Luc Chatel comprend la grève, pas le calendrier

Dans une inter­view à France 3, le ministre de l’Éducation juge que la grève du 27 sep­tembre relève d’une « reven­di­ca­tion légitime ».

L’appel à la grève du 27 sep­tembre contre les 14.000 sup­pres­sions de postes pro­gram­mées dans le bud­get 2012 répond à une « reven­di­ca­tion légi­time ». Ces pro­pos n’ont pas été tenus par un res­pon­sable syn­di­cal, mais par le ministre de l’Éducation, dans un entre­tien à France 3, hier, dimanche. Pour Luc Chatel, cette reven­di­ca­tion « fait par­tie de la démo­cra­tie sociale ».

Il voit d’ailleurs dans la proxi­mité des élec­tions pro­fes­sion­nelles une expli­ca­tion pos­sible à l’appel lancé par un large front de syn­di­cats du public mais aussi, et c’est une nou­veauté, du privé : « Ce que je constate, c’est que, à la même période l’année der­nière, il y avait déjà eu deux mou­ve­ments de grève ».

Sur le fond, Luc Chatel a une nou­velle fois défendu sa poli­tique : « C’était sans doute plus facile d’être ministre de l’Éducation natio­nale quand on créait 20.000 postes par an, mais est-ce que c’était la bonne réponse ? Est-ce que ça a per­mis de réduire les inéga­li­tés ? La réponse est non. […] Donc il faut bien tra­vailler dif­fé­rem­ment, il faut bien cibler, per­son­na­li­ser, faire du sur-mesure. »

S’il semble mal­gré tout, et jusqu’à un cer­tain point, com­prendre les gré­vistes, Luc Chatel s’est en revanche déclaré « cho­qué » que des ensei­gnants aient posé nus dans un calen­drier, pour pro­tes­ter contre le « dépouille­ment » de l’école. Le ministre de l’Éducation dit avoir « une trop haute estime du pro­fes­seur, de l’image du pro­fes­seur, de ce qu’il repré­sente dans notre pays et dans la République, pour accep­ter un tel dénigrement ».

Un col­lec­tif d’une quin­zaine d’enseignants a décidé de poser nu, pudi­que­ment der­rière un bureau ou dans une salle de gym­nas­tique, pour « dénon­cer l’abandon par l’État de sa mis­sion de ser­vice public d’éducation ». Disponible sur Internet, le « mani­feste contre le dépouille­ment de l’école(1) », a déjà recueilli plus de 5.000 signatures.

Note(s) :
(1) http://www.ecole-depouillee.net/
Source(s) :
AFP, France 3, lePoint.fr, le Figaro, le Progrès, le Télégramme, le Parisien, Midi Libre