Frankenstein (Mary Shelley) 1818 – 3ème – Littérature – Cycle 4 – PDF à imprimer

Lecture sur Frankenstein (Mary Shelley) 1818 en 3ème.

Dans ce roman épistolaire appartenant au genre gothique, Mary Shelley raconte l’histoire de Victor Frankenstein, un jeune savant, qui souhaite créer un être humain à partir de chairs mortes. Ce récit évoque le traumatisme de Mary Shelley qui perdit son premier bébé peu avant l’écriture de ce roman.  

C’est dans ces sentiments que je me mis à créer un être humain. Comme la petitesse de ses diverses parties constituait un grave obstacle à la rapidité de mon travail, je résolus, contrairement à mon intention première, de lui donner une stature gigantesque, c’est-à-dire d’environ huit pieds de hauteur, et d’une largeur proportionnée. Après avoir pris cette décision, et passé plusieurs mois à rassembler et disposer convenablement mes matériaux, je commençai mon œuvre.

Nul ne peut concevoir les sentiments variés qui me poussaient en avant, tel un ouragan, dans le premier enthousiasme du succès. La vie et la mort m’apparaissaient comme des limites idéales que je devrais d’abord franchir pour déverser sur notre monde ténébreux un torrent de lumière. Une espèce nouvelle bénirait en moi son créateur et sa source ; c’est à moi que devraient l’existence des quantités de natures heureuses et bonnes : nul père ne pourrait mériter la reconnaissance de son enfant comme je mériterais la leur. Poursuivant ces réflexions, je me disais que s’il m’était donné d’animer la matière inerte, je pourrais avec le temps (bien que cela me semblât encore impossible), renouveler la vie lorsque la mort avait apparemment livré le corps à la corruption.

Ces pensées soutenaient mon courage, tandis que je poursuivais mon entreprise avec une ardeur sans défaillance. L’étude avait pâli ma joue, l’absence d’exercice avait amaigri mon corps. Parfois, au bord même de la certitude, je n’aboutissais pas ; et pourtant je n’abandonnais pas un espoir que le jour ou l’heure suivante réaliserait peut-être. L’unique secret que seul je possédais, était l’espoir auquel je m’étais consacré ; et la lune contemplait mes labeurs nocturnes, tandis que, dans la constance et l’essoufflement de l’impatience, je poursuivais la nature jusque dans ses cachettes. Qui concevra les horreurs de mon travail secret, tandis que je tâtonnais, profanant l’humidité des tombes, ou torturais l’animal vivant pour animer l’argile inerte ? Ce souvenir fait aujourd’hui trembler mes membres et trouble mon regard ; mais alors une impulsion irrésistible et presque frénétique me poussait en avant ; toute mon âme, toutes mes sensations ne semblaient plus exister que pour cette seule recherche. Celle-ci n’était plus, à vrai dire, qu’une extase isolée, qui ne faisait que renouveler l’intensité de mes sentiments dès qu’en l’absence de ce stimulant étrange je reprenais mes anciennes habitudes. Je ramassais des ossements dans les charniers[1], et mes doigts profanes troublaient les mystères de l’édifice humain.

[1] Les charniers sont les lieux où l’on déposait les ossements des morts.

Questionnaire

1. a) Quel est l’objectif ultime du savant ? Choisis parmi les propositions suivantes :
• Obtenir toutes les connaissances
• Ressusciter les morts
• Se doter d’une armée d’êtres artificiels

b) Justifie ta réponse avec un élément du texte.

2. Pourquoi Frankenstein désire-t-il que sa création soit immense ? Justifie avec une citation du texte.
3. Victor Frankenstein est-il fier de ses recherches ? Relève des éléments du texte.

4. Quelles pratiques commises par le protagoniste permettent de le qualifier de « savant-fou » ? Plusieurs éléments de réponse sont attendus.

5. En quoi la volonté du personnage de créer à tout prix un être humain fait-elle écho à la vie de Mary Shelley ?

6. Pour exprimer son souhait de dépasser la mort, Frankenstein oppose deux éléments dans le deuxième paragraphe : lesquels ? Justifie ta réponse avec une citation.

7. « L’étude avait pâli ma joue, l’absence d’exercice avait amaigri mon corps »
a) Quelle est la figure de style utilisée ici ?
• Le chiasme
• Le parallélisme
• La métaphore

b) Que nous dit-elle sur l’état de santé de Frankenstein ?

8. « La lune contemplait mes labeurs nocturnes », quelle est la figure de style utilisée ? Justifie ta réponse en donnant la définition de la figure de style.
9. a) Relève le champ lexical de la naissance.
b) Qu’en déduis-tu du statut que revendique Frankenstein vis-à-vis de ses créations ?

10. « Mais alors une impulsion irrésistible et presque frénétique me poussait en avant », observe cette citation en t’aidant du reste du paragraphe et explique à quoi est associé l’obsession du protagoniste.

À propos de l’image

11. a) Décris l’image en quelques lignes.
b) Quels liens peux-tu établir entre le texte de Shelley et l’huile sur toile de Tamara de
Lempicka ?

 



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Questionnaire Frankenstein (Mary Shelley) 1818 – 3ème pdf

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