L’éducation prioritaire

L’éducation prioritaire

La politique de l’éducation prioritaire vise à corriger les effets les inégalités sociales et économiques sur la réussite scolaire dans les écoles et les établissements les plus défavorisés. À la rentrée scolaire 2011, l’éducation prioritaire comprend les écoles, collèges et lycées pour l’ambition, l’innovation et la réussite (Éclair) et les réseaux de réussite scolaire (RRS). Cette politique encourage les initiatives des équipes à innover. La constitution de réseaux réunissant collèges et écoles favorise la continuité des apprentissages tout au long de la scolarité obligatoire. Ces réseaux s’appuient sur les partenaires locaux et veillent à la cohérence des actions engagées dans le temps scolaire et hors temps scolaire.

Des innovations et des expérimentations au service de la réussite scolaireLa politique de l’éducation prioritaire est une réponse aux difficultés sociales et scolaires concentrées dans certains établissements. Elle s’appuie sur une discrimination positive au service de l’égalité des chances. Elle tend à mobiliser l’emploi des moyens publics et à renforcer l’autonomie des acteurs locaux pour mieux répondre aux besoins des publics scolaires les plus défavorisés.

À partir de la rentrée 2011, le programme Eclair cumule la mise en œuvre simultanée d’innovations dans les champs des ressources humaines, de la pédagogie et de l’action éducative dans les écoles, collèges et lycées où se concentrent les difficultés sociales et scolaires. Comme pour les RRS, qui accueillent des publics plus hétérogènes, il crée des réseaux réunissant un collège et les écoles d’où proviennent ses élèves afin de favoriser la continuité des apprentissages tout au long de la scolarité obligatoire.

La dotation de moyens supplémentaires et l’accompagnement renforcé des équipes pédagogiques permettent de varier les modalités d’apprentissage et facilitent le recours aux innovations et aux expérimentations pour mieux répondre aux besoins des élèves. Une attention particulière est portée au suivi individualisé des élèves, grâce notamment à la nomination de préfets des études dans les collèges et lycées Eclair.

L’inscription de l’éducation prioritaire dans le cadre de la politique interministérielle de la ville est un atout pour accroître l’efficacité de cette politique et lutter contre les inégalités. Les priorités éducatives de la politique de la ville sont, pour l’année scolaire 2011-2012 :

le développement des internats d’excellence
la lutte contre l’absentéisme et le décrochage scolaire
les stages d’observation en troisième
les cordées de la réussite, un partenariat entre des établissements de l’enseignement supérieur et des lycées situés dans des quartiers prioritaires
l’accès aux classes préparatoires aux grandes écoles
Une dynamique de réseau pour renforcer le suivi tout au long de la scolarité obligatoireLes écoles et collèges du programme Eclair et des RRS se structurent en réseau, autour d’un projet fédérateur. Cette organisation favorise la continuité des parcours d’apprentissage de la maternelle au collège, avec une attention particulière portée au passage de la maternelle à l’élémentaire, puis de l’élémentaire au collège. L’orientation après la classe de 3e a pour objectif d’engager les élèves dans des parcours scolaires ambitieux.

Une place particulière est faite aux relations avec les familles :

présentation des enjeux et des programmes de l’année, du règlement intérieur de l’établissement
organisation de rencontres ou d’activités associatives
permanences d’associations de parents
cours d’alphabétisation dans le cadre de l’opération « ouvrir l’école aux parents pour réussir l’intégration »
La « mallette des parents » constitue un appui méthodologique pour développer le dialogue avec les familles.

Des partenariats en faveur de la prévention et de l’ambitionL’action éducative auprès des élèves de l’éducation prioritaire mobilise des services de l’État, les collectivités territoriales et des associations, aux côtés de l’éducation nationale. Les écoles et les établissements ont des correspondants police ou gendarmerie et justice. Les collectivités territoriales, outre la construction et l’entretien des locaux, soutiennent de nombreuses actions éducatives et contribuent à la réalisation des préconisations des diagnostics de sécurité. L’ensemble des partenaires sont mobilisés pour améliorer le climat scolaire et faire reculer le décrochage scolaire, l’absentéisme et les conduites à risque.

L’éducation prioritaire s’appuie sur des partenariats pour :

mener des projets dans certains domaines d’excellence : culture, arts, sports, langues, sciences
développer une identité forte et un sentiment d’appartenance
Les partenaires sont, selon les ressources locales :

une institution culturelle ou sportive
une grande école ou une université
un organisme de recherche
une entreprise
éventuellement une personnalité reconnue
Ces liens permettent de faire naître et valoriser l’ambition scolaire et professionnelle des familles et des jeunes et contribuent à la réussite de tous les élèves.

BibliographieLes politiques d’éducation prioritaire en Europe. Conceptions, mises en œuvre, débats.
Marc Demeuse, Daniel Frandji, David Greger, Jean-Yves Rochex, (Dir.)
Institut national de recherche pédagogique, Coll. Education, Politiques, Sociétés, 2008, I.S.B.N. : 978-2-7342-1121-1

La contribution de l’éducation prioritaire à l’égalité des chances des élèves
Rapport des inspections générales octobre 2006

ZEP en débat
Anne-Marie Chartier, Claude Pair, François-Régis Guillaume, Élisabeth Bautier, Gérard Chauveau, Jean-Michel Zakhartchouk, Yves Goepfert, Éric Keslassy, Alain Bourgarel. Diversité Ville-Ecole-Intégration N° 144 – mars 2006 SCÉRÉN /CNDP

La discrimination positive en France et dans le monde
Actes du colloque international des 5 et 6 mars 2002
Centre national de documentation pédagogique, juillet 2003. I.S.B.N. : 2240012560

Les déterminants de la réussite scolaire en zone d’éducation prioritaire
Catherine Moisan et Jacky Simon, Institut national de recherche pédagogique, Coll. Centre national de ressources sur les ZEP, 1997. I.S.B.N. : 2734205815