Mémoires d’Outre-Tombe (F.R. De Chateaubriand) – 3ème – Littérature – Cycle 4 – PDF à imprimer

Lecture sur Mémoires d’Outre-Tombe (F.R. De Chateaubriand) en 3ème.

Grand écrivain romantique du XIXe siècle, Chateaubriand est aussi un homme politique et un mémorialiste reconnu. Dans cet extrait autobiographique, il revient sur son départ pour l’Amérique, alors qu’il est encore jeune et que la Révolution bouleverse la France. Ce moment de rupture avec son passé, sa famille et sa terre natale marque une étape clé dans la construction de son identité.

Je choisis Saint−Malo pour m’embarquer, afin d’embrasser ma mère. Je vous ai dit, au troisième livre de ces Mémoires, comment je passai par Combourg, et quels sentiments m’oppressèrent. Je demeurai deux mois à Saint−Malo, occupé des préparatifs de mon voyage, comme jadis de mon départ projeté pour les Indes.

Je fis marché avec un capitaine, nommé Desjardins : il devait transporter, à Baltimore, l’abbé Nagot, supérieur de séminaire[1] de Saint−Sulpice, et plusieurs séminaristes, sous la conduite de leur chef. Ces compagnons de voyage m’auraient mieux convenu quatre ans plus tôt : de chrétien zélé que j’avais été, j’étais devenu un esprit fort, c’est−à−dire un esprit faible. Ce changement, dans mes opinions religieuses, s’était opéré par la lecture des livres philosophiques. Je croyais, de bonne foi, qu’un esprit religieux était paralysé d’un côté, qu’il y avait des vérités qui ne pouvaient arriver jusqu’à lui, tout supérieur qu’il pût être d’ailleurs. Ce benoît[2] orgueil me faisait prendre le change ; je supposais dans l’esprit religieux cette absence d’une faculté, qui se trouve précisément dans l’esprit philosophique : l’intelligence courte croit tout voir, parce qu’elle reste les yeux ouverts ; l’intelligence supérieure consent à fermer les yeux, parce qu’elle aperçoit tout en dedans. Enfin, une chose m’achevait : le désespoir sans cause que je portais au fond du coeur.

[1] Séminaire : Établissement où sont formés les futurs prêtres (appelés séminaristes).

[2] Benoît : bon et doux

Questionnaire

À propos de la forme de l’écriture de soi

1. Cet extrait appartient à un sous-genre de l’autobiographie dans lequel l’auteur mêle son expérience personnelle à l’époque historique qu’il traverse. Indiquez de quel sous-genre il s’agit et justifiez par une citation montrant le lien entre la vie de l’auteur et l’Histoire.

2. Relevez une phrase qui montre que Chateaubriand porte un jugement sur le jeune homme qu’il était.

Ressentis et évolution de l’auteur

3. Comment l’auteur explique-t-il l’évolution de ses idées religieuses ? Choisissez parmi les propositions suivantes :
a) Elle résulte de sa rencontre avec de nouveaux amis.
b) Elle est due à la lecture de livres philosophiques qui ont bouleversé ses croyances.
c) Elle est liée à un choc émotionnel après la perte d’un proche qui avait marqué son enfance.
d) Elle s’explique par son désir de se démarquer des autres.

4. a) Quel événement politique survient en même temps que le départ de l’auteur ?
b) Quelles inquiétudes cet évènement provoque-t-il chez lui ?

5. La famille occupe-t-elle une place importante pour l’auteur ? Justifiez par une citation.

6. Comment voit-on que Chateaubriand est attaché à sa patrie ? Justifiez.

La formation de l’écrivain

7. Pourquoi peut-on dire que ce départ représente la naissance d’une « seconde vie » pour Chateaubriand ?

8. L’auteur écrit : « Il est probable que je n’aurais jamais eu le malheur d’écrire » (ligne 32).
a) Pourquoi cette phrase peut-elle surprendre le lecteur ?
b) Que révèle-t-elle sur la manière dont Chateaubriand considère l’écriture ?

L’usage de la langue

9. Analysez l’usage des pronoms dans le premier paragraphe. En quoi cet usage permet-il à Chateaubriand de créer une intimité avec son lecteur ?

10. « Qui périrait de la France ou de moi ? Reverrai-je jamais ma famille ? » (ligne 28).
a) Quelle est la fonction de ces phrases interrogatives ?
b) Que révèlent ces interrogations sur l’état d’esprit de l’auteur au moment du départ ?

11. « J’étais porté par elle, dans mon premier voyage, comme dans le sein de ma nourrice, dans les bras de la confidente de mes premiers pleurs et de mes premiers plaisirs. » (ligne 38)  a) Quelle figure de style est employée dans ce passage ? Expliquez-la de manière précise.  b) Quelle relation entre la mère et la mer cette figure de style établit-elle ?

Comparaison avec un document iconographique
12. a) Décrivez le portrait de Chateaubriand peint par Anne-Louis Girodet.
b) Ce portrait donne-t-il de Chateaubriand l’image d’un homme sûr de lui ou d’un homme en questionnement ? Cette image correspond-elle à ce que l’auteur dit de lui-même dans le texte ? Justifiez.

 



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