Rythme scolaire: Ayrault promet une «concertation» avant le retour de la semaine de cinq jours

POLITIQUE – Le Premier ministre calme ainsi les ardeurs de son ministre de l’Education, qui avait annoncé dès jeudi la mise en place de la semaine de cinq jours…
Le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, a promis vendredi sur France Inter une «concertation» avec enseignants et parents d’élèves sur la question des rythmes scolaires et de la semaine de cinq jours, à l’issue de laquelle un «arbitrage» sera rendu.

Le nouveau ministre de l’Education nationale, Vincent Peillon, avait annoncé jeudi sur France Inter le retour à la semaine de cinq jours de classe en primaire «pour la rentrée 2013», ajoutant que «ce n’est pas le plus simple, mais nous le ferons». «Vincent Peillon a eu raison de rappeler que c’était une priorité», a jugé Jean-Marc Ayrault. Mais pour lui, le ministre n’a fait que rappeler que c’était un «chantier, une priorité». «La méthode, c’est la concertation», a-t-il martelé.

Vincent Peillon critiqué par Ségolène Royal

«Il y aura une concertation avec les enseignants, les parents d’élèves, les professionnels, tous ceux qui ont leur mot à dire et puis à la fin de cette concertation, il y aura un arbitrage, je le prendrai, pour que l’objectif principal soit respecté», a annoncé le chef du gouvernement.

La présidente PS de Poitou-Charentes, Ségolène Royal, avait critiqué jeudi l’annonce de Vincent Peillon, estimant qu’une telle décision nécessitait de la «concertation» et devait être «arbitrée» par le Premier ministre.

Source: AFP

Rythmes scolaires : ce qu’implique le retour à la semaine de 5 jours

Vincent Peillon, nouveau ministre de l’Education, n’a pas attendu d’être officiellement investi pour faire sa première proposition, à savoir un retour à la semaine de 5 jours de classe pour les écoliers du primaire. Depuis 2008 et une réforme du gouvernement Sarkozy, les enfants ne travaillent plus que 4 jours, une solution pour homogénéiser les rythmes scolaires. Mais pour Vincent Peillon et une grande majorité de professionnels, la semaine de 4 jours n’est pas tenable pour des enfants. Petit tour d’horizon des raisons et des principaux objectifs de ce retour en arrière.

Pourquoi être passé à la semaine de 4 jours ?

Lorsque Nicolas Sarkozy et son ministre de l’Education de l’époque Xavier Darcos décident d’instituer la semaine de 4 jours en 2008, le but est d’homogénéiser les rythmes scolaires en France. Certains départements avaient déjà choisi cette option depuis plusieurs années afin de respecter l’obligation de sept semaines consécutives de cours tout au long de l’année et espacées par deux semaines de vacances.

Programme surchargé et enfants fatigués

Plusieurs rapports, ignorés par les ministres de l’Education sous l’ère Sarkozy, pointent du doigt le rythme imposé aux élèves avec la semaine de 4 jours. Concentrer les apprentissages sur si peu de jours dans la semaine est une aberration pour Vincent Peillon : cela oblige à « bourrer » les journées de classe selon lui. Un rapport de l’institut Montaigne datant de 2010 préconisait déjà un retour à la semaine de 5 jours pour lutter contre l’échec scolaire. Pour Yvan Touitou, membre de l’Académie nationale de médecine et co-auteur de « Aménagement du temps scolaire et santé de l’enfant », « c’est la meilleure chose à faire dans un premier temps. Mais il faut aller au-delà et dégraisser les horaires de la journée. Le programme est surchargé et les enfants sont dans un état de fatigue importante. »

En effet, un comité de pilotage rassemblé par Luc Châtel en juillet dernier avait mis en lumière les dangers de la semaine de 4 jours sur l’équilibre des enfants : ces derniers ne peuvent être attentifs que 4 heures et demi par jour. Or aujourd’hui, les journées de classe s’étendent sur 6 à 7 heures. « A l’échelle de l’Union européenne, la France est le pays où les écoliers reçoivent le plus grand nombre d’heures de cours annuelles, ont les journées de travail les plus chargées et les semaines les plus courtes, le tout s’articulant sur un nombre de semaines lui-même plus restreint », expliquait le comité.

Comment revenir à la semaine de 5 jours ?

Vincent Peillon a d’ores et déjà annoncé des concertations durant l’été avec les professionnels afin de trouver une solution pour la rentrée 2013. Concrètement, le 5ème jour de classe serait en réalité une demi-journée à rajouter à la semaine, soit le mercredi, soit le samedi. Pour l’instant, le ministre de l’Education ne tranche pas et laissera certainement le soin aux différentes collectivités locales de trancher, au cas par cas.

Des journées plus courtes, des vacances aussi…

Mais le retour à la semaine de 5 jours pourrait entrainer un autre chantier : celui du raccourcissement des journées de classe mais également des grandes vacances d’été. Tout cela au profit du soutien scolaire et d’une année scolaire moins surchargée au jour le jour.

Plus de temps pour le soutien scolaire

Le passage à la semaine de 4 jours en 2008 a coïncidé avec la suppression de 3000 postes en RASED (Réseaux d’Aides Spécialisées aux Elèves en Difficulté). Une décision dénoncée par les fédérations de parents d’élèves et les syndicats enseignants. Car désormais, il revient aux instituteurs d’assurer le soutien scolaire en dehors des cours, dans des journées déjà surchargées pour l’enfant. Luc Berzane, président de la Fédération des parents d’élèves de l’enseignement public (PEEP) en Seine-et-Marne explique : « Les journées sont surchargées, le soutien scolaire est vite fait. On ne donne pas d’air aux enfants, on les oppresse et on leur bourre le crâne. ». Avec un retour à la semaine de 5 jours et des plannings plus allégés, les enseignants auront plus de temps à consacrer à des enfants plus attentifs.

Des postes supplémentaires

François Hollande ayant fait de l’Education l’une de ses principales priorités, son ministre Vincent Peillon bénéficiera d’un plan d’augmentation du nombre de postes dans l’enseignement. En effet, le nouveau gouvernement prévoit la création de 60 000 emplois sur 5 ans dans le domaine de l’éducation avec « un plan d’urgence » de 1 000 professeurs des écoles et de 4 000 postes d’encadrement supplémentaires dès la rentrée prochaine.

Source/ LADEPECHE.FR