Lettres et témoignages de poilus – Cm2 – XXème siècle – 1ère guerre mondiale 1914 – 1918 – Cycle 3

Lettres et témoignages de poilus – Cm2 – XXème siècle – 1ère guerre mondiale 1914 – 1918 – Cycle 3

Texte 1 : 10 août 1914. « Hier, durant tout le trajet, les populations pressées au passages à niveau et aux gares n’ont cessé de nous acclamer, les femmes envoyant des baisers, les hommes reprenant avec nous la Marseillaise et le Chant du départ. Pourquoi faut-il qu’une angoisse sourde m’étreigne le cœur? Si c’était en manœuvre, ce serait très amusant; mais voilà, après-demain, dans 3 jours peut-être, les balles vont pleuvoir et qui sait? Si j’allais ne pas revenir, si j’allais tuer ma mère, assassiner ma mère, volontairement? Oh, que m’est-il réservé? Pardon Maman! J’aurais dû rester, travailler mon violoncelle pour vous, pour vous qui avez fait tant de sacrifices, pour petite mère, déjà malade! ».

Maurice MARECHAL, matricule 4684, classe 1912, 2° classe, 22 ans, violoncelliste

Texte 2: 17 mars 1915. « Tout, tout est fait pour décourager. La terre est semée de trous de percutants, les arbustes sont déchiquetés de balles de shrapnels; des morceaux de marmite traînent çà et là ; un vieux bonnet de police boche, une capote boche en lambeaux, du fumier, des bouts de pain, un gros os de bœuf encore plein de viande et rouge, ça traîne pêle-mêle dans les trous. Là, 3 ou 4 poilus lisent un journal, où il n’est que de bombardements, de charges à la baïonnette, de cadavres boches, de tranchées sautant par l’effet du miraculeux 75, que sais-je? Toujours la boucherie, enfin! Toujours la mort, le charcutage, la viande humaine. D’autres regardent un journal illustré: un boche mort de froid dans une tranchée; une tête d’officier cité à l’ordre du jour, des cadavres boches qu’on jette en tas dans une fosse; le tout accompagné d’une prose de journaliste qui insiste sur ces choses avec admiration: en vérité, il faut que la race française soit bien basse pour se complaire à ces atrocités; le tempérament sanguinaire est plus répandu qu’on ne souhaiterait… Ailleurs, ce sont des poilus qui conversent, et leurs conversations, leurs plaisanteries, toujours les mêmes, sont écœurantes; on se croirait au milieu de malades d’un coin de clinique très spécial de Sainte-Anne. La goujaterie et l’ordure! Il est frais, le peuple souverain! Pourriture physique, pourriture morale – je crois qu’il ne faudrait pas bien longtemps de cette vie des bois et des tranchées pour remonter au chimpanzé! « .                            Etienne TANTY.

Texte 3 : 16 août 1916. « Nous avons passé trois jours couchés dans les trous d’obus à voir la mort de près, à l’attendre à chaque instant. Et cela, sans la moindre goutte d’eau à boire et dans une horrible puanteur de cadavres. Un obus recouvre les cadavres de terre, un autre les exhume à nouveau. Quand on veut se creuser un abri, on tombe tout de suite sur des morts. Je faisais partie d’un groupe de camarades, et pourtant chacun ne priait que pour soi ».                                                                                                    Karl FRITZ, armée allemande

 

Texte 4 : Dimanche 14 février 1915

Cher ami

Quand nous sommes arrivés par ici au mois de novembre, cette plaine était alors magnifique avec ses champs à perte de vue, pleins de betteraves, parsemés de riches fermes et jalonnés de meules de blé. Maintenant c’est le pays de la mort, tous ces champs sont bouleversés, piétinés, les fermes sont brûlées ou en ruine et une autre végétation est née : ce sont les petits monticules surmontés d’une croix ou simplement d’une bouteille renversée dans laquelle on a placé les papiers de celui qui dort là. Que de fois la mort me frôle de son aile quand je galope le long des fossés ou des chemins creux pour éviter leurs « shrapnels » ou le tac-tac de leurs mitrailleuses. La nuit, j’ai couché longtemps dans un tombeau neuf, puis on a changé de cantonnement et je suis maintenant dans un trou que j’ai creusé après un talus. J’emporte ma couverture pendue à ma selle et ma marmite de l’autre côté et en route.  J’étais l’autre jour dans les tranchées (des Joveux).  Je n’ai jamais rien vu de si horrible.  Ils avaient étayé leurs tranchées avec des morts recouverts de terre, mais, avec la pluie, la terre s’éboule et tu vois sortir une main ou un pied, noirs et gonflés.  Il y avait même deux bottes qui sortaient dans la tranchée, la pointe en l’air juste à hauteur, comme des porte-manteaux. Et les « Joyeux » suspendaient leurs musettes, et on rigole de se servir d’un cadavre boche comme porte-manteau. (Authentique.) Je ne te raconte que des choses que je vois, autrement je ne le croirais pas moi-même. Je compte que tu m’enverras des nouvelles de là-bas et je te quitte en t’envoyant une formidable poignée de main.                   TAUPIAC – Brigadier 58e  régiment 48e  batterie 68e secteur

Texte 5

1) Comment étiez-vous habillés ?

Ah ! Nous étions bien habillés, les Français ! On avait des pantalons rouges… un képi rouge, et puis une veste bleue; avec ça on était beau ! Les Allemands, eux, ils étaient habillés comme il faut : couleur bleu foncé… Les Allemands ils disaient « Tiens voilà les Franzouses » parce que c’étaient des silhouettes ces rouges, alors ça fait qu’ils nous voyaient de loin… Ah nom de Dieu ! On est resté plus d’un an avec cette tenue-là. Parce que pour faire des costumes pour l’armée entière, vous comprenez, ce n’est pas en cinq minutes, oui.

2) Comment ça a débuté, les tranchées, quand il n’y avait rien du tout dans un champ par exemple ?

Ca a débuté pour se cacher, d’abord. Les Allemands s’arrêtaient. Ils tenaient bon. On n’attaquait pas toujours. Alors fallait commencer un petit trou pour se cacher le nez. Petit à petit dans la nuit on améliorait son trou : on se garait quoi ! Et puis les régiments qui venaient après, ils continuaient le travail qu’on avait commencé.

 

Quand il pleuvait ?

– Ah ! Qu’il pleuve ou qu’il ne pleuve pas, on était là. Fallait bien y rester. On était trempé le matin des fois ! Encore l’été ça allait bien; mais l’hiver des fois on se réveillait, on avait la capote raide de gel quand il avait tombé la rosée et gelé là-dessus. Alors petit à petit c’est venu qu’on a  fait des abris formidables, des abris profonds.

3) Et les attaques comment se passaient-elles ?

Nom :             _____________________                       Prénom : __________________             Date : …../…../…………….

Les poilus de la première Guerre Mondiale

1/ Qui appellent-on les poilus ?

 

2/ A quels types appartiennent les textes ci-dessus – Relie

3/ Quel moment de la guerre relate le texte 1 : réponds en lui donnant un titre.

4/ Quel moment de la guerre relate le texte 2 : réponds en lui donnant un titre.

5/ A quoi servaient les tranchées ?

6/ Explique cette phrase tirée du texte 1 « je crois qu’il ne faudrait pas bien longtemps de cette vie des bois et des tranchées pour remonter au chimpanzé! »

7/ Comment qualifierais-tu cette guerre ?

 8/ Que penses-tu de ces différents témoignages ?

 



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