée |
|---|---|
| Cités éducatives labellisées en 2019 | 80 |
| Cités éducatives labellisées en 2023 | 210 |
| Cités éducatives labellisées en 2025 | 240 |
| Nouvelles labellisations pour 2025 à 2027 | 40 |
| Quartiers prioritaires concernés | Plus de 600 |
| Communes engagées | 255 |
Une labellisation élargie depuis 2024
Depuis 2024, la labellisation est ouverte à tous les quartiers prioritaires. Cette évolution élargit le champ des territoires pouvant structurer une alliance locale entre l’école, les collectivités, les associations, les familles et les services de l’État.
Pour une direction d’établissement ou une association, cette ouverture change l’approche territoriale. Elle signifie que l’entrée dans la dynamique des cités éducatives dépend d’abord de la stratégie locale portée par la collectivité, la préfecture et le rectorat, puis de la capacité des acteurs à s’inscrire dans les priorités éducatives du territoire.
- Pour les établissements : identifier le collège chef de file et les priorités éducatives partagées.
- Pour les associations : repérer le groupe de pilotage local et l’appel à projets annuel de la cité éducative.
- Pour les collectivités : articuler la candidature avec les besoins des quartiers prioritaires concernés.
Financer et piloter une cité éducative, le fonctionnement concret
Le financement des cités éducatives repose sur une logique d’engagement partagé entre l’État, l’Éducation nationale, le ministère chargé de la Ville et les collectivités. Selon education.gouv.fr, 247 millions d’euros ont été engagés par l’État sur 2019-2024 pour soutenir le dispositif.
Un socle financier national, complété localement
Chaque collège chef de file bénéficie d’une enveloppe de 30 000 euros par an, financée à parité entre l’Éducation nationale et le ministère de la Ville. À cette base s’ajoute un cofinancement des collectivités d’au moins 30 %, qui ancre la cité éducative dans les priorités du territoire.
| Source de financement | Rôle dans la cité éducative |
|---|---|
| État | Engagement financier national sur la durée du dispositif |
| Éducation nationale et ministère de la Ville | Dotation annuelle de 30 000 euros par collège chef de file, à parité |
| Collectivités | Cofinancement local d’au moins 30 % |
Pour 2026, le rapport du Sénat sur le PLF 2026, mission Politique de la ville, indique un budget de 91 millions d’euros, stable par rapport à la loi de finances 2025. Le signal est donc clair : la ligne propre des cités éducatives est maintenue.
Un maintien à lire dans un contexte budgétaire plus tendu
Ce maintien ne doit pas masquer l’environnement dans lequel les acteurs locaux travaillent. L’écosystème de la politique de la ville subit des coupes, avec notamment le dispositif Quartiers d’été quasiment supprimé, soit 24 millions d’euros en moins. Pour les associations et les établissements, l’enjeu consiste donc à sécuriser les actions structurantes de la cité éducative tout en anticipant la fragilisation de dispositifs complémentaires.
La troïka, cœur du pilotage local
Sur le terrain, la gouvernance repose sur une troïka qui organise les priorités, arbitre les projets et veille à la cohérence éducative :
- le principal du collège chef de file, garant du lien avec l’institution scolaire ;
- le délégué du préfet, représentant l’État dans le quartier prioritaire ;
- un élu ou un cadre de la collectivité, porteur de l’ancrage territorial.
Pour une association, ce pilotage local est le bon point d’entrée : les projets se construisent avec la cité éducative du territoire, au plus près des besoins identifiés.
Ce que les cités éducatives rendent possible sur le terrain
Dans une cité éducative, le financement ne sert pas à créer un dispositif hors sol. Il renforce, coordonne et complète les actions déjà menées par l’école, les associations, les collectivités, les familles et les services de l’État. L’enjeu est de couvrir les temps de vie des enfants et des jeunes, avant, pendant et après la classe.
Des actions concrètes au service de la continuité éducative
- Accompagnement à la scolarité : aide aux devoirs, tutorat, remobilisation, prévention du décrochage, appui aux transitions entre l’école, le collège, le lycée et les autres parcours de formation.
- Ouverture culturelle et sportive : ateliers artistiques, pratiques sportives, sorties culturelles, rencontres avec des intervenants, projets qui élargissent l’accès aux ressources du territoire.
- Santé et bien-être : actions de prévention, éducation à la santé, prise en compte du climat scolaire, confiance en soi, compétences psychosociales et qualité des relations entre jeunes et adultes.
- Soutien à la parentalité : espaces d’échange avec les familles, médiation avec les institutions, ateliers parents, accompagnement des parents dans le suivi scolaire et éducatif.
