Le conte de Monte-cristo – Alexandre Dumas – Arts du langage – XIXe siècle – Cm1 – Cm2 – Histoire des arts – Cycle 3

Arts du langage au 19ème siècle

Histoire des arts – Cycle 3

 

Le conte de Monte-cristo

 

Histoire de l’art

Littérature

 

Edmond Dantès est injustement emprisonné au château d’if, forteresse située dans une île. Un autre détenu, le vieil abbé Faria, vient de mourir et Dantès prend la place du mort afin de s’évader

 

Maintenant son plan était arrêté. Voilà ce qu’il comptait faire. Si pendant le trajet les fossoyeurs* reconnaissaient qu’il portait un vivant au lieu de porter un mort, Dantès ne leur donnait pas le temps de se reconnaître ; d’un vigoureux coup de couteau il ouvrait le sac depuis le haut jusqu’en bas, profitait de leur terreur et s’échappait. […]

S’ils le conduisaient jusqu’au cimetière et le déposaient dans une fosse, il se laissait couvrir de terre ; puis comme c’était la nuit, à peine les fossoyeurs auraient-ils le dos tourné qu’il s’ouvrait un passage à travers la terre molle et s’enfuyait : il espérait que le poids ne serait pas trop grand pour qu’il pût le soulever. […]

Vers l’heure fixée par le gouverneur, des pas se firent entendre dans l’escalier. Edmond compris que le moment était venu ; il rappela tout son courage, retenant son haleine ; heureux s’il eût pu retenir en même temps et comme elle les pulsations précipitées de ses artères.

On s’arrêta à la porte, le pas était double. Dantès devina que c’était les deux fossoyeurs qui venaient le chercher. Ce soupçon se changea en certitude quand il entendit le bruit qu’ils faisaient en déposant la civière.

La porte s’ouvrit, une lumière voilée parvint aux yeux de Dantès. Au travers de la toile qui le couvrait, il vit deux ombres se rapprocher de son lit. Une troisième à la porte, tenant un falot* à la main. Chacun des deux hommes qui s’étaient approchés du lit saisit le sac par une de ses extrémités.

« C’est qu’il est encore lourd, pour un vieillard si maigre ! Dit l’un d’eux en le soulevant par la tête.

– On dit que chaque année ajoute une demi- livre au poids des os, dit l’autre en le prenant par les pieds.

– As-tu fait ton nœud ? Demanda le premier.

– Je serais bien bête de nous charger d’un poids inutile, dit le second, je le ferai là-bas.

– Tu as raison ; partons alors. »

« Pourquoi ce nœud ? » se demanda Dantès.

On transporta le prétendu mort du lit sur la civière. Edmond se raidissait pour mieux jouer son rôle de trépassé. On le posa sur la civière ; et le cortège, éclairé par l’homme au falot, qui marchait devant, monta l’escalier.

Tout à coup, l’air frais et âpre de la nuit l’inonda. Dantès reconnu le mistral. Ce fut une sensation subite, pleine à la fois de délices et d’angoisse.

Les porteurs firent une vingtaine de pas, puis ils s’arrêtèrent et disposèrent la civière sur le sol.

Un des porteurs s’éloigna, et Dantès entendit ses souliers retentir sur les dalles.

« Où suis-je donc ? » Se demandait-il.

« Sais-tu qu’il n’est pas léger du tout ! » Dit celui qui était resté près de Dantès en s’asseyant sur le bord de la civière.

« Éclaire-moi donc, animal, dit celui des deux porteurs qui s’était éloigné, où je ne trouverais jamais ce que je cherche. » […]

« Que cherche-t-il donc ? Se demanda Dantès. Une bêche sans doute. »

Une exclamation de satisfaction indiqua que le fossoyeur avait trouvé ce qu’il cherchait.

« Enfin, dit l’autre, ce n’est pas sans peine.

– Oui, répondit-il, mais il n’aura rien perdu pour attendre. »

À ces mots, il se rapprocha d’Edmond, qui entendit déposer près de lui un corps lourd et retentissant ; au même moment, une corde entoura ses pieds d’une vive et douloureuse pression.

« Eh bien, le nœud est-il fait ? Demanda celui des fossoyeurs qui était resté inactif.

– Et bien fait, dit l’autre ; je t’en réponds.

– En ce cas, en route. »

Et la civière soulevée reprit son chemin.

On fit cinquante pas à peu près, puis on s’arrêta pour ouvrir une porte, puis on se remit en route. Le bruit des flots se brisant contre les rochers sur lequel est bâti le château arrivait plus distinctement à l’oreille de Dantès à mesure que l’on avança.

« Mauvais temps, dit l’un des porteurs, il ne fera pas bon être en mer cette nuit.

– Oui, l’abbé court grand risque d’être mouillé », dit l’autre. Et ils éclatèrent de rire.

Dantès ne comprit pas très bien la plaisanterie, mais ses cheveux ne s’en dressèrent par moins sur sa tête.

« Bon, nous voilà arrivés ! Reprit le premier.

– Plus loin, plus loin, dit l’autre tu sais bien que le dernier est resté en route, brisé sur les rochers, et que le gouverneur nous a dit le lendemain que nous étions des fainéants. »

On fit encore quatre ou cinq pas en montant toujours, et Dantès sentit qu’on le prenait pas la tête et par les pieds et qu’on le balançait.

« Une, dirent les fossoyeurs.

– Deux.

– Trois ! »

En même temps, Dantès se sentit lancé, en effet, dans un vide énorme, traversant les airs comme un oiseau blessé, tombant, tombant toujours avec une épouvante qui lui glaçait le cœur.

Quoique tiré en bas par quelque chose de pesant qui précipitait son vol rapide, il lui sembla que cette chute durait un siècle. Enfin, avec un bruit épouvantable, il entra comme une flèche dans une eau glacée qui lui fit pousser un cri, étouffé à l’instant même par l’immersion.

Dantès avait été lancé dans la mer, au fond de laquelle l’entraîner un boulet de trente-six attaché à ses pieds.

 

Documentaire, questionnaire + correction

Repère dans le texte

1/ A quel genre littéraire appartient ce texte ?

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2/ Qui est le personnage principal de cette histoire ?  ………………………………

3/ Où se déroule l’histoire ? ……………………………………………………………….

4/ Que veut faire le héros de l’histoire ?

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Ce que j’ai compris

1/ Comment Edmond Dantès projette-t-il de s’enfuir ?

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2/ En quoi le nœud est important pour l’histoire et à quoi va-t-il servir ?

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3/ Le lecteur découvre les événements comme s’il était l’un des personnages. Lequel ?

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4/ A quel moment comprends-tu que finalement ils n’enterreront pas le mort ?

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5/ Que font finalement les deux fossoyeurs ?

 

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6/ Donne un titre à cet épisode ?

 

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7/Imagine la fin de l’histoire ?

 



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