Questions puis tâche d’écriture – Cm1 – Cm2 – Lecture – Récit – Cycle 3

Les cheveux du géant.

Il était une fois quatre frères. Trois d’entre eux étaient tout petits mais très malins, le quatrième un géant d’une force démesurée mais beaucoup moins malin que les autres.

Sa force, elle se trouvait naturellement dans ses mains et dans ses bras. Quant à son intelligence, elle résidait dans ses cheveux. Vous devinez maintenant pourquoi il était un peu simplet : ses petits malins de frères lui coupaient les cheveux très court. Toujours tondu de frais, le brave géant travaillait d’arrache- pied, contemplé par ses frères qui n’avaient plus qu’à empocher l’argent gagné grâce à son travail.

C’est lui qui devait labourer des champs, fendre le bois, faire tourner la rue du moulin ; c’est lui qui devait tirer la charrette à la place du cheval, tandis que ces petits malins de frères, assis sur le siège, le guidaient avec de grands claquements de fouet.

Du haut de leur siège, ils surveillaient son crâne et disaient :

–      Cette coiffure en brosse te va vraiment bien ! …

–      Ah ! Il faut reconnaître que les bouclettes, ce n’est pas beau chez les hommes !

–      Regarde cette coquine de mèche qui est en train de s’allonger : ce soir elle aura besoin d’un bon coup de ciseaux ! …

En même temps, ils échangeaient des clins d’œil et se donnaient de joyeuses bourrades dans les côtes.

Arrivés au marché, ils empochaient l’argent, s’en allaient à l’auberge et laissaient le géant dehors pour garder la charrette.

Ils lui donnaient juste assez à manger pour lui permettre de travailler : quant à la boisson, ils lui en fournissaient chaque fois qu’il avait soif, mais seulement du vin de la fontaine.

Un jour, le géant tomba malade. Ses petits frères, de crainte de le voir mourir alors qu’il était encore bon à travailler, firent venir les meilleurs médecins du pays pour le soigner. Ils lui faisaient avaler les médicaments les plus coûteux et lui apportaient son déjeuner au lit. Ils se disputaient pour lui remonter les oreillers sous la tête, pour border ses couvertures, et ne cessaient de lui répéter :

–      Tu vois comme nous t’aimons bien ! Alors, s’il te plait, fais un effort, ne meurs pas, ne nous joue pas ce vilain tour !

Ils étaient si préoccupés par sa santé qu’ils en oublièrent de surveiller sa chevelure. Ses cheveux eurent le temps de pousser beaucoup plus longs qu’ils n’avaient jamais été, et avec ses cheveux le géant retrouva son intelligence. Il commença à observer ses petits frères, à réfléchir, à additionner deux plus deux et quatre et quatre. Finalement, il comprit combien ils avaient été hypocrites et lui ingénu ; mais, sur le moment, il ne dit rien.

Il attendit d’avoir retrouvé ses forces et, un matin, tandis que ses frères dormaient encore, il se leva sans bruit, les ligota comme des saucissons et les chargea sur la charrette.

–      Où nous emmènes-tu, cher frère, où emmènes-tu tes petits frères bien aimés.

–      Vous allez bientôt le savoir.

Il les emmena à la gare, les déposa, ficelés comme ils l’étaient, dans un wagon, et leur déclara en guise d’adieu :

–      Vous vous êtes assez moqués. Maintenant, je suis mon maître. Bon voyage, et qu’on ne vous revoie plus jamais dans les parages !

Le train siffla, les roues se mirent en mouvement mais les trois petits malins petits frères restèrent bien sagement à leur place, et personne ne les a jamais revus.



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