- Orientation et découverte des métiers : visites, témoignages de professionnels, mentorat, découverte des formations, travail sur l’ambition scolaire et professionnelle.
- Médiation : présence éducative dans les lieux de vie, prévention des tensions, dialogue entre jeunes, familles, établissements et acteurs locaux.
- Numérique : accès aux usages éducatifs, prévention des risques, accompagnement des familles, projets autour des compétences numériques.
- Formation des professionnels : temps communs entre enseignants, animateurs, associations, agents des collectivités et partenaires, pour partager les pratiques et mieux coordonner les interventions.
Pour une association ou une direction d’établissement, les cités éducatives offrent donc un cadre lisible : proposer une action utile, l’inscrire dans une stratégie locale partagée et démontrer sa contribution au parcours éducatif des jeunes.
Entrer dans une cité éducative quand on est une association
Pour une association, l’entrée dans les cités éducatives ne passe pas par une candidature nationale. Le point d’accès est local : le groupe de pilotage de la cité éducative, puis l’appel à projets annuel porté sur le territoire. Votre proposition doit donc répondre à une priorité identifiée localement, et non à un modèle standardisé.
Les étapes pour proposer une action utile
- Vérifier si votre commune est labellisée : la première étape consiste à identifier si votre territoire relève bien d’une cité éducative.
- Contacter le chef de projet de la cité éducative : il coordonne les échanges opérationnels, oriente les porteurs de projets et précise le calendrier local.
- Se rapprocher du collège chef de file : le principal fait partie de la gouvernance locale. Ce contact permet de comprendre les besoins repérés autour des élèves et des familles.
- Lire les priorités locales avant de déposer : votre projet doit s’inscrire dans les axes de la cité, par exemple le rôle de l’école, la continuité éducative ou l’ouverture du champ des possibles.
- Prévoir l’évaluation dès le départ : objectifs, publics visés, modalités de suivi et bilan attendu doivent être clairs avant le dépôt.
Le bon interlocuteur selon votre profil
- Association déjà implantée dans le quartier : contactez en priorité le chef de projet de la cité éducative.
- Association intervenant auprès d’un établissement scolaire : rapprochez-vous du collège chef de file.
- Structure proposant une action famille, jeunesse ou orientation : demandez le calendrier de l’appel à projets local et les priorités retenues.
- Association nouvelle sur le territoire : présentez d’abord votre ancrage, vos partenaires possibles et la complémentarité de votre action.
Une proposition solide montre ce qu’elle apporte au territoire : un besoin précis, une articulation avec les acteurs existants, un public clairement défini et une capacité à rendre compte des effets produits.
Pour aller plus loin
Questions fréquentes
Cités éducatives, c’est quoi concrètement ?
Les cités éducatives sont une alliance locale entre l’école, les familles, les collectivités, les associations et l’État dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Leur objectif est d’intensifier l’accompagnement éducatif des enfants et des jeunes de 0 à 25 ans, avant, pendant et après le temps scolaire. Elles organisent une réponse collective autour des besoins du territoire, avec un pilotage partagé.
Combien y a-t-il de cités éducatives en France en 2025 ?
La France compte 240 cités éducatives labellisées en 2025, selon education.gouv.fr en mai 2025. Le dispositif est passé de 80 cités en 2019 à 210 en 2023, puis 40 nouvelles cités ont été labellisées pour trois ans sur 2025 à 2027. Elles concernent plus de 600 quartiers prioritaires et 255 communes engagées.
Qui pilote une cité éducative sur un territoire ?
Une cité éducative est pilotée localement par une troïka composée du principal du collège chef de file, du délégué du préfet et d’un élu ou cadre de la collectivité. Au niveau national, le dispositif est copiloté par l’ANCT et la DGESCO, en lien avec le ministère chargé de la Ville. L’organisation repose sur trois axes : l’école, la continuité éducative et l’ouverture du champ des possibles.
Quel budget pour les cités éducatives ?
L’État a engagé 247 millions d’euros pour les cités éducatives sur 2019 à 2024. Chaque collège chef de file reçoit 30 000 euros par an, à parité entre l’Éducation nationale et le ministère de la Ville, avec un cofinancement des collectivités d’au moins 30 %. Le budget 2026 atteint 91 millions d’euros, stable par rapport à la loi de finances 2025, selon le rapport du Sénat sur le PLF 2026.
Comment une association peut entrer dans une cité éducative ?
Une association entre dans une cité éducative par le groupe de pilotage local et l’appel à projets annuel de la cité. La démarche ne passe pas par une candidature nationale. Pour agir utilement, l’association doit s’inscrire dans les priorités éducatives du territoire : conforter le rôle de l’école, renforcer la continuité éducative ou ouvrir le champ des possibles pour les enfants et les jeunes concernés.
